Journée mondiale de la liberté de la presse : Un colloque pour décrypter le rôle des médias

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Les professionnels des médias ont organisé, ce jeudi 3 mai, à la faveur de la Journée mondiale de la liberté de la presse, un colloque sur la gouvernance publique sous le régime actuel. Réunis à la Maison des médias Thomas Mègnassan, par l’association Élan médias, en partenariat avec les faîtières des associations professionnelles, notamment l’Upmb et le Cnpa-Bénin, les journalistes et autres assimilés ont porté un regard critique sur la contribution de la presse à la consolidation de la démocratie au Bénin.

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« Regard des médias sur la gouvernance publique de ces 24 derniers mois ». C’est le thème qui a mobilisé journalistes et autres professionnels des médias, ce jeudi 3 mai à la Maison des médias Thomas Mègnassan à Cotonou. Au total, trois communications ont permis de lancer les discussions. Il s’agit de la thématique inaugurale « Pratique du journalisme d’investigation au Bénin : enjeux et défis », suivi de deux préoccupations relatives à la gouvernance publique et à la participation, au rôle des médias en question et regards sur la gouvernance locale à l’ère du régime de la Rupture.
Franck Kpochémè, président de l’Upmb, a rappelé que cette journée permet non seulement aux professionnels des médias, mais aussi aux gouvernants de célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, d’évaluer cette liberté à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias et de rendre aussi hommage aux professionnels des médias morts, notamment ceux qui sont tombés dans le cadre de l’exercice de leur métier.
Pour lui, avant de dénoncer les tentatives d’atteintes à la liberté de la presse au Bénin, les journalistes doivent exercer la profession suivant les normes. Ne pas tomber dans les travers, ne pas suivre les activistes, les animateurs des réseaux sociaux qui se livrent à du journalisme facile. Il exhorte donc à rester, en toute circonstance, professionnel dans l’exercice du métier.
Fernand Nouwligbèto, qui a inauguré les communications, a soutenu que l’intérêt d’une investigation est triple. « C’est là qu’on parle des enjeux », explique-t-il. Le journaliste joue mieux son rôle d’investigateur; il informe bien et mieux, souligne-t-il. Aussi note-t-il que « Le journaliste joue bien son rôle de contributeur d’un État de droit ». Il précise que c’est par l’investigation que le journaliste joue son rôle d’éclaireur.
Fernand Nouwligbèto avertit qu’il y a des obstacles. Entre autres, le fonctionnement des rédactions qui n’offre pas l’opportunité pour défaut de moyens par exemple. Il met l’accent sur les obstacles relatifs à la source de l’information. On peut y arriver, selon le communicateur, puisqu’il faut miser sur la volonté personnelle. « Nous pouvons faire de l’investigation, nous allons faire de l’investigation », insiste-t-il.

La gouvernance publique

C’est à Gérard Guèdègbé d’aborder le second thème sur la gouvernance publique et la participation, le rôle des médias en question. Pour lui, le devoir du journaliste, c’est beaucoup plus d’être médiateur du peuple silencieux ou qui n’arrive pas à s’exprimer. « Nous devons porter la préoccupation de chaque Béninois individuellement », indique-t-il. C’est important, mais il se demande si l’environnement le permet. Il fait remarquer que la presse est une presse de combat. Le public aime recevoir selon Gérard Guèdègbè, « une information qui lui serve. Le contenu permet-il aux populations de se retrouver? Sinon, elles commencent par douter de l’information du journaliste ».
Une préoccupation que le communicateur a soulevée, et qui a suscité le débat, est la question de qui est proche le média ? Autrement la question est de savoir s’il est normal d’avoir des médias proches du pouvoir ou de l’opposition ? Sans hypocrisie, il soutient qu’il faut tenir compte de l’écosystème et reconnaître que cela est bien possible. Il insiste que cela reflète le principe de la démocratie. « Une majorité qui gouverne et une minorité qui critique. Lorsque vous le faites est-ce par amitié ? Si oui cela va biaiser les débats », avance-t-il. Et, il avance que le défi qui se pose est celui de la crédibilité. Que l’on soit de la mouvance ou de l’opposition, il faut fournir l’information crédible.
Pour lui, rien ne gêne que cinquante journaux “titrent” sur le gouvernement. Mais, il exige qu’il faille veiller à ce que le citoyen puisse se retrouver à travers les écrits. Gérard Guèdègbé précise que « L’indépendance des médias pose problème avec la manipulation des masses. «Les fausses nouvelles inondent les médias sociaux », fait-il comprendre. Il se demande le type de développement à promouvoir avec les fausses informations.

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