Lutte contre la faim et l’insécurité alimentaire: Ascinb plaide pour des budgets conséquents à la nutrition

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Dans le cadre du projet « Sein-Bénin », se tient, les 5 et 6 décembre à Cotonou, un atelier de plaidoyer pour la mobilisation des ressources au profit de la nutrition. Les résolutions permettront de positionner la lutte contre la faim et l’insécurité alimentaire comme problématique majeure au cœur des projets et programmes.

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L’Alliance de la Société civile pour l’intensification de la nutrition au Bénin (Ascinb)lance un plaidoyer pour l’augmentation conséquente des ressources en faveur de la sécurité alimentaire. C’est à travers une rencontre des acteurs acquis à la cause démarrée, ce jeudi à Cotonou, avec le soutien de la Plateforme des acteurs de la Société civile du Bénin (Pascib).
L’atelier est placé sous le thème « Des budgets plus sensibles à l’alimentation et à la nutrition ». Il réunit,pendant deux jours, des responsables d’Organisations de la société civile (Osc), des représentants de partenaires techniques et financiers, du secrétariat permanent du Conseil national de l’alimentation et la nutrition (Sp-Can) ainsi que des élus locaux.
Les échanges leur permettent de s’imprégner des enjeux liés à la nutrition afin de proposer des stratégies visant à convaincre les dirigeants et les bailleurs d’investir davantage dans la nutrition,indique Calixta d’Almeida, secrétaire générale de l’Ascinb. Le but visé est de sauver les centaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes touchés par le fléau et ainsi de garantir le développement durable, poursuit-elle.
Le tableau de la situation alimentaire et nutritionnelle reste sombre au Bénin, malgré les multiples interventions. Selon l’Analyse globale de la vulnérabilité et de la sécurité alimentaire (Agvsa, mai 2018), 43 % de la population béninoise sont soumis à des risques d’insécurité alimentaire et 10 % vivent en permanence dans l’insécurité alimentaire. La cinquième enquête démographique et de santé (Eds V) 2017-2018 a révélé que 32 % des enfants de 0 à 5 ans souffrent de malnutrition chronique dont 11 % sous la forme sévère.
Des chiffres qui ne laissent pas indifférent le gouvernement, assure Abdoulaye Toko, directeur adjoint de cabinet du ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep). Il souligne que la lutte contre la pauvreté avec un focus sur la lutte contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition constituent des axes d’intervention des politiques nationales. M. Toko cite le Programme d’action du gouvernement (Pag 2016-2021), le Programme national de développement (Pnd 2018-2025), le Programme de croissance pour le développement durable (Pc2d 2018-2021), Examen Faim Zéro, etc.

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Synergie

Seulement, fait remarquer la chargée de programme du Pascib et coordonnatrice du projet « S’engager et Investir plus dans la Nutrition au Bénin » (Sein-Bénin), les ressources affectées à la nutrition sont pratiquement négligeables. Dr Peggy Tohinlo précise qu’à peine 2,5 % du budget national y est consacré entre 2016 et 2019, soit 0,6 % du Produit intérieur brut (Pib). Pis, ces maigres ressources ne sont pas entièrement dépensées : 32 % sont effectivement consacrés à la cause.
C’est ce qui a amené le Maep à élaborer cette année la Stratégie nationale d’une agriculture sensible pour impacter positivement la population vulnérable, en plus du Plan national d’investissements agricoles et de sécurité alimentaire et nutritionnelle (Pniasan 2017-2021) en appui au Plan stratégique de développement du secteur agricole (Psdsa 2025) en cours, rétorquera Abdoulaye Toko. Il salue l’engagement de l’Ascinb et du Pascib à mobiliser tous les acteurs afin de conjuguer les efforts dans une synergie d’actions pour relever les défis. La disponibilité du ministère en charge de l’Agriculture ne sera pas marchandée en termes de prise en compte des résolutions issues de l’atelier, s’engage-t-il au nom du ministre,en procédant à l’ouverture des assises.