Interdiction des tickets sur les gares routières de Cotonou: Des syndicats de conducteurs piétinent l’arrêté municipal

Par Alexis Meton,

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Des conducteurs dénoncent la violation des dispositions de l’arrêté municipal portant interdiction de placement et de recouvrement de tickets par les syndicats des conducteurs et assimilés sur les gares routières à Cotonou. Déplorant leur triste sort, ils saluent cette décision et au regard des pratiques de faux-frais, ils implorent l’intervention des autorités.

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L’arrêté municipal 2020 n° 010/Mcot/Sg/Dsef/Dst/Dpm/Dajuf/Rprnf/Sgasp portant interdiction de placement et de recouvrement de tickets par les syndicats des conducteurs et assimilés sur les gares routières de la commune de Cotonou n’est pas respecté sur les gares routières.
Les conducteurs s’offusquent de la réticence de leurs responsables syndicaux qui persistent dans les pratiques de prélèvement de faux frais tant décriées. L’article premier dudit arrêté stipule que : «Sont interdites sur toutes les gares routières de la commune de Cotonou, toutes activités relatives à la délivrance des tickets syndicaux ou des tickets dits de chargement et/ou de déchargement aux usagers, ou toutes autres opérations visant à contrôler ou à percevoir des frais auprès des conducteurs par les syndicats des conducteurs et assimilés». Le deuxième article précise qu’il est également interdit à tous les syndicats, représentants syndicaux, conducteurs et assimilés de s’immiscer dans les activités de placement et de recouvrement des valeurs inactives. En son article 3, l’arrêté souligne que seuls les agents assermentés de la Régie principale des recettes non fiscales (Rprnf) de la mairie de Cotonou sont autorisés à placer et à recouvrer les valeurs inactives de stationnement et d’exploitation sur les gares routières situées sur le territoire de la commune de Cotonou.

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La présence des syndicats dénoncée

Ces différentes dispositions ne sont pas observées strictement, confient des conducteurs. Selon eux, des responsables syndicaux s’érigent toujours en collecteurs de taxes dites syndicales malgré les mesures encore en vigueur sur les gares routières de
Cotonou. C’est le cas sur la gare routière de l’Etoile rouge où le non-respect de ces dispositions fait réagir des conducteurs. Appolinaire Agueh est l’un des conducteurs qui dénoncent la présence des syndicats de transporteurs sur les gares. « Tant que la mairie a ses auxiliaires sur les gares, on ne veut plus voir les syndicats. Le syndicat doit rester à son siège où les syndiqués peuvent aller payer leurs cotisations », soutient-il. « Ils cherchent toujours à prendre de l’argent chez les conducteurs contre zéro reçu et nous n’allons pas accepter. Nous avons décidé que tout notre argent aille au Trésor public », exige-t-il.
Anicet Tokounivisso et Évariste Diego, tous membres de la Fédération TT Bénin, ont expliqué que les conducteurs veulent que seule la mairie exploite les gares. L’avènement de l’arrêté municipal a ramené l’ordre sur les gares, notent-ils. «Depuis que la note est parvenue aux conducteurs, les tours de voyages s’effectuent normalement, sans anicroche», relève Anicet Tokounivisso. Ce groupe de conducteurs souligne que les syndicats ne sont plus les bienvenus sur les gares routières.
Avec l’arrêté municipal, de nouvelles règles s’imposent désormais aux conducteurs. Ils doivent payer une taxe de quatre cents francs aux agents de la mairie à chaque stationnement, selon les explications d’un conducteur qui a préféré garder l’anonymat. Ce montant, précise ce dernier, est élevé et n’arrange pas pour l’instant les conducteurs du fait du respect des règles barrières contre le coronavirus qui imposent un nombre limité de passagers dans les véhicules. Il souhaite que la mairie ramène le prix de stationnement des véhicules à cent francs, pour non seulement aider les conducteurs, mais également inciter ces derniers à venir stationner sur les gares.

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La mairie, tutelle des gares

Cette doléance n’est pas la bienvenue chez les autorités municipales dans un contexte de mobilisation de ressources pour construire des infrastructures, selon une source bien introduite. La même source renseigne que le moment venu, la mairie donnera sa position sur la gestion des gares, déplorant néanmoins que, leur mauvaise gestion a perduré du fait du manque d’audace et d’efficacité des mandatures précédentes. Aujourd’hui, la mairie reprend ses gares parce qu’elle seule a la compétence de leur gestion, souligne notre source. Dans ce cadre, la mairie de Cotonou est dans une nouvelle dynamique par rapport à leur gestion. L’acte des syndicats consistant à prélever des taxes sur les gares est préjudiciable aux intérêts de la municipalité. Mais pour régler définitivement le problème, il y a lieu de construire des gares routières dignes du nom dans la ville de Cotonou. C’est la seule condition pour la municipalité de mettre fin à la situation qui occasionne la fuite de ses recettes. Il faut souligner qu’il y a un projet de construction de deux gares routières dans la ville de Cotonou, dont une à Hindé et la seconde à Akpakpa abattoir. Bien qu’insuffisantes, elles pourront résorber le manque de gares tant décrié par les syndicats de transporteurs.