Inflation dans la zone Uemoa: Les transports au ralenti, les prix des aliments à la hausse

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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La hausse des prix des produits alimentaires affecte le taux d’inflation global dans la zone Uemoa. Cependant, une décélération du niveau général des prix est imprimée par le ralentissement des transports au mois de mars dernier.

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Le taux d’inflation est ressorti, en glissement annuel, à 1,3 % à fin mars 2020, contre 1,5 % le mois précédent dans l’ensemble des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). C’est ce que révèle le Bulletin mensuel des statistiques de mars 2020 de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest publié il y a quelques jours.
Selon les économistes, la décélération du rythme de progression du niveau général des prix est imprimée par la composante «Transport ». Ils notent que sa contribution à l’inflation totale est ressortie à 0,1 point de pourcentage en mars 2020, contre 0,2 point de pourcentage en février 2020. Cela est dû essentiellement à la baisse du prix des carburants relevée au Bénin, au Burkina et en Côte d’Ivoire, en lien avec la chute des cours du baril de pétrole (-37,5 %) et du dollar (-1,5 %) ainsi que le ralentissement des transports aérien, maritime et terrestre.
Les rubriques « Logement » et «Habillement » ont respectivement contribué à l’inflation globale à 0,3 et 0,1 point de pourcentage, alors que les composantes « Ameublement », « Santé », « Loisirs et culture », « Enseignement» n’ont pas affecté les prix.
Le bulletin mentionne que la composante « Alimentaires » reste la première source de la hausse des prix avec une contribution à hauteur de 0,8 point de pourcentage à l’inflation totale sur la période. Les prix des denrées alimentaires ont grimpé notamment en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau et au Sénégal, en rapport avec un renchérissement des produits de la pêche ainsi que de tubercules et plantains, en lien avec l’état d’approvisionnement des marchés. Les mesures prises contre la propagation du nouveau coronavirus ont certainement impacté les prix : des villes touchées par la pandémie ayant été ceinturées par des cordons sanitaires. Aussi, les prix des produits céréaliers ont-ils connu une hausse dans les pays sahéliens, notamment au Niger, en rapport avec la baisse de la production.
Dans son « Rapport sur l’évolution des prix à la consommation dans l’Uemoa en 2019 et perspectives», la Bceao a prévu une remontée de l’inflation en 2020 et 2021, notamment pour les produits alimentaires en général et les céréales en particulier. Le taux d’inflation, en moyenne annuelle, dans la zone s’établirait à 0,8 % en 2020 suivant le scénario central de prévision. Il se situerait dans un intervalle de 0,4 % à 1,2 % selon les scénarios baissier (optimiste) et haussier (pessimiste) dans l’ensemble des pays. Et, en 2021, la hausse des prix serait de 1,4 % suivant le scénario central et évoluerait entre 0,7 et 2,2 %, selon les deux autres scénarios.

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