Installation des organes de gouvernance du Snra: Le Bénin sonne le glas de la recherche agricole financée par l’extérieur

Par Ariel GBAGUIDI,

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Le ministre de l’Agriculture Gaston Dossouhoui, et sa collègue en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Eléonore Yaï Ladékan,
ont procédé, vendredi 3 juillet dernier, à l’installation des membres des deux organes de gouvernance du Système national de Recherche agricole du Bénin (Snra-Bénin).
La cérémonie s’est déroulée devant un parterre de personnalités dans les locaux de l’Institut national de Recherche agricole du Bénin (Inrab).

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Pour plus d’efficience dans la recherche agricole financée par le budget national, à travers le Système national de Recherche agricole du Bénin (Snra-Bénin). Vendredi dernier, les huit membres des deux organes de gouvernance de cette structure, à savoir, le Comité d’orientation et de suivi (Cos) dirigé par Adam Ahanchédé, et la Cellule de coordination (Cc) ayant à sa tête Adolphe Adjanohoun, ont été installés dans leurs fonctions par les ministres en charge de l’Agriculture, Gaston Dossouhoui, et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Eléonore Yaï Ladékan.
Cette installation des membres des organes de gouvernance du Snra-Bénin est le couronnement d’un long parcours constitué de huit grandes étapes dont l’élection des membres des deux organes de gouvernance en assemblée générale, informe le directeur général de l’Institut national de Recherche agricole du Bénin (Inrab) qui a conduit les travaux préparatoires, sur instructions du ministre de l’Agriculture. Adolphe Adjanohoun rappelle les actions menées, puis salue l’engagement du gouvernement ainsi que celui des acteurs du Snra-Bénin et l’esprit de cohésion qui a régné en leur sein durant tout le processus. Pour lui, la mise en place du Snra-Bénin qui ouvre une nouvelle page de l’histoire de la gestion de la recherche agricole au Bénin, est une première en Afrique.
Eléonore Yaï Ladékan salue également cette initiative et souligne l’importance de la recherche agricole pour le développement du Bénin dans un contexte où le pays, à l’instar des autres nations en voie de développement, doit relever plusieurs défis. « Le monde agricole est aujourd’hui à une croisée des chemins où la productivité, la compétitivité et la diversification sont des défis majeurs », renchérit le ministre de l’Agriculture qui souligne que c’est conscient de ces enjeux que le gouvernement a mis un accent particulier sur la transformation du secteur agricole pour en faire un puissant levier de développement.
Au nom des membres du Snra-Bénin, Adam Ahanchédé, président du Cos/Snra-Bénin, prend l’engagement de tenir le flambeau de meilleur élève africain en matière de génération des informations pertinentes et des technologies adaptées aux besoins des acteurs, et de gestion de la recherche agricole.

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Mission

Dès les prochaines semaines, les acteurs du Snra-Bénin devront élaborer le Programme national de Recherche agricole afin d’accompagner la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement (Pag). A travers le programme national de recherche agricole, le Snra-Bénin devra
« capitaliser les innovations existantes et les adapter aux besoins des acteurs, apporter des améliorations aux innovations existantes non adaptées développer de nouvelles innovations pour la promotion durable des chaînes de valeurs des filières retenues dans le volet agriculture du Pag ». Le ministre de l’Agriculture rappellera à l’occasion que le tremplin de mise en œuvre de toutes ces orientations stratégiques est le Cycle de gestion de la Recherche agricole. Ainsi, il reviendra aux membres du Snra-Bénin d’améliorer l’approche participative des acteurs des différentes filières agricoles depuis la programmation des activités de recherche jusqu’à la restitution et la valorisation des résultats, affirme Gaston Dossouhoui. Ces acteurs sont aussi appelés à évaluer le Plan directeur de la Recherche agricole adopté en 1996 afin de le conformer aux réalités actuelles pour en faire un document stratégique à long terme arrimé aux Objectifs de développement durable ainsi qu’aux politiques et stratégies agricoles aux niveaux sous-régional et régional. Un tel document, selon le ministre de l’Agriculture, doit viser, entre autres, « la sécurité et la souveraineté alimentaires, la réduction des impacts sur le climat et l’adaptation au changement climatique et l’accroissement de la résilience des exploitations familiales ». Aussi, les membres du Snra- Bénin devront-ils engager la dynamisation du Comité national de Recherche agricole dont les dernières assises remontent à fin 2006.

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Fin des financements extérieurs

Avec le Snra rénové, le Bénin sonne la fin du financement de la Recherche agricole par des fonds extérieurs. Gaston Dossouhoui rappelle, en la matière, les prémices du Snra-Bénin en 1963, sa formalisation en 2003-2004 et sa forte dépendance vis-à-vis des financements extérieurs. L’arrêt de ces financements a provoqué sa chute, il y a quelques années. « A partir de maintenant, cet état de choses est révolu car, le Snra du Bénin est désormais institutionnalisé, placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, avec les droits et obligations y afférents », martèle le ministre de l’Agriculture. Pour finir, Eléonore Yaï et Gaston Dossouhoui ont exprimé la disponibilité de leurs ministères à accompagner les actions du Snra-Bénin, tout en exhortant ses membres à maintenir l’esprit de cohésion qui a caractérisé les travaux préparatoires, et à surtout remplir leur cahier des charges en étonnant le monde car, celui-ci a désormais les yeux rivés sur le modèle béninois.