Indice du capital humain: La Covid-19 menace les progrès en santé et en éducation

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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L’Indice du capital humain (Hci) de la Banque mondiale au titre de 2020 révèle des avancées notables en matière de santé et d’éducation. Mais la pandémie de Covid-19 vient hypothéquer ces progrès et appelle à des mesures idoines, notamment en direction des filles.

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Le Bénin se classe 147e sur 174 pays dans l’indice annuel du capital humain (Hci 2020) de la Banque mondiale. La mise à jour de cet indice qui comprend des données sur la santé et l’éducation collectées jusqu’en mars 2020, affiche un indice de 0,40 pour le Bénin.
Entre autres composantes, la probabilité de survie jusqu’à l’âge de 5 ans ressort à 0,91. Le taux de survie des adultes est de 0,77 (77 %). Le nombre d’années d’école prévues est de 9,2 et le nombre d’années d’école ajustées en fonction de l’apprentissage établi à 5,7.
L’indice global pour 42 pays en Afrique subsaharienne s’affiche à 0,40, selon le rapport de la Banque mondiale rendu public, mercredi 16 septembre dernier. C’est dire qu’un enfant né dans la région ne pouvait espérer atteindre que 40 % de son niveau de capital humain potentiel par rapport à un enfant ayant bénéficié de services d’éducation et de santé complets.
Quant aux autres pays du monde, jusqu’en mars dernier, la plupart avaient fait des progrès constants pour renforcer le capital humain des enfants. Mais les progrès notés ces dernières années sont menacés par les effets de la pandémie de Covid-19. « La pandémie menace d’effacer une décennie d’efforts pour renforcer le capital humain, en particulier au niveau de la santé, des taux de survie, de la scolarisation et des retards de croissance », estime David Malpass, président du Groupe de la Banque mondiale, cité dans un communiqué de presse parvenu à notre rédaction. La crise sanitaire a « un impact économique particulièrement brutal sur les femmes et les familles les plus défavorisées, exposant de nombreux individus vulnérables à l’insécurité alimentaire et à la pauvreté », ajoute-t-il.
Avec les mesures de confinement prises, plus d’un milliard d’enfants dans le monde ont été privés d’école et pourraient, potentiellement, perdre en moyenne une demi-année de scolarité. Aussi, de profondes perturbations sont observées dans les offres de services de santé essentiels destinés aux femmes et aux enfants, certains n’ayant pu recevoir les vaccins nécessaires.

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160 milliards de dollars en appui

La pandémie compromet les perspectives d’apprentissage et d’autonomisation des femmes et des filles, en ce sens qu’elle exacerbe les risques de violences à leur égard (maltraitance, mariages et grossesses précoces et non désirés). Alors qu’il ressort des données qu’en moyenne, les filles obtiennent de meilleurs résultats en termes de capital humain que les garçons, le taux d’emploi des femmes reste globalement inférieur de 20 points de pourcentage à celui des hommes. Les écarts sont encore plus importants dans de nombreux pays et régions, notamment en Afrique subsaharienne.
Le président du Groupe de la Banque mondiale préconise comme mesures de « protéger les populations et investir dans leur avenir » en vue « d’un redressement durable et sans exclusion et d’une croissance dynamique ». Il est question d’améliorer la couverture sanitaire et la qualité des soins dans les communautés marginalisées, de stimuler les résultats d’apprentissage en plus de la scolarisation et de soutenir les familles fragiles par des mesures de protection sociale adaptées à l’ampleur de la crise.
Pour sa part, le Groupe de la Banque mondiale prévoit d’apporter jusqu’à 160 milliards de dollars de financement, dont 50 milliards sous forme de nouveaux dons et crédits concessionnels, au cours des quinze prochains mois, afin d’aider plus de 100 pays à protéger les populations pauvres et vulnérables, soutenir les entreprises et favoriser le redressement de l’économie.