La directrice générale du Fmi face à la Ccib: La diversification économique pour assurer le développement

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Le Bénin a des raisons de croire en une mutation de son économie en une économie de développement. Il suffira de faire des choix et des options, et surtout d’y travailler, préconise la directrice générale du Fonds monétaire international (Fmi), Christine Lagarde. Elle était, ce mardi 12 décembre, face aux acteurs du secteur privé et de la société civile pour un message d’espoir et d’exhortation en faveur d’une diversification de l’économie béninoise.

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Avec les indices qu’affiche actuellement le Bénin, on peut espérer un miracle à condition de faire certaines options, notamment au plan économique. Parmi celles-ci, figure la diversification de l’économie. C’est l’avis de la directrice générale du Fonds monétaire international (Fmi), Christine Lagarde. Face aux opérateurs économiques et aux acteurs de la société civile à la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin (Ccib), ce mardi 12 décembre, elle a expliqué les avantages d’une telle option. Laquelle, à l’en croire, s’impose au Bénin. La proximité du pays avec une géante économie comme celle du Nigeria et les effets sur la santé financière et économique du pays peuvent être inversés si on fait l’option de la divertification économique. Cela permettra, de l’avis de la patronne du Fmi, de se montrer plus résilient aux chocs externes.
Plusieurs déterminants comme la stabilité macroéconomique, l’accès aux crédits, l’assainissement du climat des affaires, l’amélioration des infrastructures sont aussi indispensables à cet effet, a fait savoir Christine Lagarde. Mais la diversification est aussi « le fruit d’une multitude de décisions prises par divers acteurs dont les entreprises, les pouvoirs publics avec l’aide parfois d’institutions internationales et régionales ». Elle permet aussi, indique-t-elle, une nette progression et réduit le retard sur la croissance. Elle citera aussi certains pays qui s’y sont essayés comme le Rwanda, le Botswana et les Iles Maurice, pour inciter le Bénin à s’engager dans cette voie en vue de booster son économie. « La diversification économique dans les pays à faibles revenus se traduit par de grands résultats. Certains pays l’ont fait et les résultats sont parlants », indique-t-elle. Cet environnement économique qu’appelle Christine Lagarde de tous ses vœux, Jean-Baptiste Satchivi, président de la Ccib, y adhère. Il souhaite pour sa part un environnement économique prospère qui favorise la création de richesses et d’emplois, meilleure solution pour promouvoir le développement durable, assure-t-il. L’autre défi qu’il compte relever avec ses pairs, c’est celui d’un secteur privé compétitif, pourvoyeur d’emplois et de croissance durable.
La directrice générale du Fmi a également eu un moment d’échanges avec les acteurs du secteur privé et de la société civile. Pour l’essentiel, les préoccupations ont porté sur le devenir de l’économie béninoise et les voies et moyens pour parvenir à un développement durable et une forte croissance.

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Les mises au point de Christine Lagarde

La directrice générale du Fonds monétaire international (Fmi) n’a pu s’empêcher, au cours de la rencontre qu’elle a eue avec le secteur privé et la société civile, mardi 12 décembre au siège de l’institution consulaire, de faire des mises au point. Lesquelles ont été provoquées par l’intervention du président de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin.
« Le secteur privé béninois dans son ensemble traverse une période de crise de financement de ses activités marquée par l’accumulation des impayés au niveau des banques qui, elles-mêmes, sont devenues de plus en plus réticentes à financer l’économie », a révélé le président de la Ccib à la directrice générale du Fonds monétaire international (Fmi) lors de sa visite au siège de l’institution consulaire. Il en a profité pour exprimer le besoin de la mise en place d’un fonds de relance économique sous la forme de garantie pour assurer les banques quant à l’octroi de crédit adapté aux besoins des chefs d’entreprise. Ceci permettra, indique-t-il, de booster le potentiel de production et de compétitivité des entreprises pour, in fine, relancer les activités économiques. « Le secteur privé sollicite un regard particulier du Fmi en faveur du Bénin à cet égard. Notre pays a besoin d’un soutien spécial du fait de sa proximité avec le Nigeria… », a aussi fait savoir Jean-Baptiste Satchivi. Mais son vœu restera lettre morte.
« Je voudrais décevoir vos attentes mais au moins, j’aurais eu le mérite de ne pas créer d’anticipation. Je vais vous indiquer ce que fait le Fmi », a introduit Christine Lagarde en réplique à l’intervention du porte-parole des acteurs du secteur privé. Ainsi, précise-t-elle que « Le Fmi n’intervient pas en matière de microéconomie », mais « a vocation à se consacrer à la macroéconomie, les grands agrégats concernant les politiques budgétaire, monétaire et les réformes qui sont de nature à faciliter aux opérateurs économiques leurs interventions dans le tissu économique… ». Au sujet du fonds sollicité par Jean-Baptiste Satchivi, elle a répondu que « Le Fmi ne fait pas ça et ne sait pas le faire ». Mais la directrice générale du Fmi ne nie pas les problèmes du secteur privé béninois. Elle dit même mieux les comprendre pour avoir, dans une vie antérieure, consacré 25 années à ce secteur. « Je connais pour les avoir vécues les problématiques du secteur privé, les difficultés de la microéconomie, les angoisses du chef d’entreprise », assure la patronne du Fmi aux opérateurs économiques.
Quid alors des solutions à y trouver ? Celles-ci résident, selon elle, dans la consolidation des progrès accomplis et en relevant un certain nombre de défis notamment. On peut aussi y parvenir, suggère Christine Lagarde, en encourageant la création d’emplois dans de nouveaux secteurs économiques, en aidant les populations à mieux saisir les opportunités qui se présentent à elles? J.F.M.