Installation du bureau régional du Centre mondial pour l’adaptation: L’espoir d’une Afrique plus résiliente au climat

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Le Centre mondial pour l’adaptation (Gca) ouvre un bureau régional en Afrique pour stimuler la lutte contre le changement climatique sur le continent. Son installation suscite beaucoup d’espoir de la part des dirigeants, dans un contexte sanitaire et climatique de plus en plus difficile.

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Le Centre mondial pour l’adaptation (Gca) s’implante en Afrique. Installé dans les locaux du siège de la Banque africaine de développement (Bad) à Abidjan en Côte d’Ivoire, il travaillera à accélérer les mesures d’adaptation qui aideront à protéger les communautés africaines des effets du changement climatique.
Le lancement du bureau régional a eu lieu, mercredi 16 septembre dernier, par visioconférence en raison des mesures sanitaires induites par la crise sanitaire, avec la participation d’éminentes personnalités du continent et des représentants d’organisations internationales. « C’est un moment historique pour accélérer l’adaptation en Afrique… Le défi du développement durable face à un climat changeant n’est nulle part plus aigu », selon Ban Ki-Moon, ancien secrétaire général des Nations Unies et coprésident du conseil d’administration du Gca.
Le centre suscite beaucoup d’espoir pour le continent, dans un contexte où la pandémie de Covid-19 rend le financement de l’adaptation au climat plus difficile. « Il soutiendra les efforts d’adaptation régionaux et nationaux en mettant l’accent sur les meilleures pratiques existantes sur le continent, en les diffusant et en assurant leur intégration à part entière dans des efforts d’adaptation internationaux plus larges », précise Ban Ki-Moon.
Akinwumi Adesina, président de la Bad et membre du Conseil d’administration du Gca, estime qu’il constitue « un jalon essentiel, un pas décisif dans le projet de la Banque de construire une Afrique résiliente au climat ». « L’une de mes principales priorités pour les cinq prochaines années sera de faire en sorte que la Banque stimule les investissements dans la croissance verte et le financement en faveur du climat en Afrique », dévoile-t-il.

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Utilité

Lésée par le changement climatique, l’Afrique a besoin de 7 à 15 milliards de dollars américains par an pour urgemment s’adapter au climat, selon le président de la Bad. La banque s’engage à aider l’Afrique « à se reconstruire après la pandémie de Covid-19 19, à être meilleure, plus forte et plus résiliente dans les domaines de la santé et du climat ».
Pour combler quelque peu le déficit de financement, la Bad compte débloquer une enveloppe de 25 milliards de dollars américains en financement du climat d’ici à 2025, pour mieux jouer son rôle « d’aider l’Afrique à se relever de la crise du coronavirus, en étant plus forte, en meilleure santé et plus résiliente face aux aléas du climat ». Le financement de la Banque en faveur du climat a quadruplé entre 2016 et 2019 et pourrait atteindre 40 % du portefeuille total d’ici à fin 2021, annonce Akinwumi Adesina.
Le défi climatique ralentissait les progrès pour atteindre les Objectifs de développement durable (Odd), note, pour sa part, Ibrahim Thiaw, secrétaire exécutif de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification.
En travaillant avec le Centre mondial pour l’adaptation, les dirigeants africains sont appelés à œuvrer à la mobilisation du financement afin de réduire les effets néfastes du dérèglement climatique. Entre autres, le Gca Afrique contribuera à améliorer la sécurité alimentaire en faveur d’un milliard de personnes en Afrique subsaharienne d’ici à 2030, notamment en milieu rural. Il soutiendra également l’approvisionnement en eau des communautés en vue de la croissance urbaine et de la résilience, par la construction d’infrastructures plus adaptées, le renforcement du leadership des jeunes Africains.

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Enthousiasme

Le président ghanéen Nana Akufo-Addo se dit impatient de travailler avec le centre et ses partenaires pour relever les défis du changement climatique. Pour lui, il est question de veiller à ce que la résilience des systèmes d’infrastructure nationaux contre les menaces du changement climatique soit intégrée dans les plans de redressement économique de l’Afrique.
Son homologue kényan partage le même enthousiasme, tout en insistant sur la nécessité de maîtriser de toute urgence les effets dévastateurs du changement climatique, notamment les inondations, les sécheresses, la réduction des rendements agricoles qui font des ravages sur le continent. « Le Kenya et d’autres pays africains pourront attirer davantage de financements et les ressources dont nous avons besoin pour mettre en œuvre nos différents plans nationaux d’adaptation », espère Uhuru Kenyatta.
« Le lancement de Gca Afrique est une initiative audacieuse et innovante visant à galvaniser le soutien nécessaire pour intensifier considérablement l’adaptation sur le continent, identifier les lacunes et connecter les partenaires régionaux pour trouver des solutions », renchérit le président gabonais Ali Bongo Ondimba, président de l’Initiative africaine pour l’adaptation.
Arlette Soudan-Nonault, ministre du Tourisme et de l’Environnement de la République du Congo et coordonnatrice de la Commission climat de l’Union africaine pour le Bassin du Congo, se réjouit de la création du Gca Afrique qui permettra, selon elle, « de lever des fonds ». L’heure est désormais à l’action pour sauver ce Bassin qui constitue le deuxième poumon écologique de la planète après l’Amazonie dont la destruction s’accélère également à un rythme inquiétant, indique-t-elle.