Le trio Teriba à l’Institut français de Cotonou:Avant-goût d’un spectacle promis à une tournée internationale

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Respect du public local ou envie d’essuyer les critiques à l’interne avant d’embarquer pour d’autres cieux. L’un ou l’autre de ces deux objectifs constitue la raison essentielle du spectacle produit dans la nuit du samedi 23 janvier dernier par le trio Teriba au théâtre de verdure de l’Institut français de Cotonou. Le club des trois go, après une série de voyages effectués dans le monde, offrait aussi l’opportunité aux fans du pays d’apprécier les touches novatrices apportées à leur art.

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Tout comme les go de Kotéba, on peut dire de Tatiana, Zékiath et Carine qu’elles sont les «go de Cotonou». Sous cette bannière, comme celles de Kotéba, elles ne manquent pas d’émerveiller sur scène.

Il fallait être au théâtre de verdure de l’Institut français de Cotonou, samedi dernier, pour apprécier à nouveau le talent artistique de ces trois dames. Mais pas n’importe lequel. Le trio Teriba est connu pour être doué dans le vocal, l’a capella, les percu… Et on peut voir derrière cette option, la main cachée d’un certain Serge Ologoudou, manager du groupe, grand amateur du vocal et par ailleurs, organisateur à Cotonou du festival Festinvocal et animateur de l’émission “Bénin cadence”; celle-là même qui a révélé, il y a quelques années, le groupe.
Le spectacle offert samedi dernier, à première vue, est un remake. On y retrouve les trois filles dans leur style habituel, chants, voix, danses, instruments… avec le même engagement, la même foi et la même ferveur. Mais cette perception des choses n’est que parcellaire. Les filles ont travaillé et on pouvait lire entre les lignes une meilleure organisation, plus de vivacité et d’engagement sur scène. Le cri de guerre « Kiniwé Héya » a permis au public de raccorder sa joie à la bonne ambiance distillée depuis la scène par le groupe. L’autre innovation à mettre à l’actif du spectacle, c’est que Tatiana, Zékiath et Carine ne sont pas venues déverser le fruit de leurs répétitions, encore moins dérouler les morceaux retenus pour le spectacle. Elles y sont allées corps et âmes, donnant ainsi la possibilité au public de rester connecté au spectacle tout au long des 96 minutes qu’il a duré. Parlant de show, celui du samedi dernier en était un. Et entre chants, danses, rythmes et incantations, le public en plus de s’égayer a eu le privilège de découvrir le nouveau répertoire des go de Teriba avec “Nogolo”, “Nguèlè”… mais cela n’a pas empêché les trois prestatrices de revisiter l’existant à travers des titres comme “Viens chez moi”, “Kinimonché”, ‘’Gannanho’’, et les autres morceaux qui les ont révélées et leur ont permis de se lancer, ont été également servis. Quatre temps forts sont néanmoins à noter au cours du spectacle. Le premier, c’est celui du conte chanté et dansé. On pourrait dire que c’était même le clou du spectacle. Il y a eu ensuite le plateau Teriba, Gabi (guitare) et Raphaël à la percussion. L’instant trois a été vécu avec Zeynab Abib, artiste surprise et enfin, la parade offerte par les filles et le groupe de percussionnistes “Wood sound”. Teriba qui signifie humilité en langue yoruba peut donc poursuivre sa marche après ce spectacle-essai et le proposer partout ailleurs. Mais avant, il faudra ressouder les enchainements et réduire les temps morts entre deux plateaux, pour éviter aux spectateurs de sortir de l’ambiance et d’y revenir après.

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