Inculpés pour association de malfaiteurs et vol en réunion la nuit dans un lieu habité, Dicko Oumarou et Bello Maoune étaient, lundi 18 juin dernier, devant la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou. Ils ont été condamnés à 8 ans de réclusion criminelle.

Comme dans un scénario inédit, deux bagnards, Dicko Oumarou et Bello Maoune, ont montré jusqu’où ils pouvaient pousser leur culot. Bouviers de profession, ils se sont forgé des carapaces de voleurs patentés qui n’ont plus peur de prendre des risques. A peine sortie de la prison où ils se sont connus, que les deux se retrouvent embarqués dans une aventure, pour voler deux bœufs. Mis au frais, ils parviennent à s’évader des violons de la brigade territoriale de Ouaké, après avoir subtilisé quatre fusils AKM avec leurs chargeurs.
Inculpés pour association de malfaiteurs et vol qualifié, ils étaient, lundi 18 juin dernier, devant la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou. Après avoir été déclarés coupables de ces infractions, en application des dispositions des articles 265 à 268 et 381 alinéa 1 du Code pénal, la cour présidée par Célestin Zanouvi les a condamnés à 8 ans de réclusion criminelle.
Auditionnés à la barre, Dicko
Oumarou et Bello Maoune, comme à l’enquête préliminaire et devant le juge instructeur, ont reconnu les faits mis à leur charge. Ils ont, cependant, précisé qu’ils avaient l’intention de vendre les armes, pour se faire un peu d’argent. Malheureusement, ces butins sont devenus pour eux des butins bien encombrants, un boulet difficile à traîner. Ils ont enterré deux dans un champ à Ouaké, puis les deux autres, à Kara au Togo.
Mais pourquoi n’avez-vous pas enterré les quatre au même lieu? A combien, pensez-vous les vendre ? N’avez-vous jamais combattu dans un groupe rebelle sillonnant la sous-région ? Autant de questions posées par le président de la cour, Célestin Zanouvi, et le représentant du ministère public, Fiacre Azalou Tokpassi, pour mieux apprécier les circonstances dans lesquelles les faits se sont passés.
Ayant réussi, dans un premier temps, à sortir des locaux de la brigade, manquant de sous, ils y sont retournés pour voir s’ils pouvaient en trouver, ont expliqué les deux compères à la cour. C’est en toute tranquillité, qu’avec une clé qui trainait sur une table, ils entreprirent de procéder à une fouille systématique des lieux. Ne souhaitant pas que l’on les considère comme de grands voleurs, Bello Maoune confiera que «C’est Dieu qui n’a pas voulu que leur souffrance prenne fin ».

Association ou pas ?

Dans ses réquisitions, l’avocat général, Fiacre Azalou Tokpassi, a voulu savoir si Dicko Oumarou et Bello Maoune ont formé une association de malfaiteurs, et si c’est la nuit qu’ils se sont entendus pour soustraire chose d’autrui dans une habitation ou un lieu habité. Selon lui, il n’y a pas de doute, les éléments constitutifs des infractions d’association de malfaiteurs et de vol aggravé sont réunis. Il demande à la cour de les retenir dans les liens de l’accusation de ces infractions et de les condamner à 10 ans de réclusion criminelle.
Prenant chacune des deux infractions, Me Victorien Fadé et Me Friggens Adjavon assurant la défense des accusés, s’emploieront plus tôt à démontrer qu’elles ne sont pas constituées. Ils inviteront la cour à ne pas se laisser influencer par le représentant du ministère public. Selon eux, leurs clients n’ont jamais mûri l’idée de commettre un quelconque vol. Leur intention préétablie, soutiennent-ils, n’apparaît pas clairement dans le dossier. Ils en déduisent qu’il ne s’agit que d’une coaction. « Il n’y a eu que des concours de circonstances qui ne permettent pas de dire qu’il y a eu association de malfaiteurs», insiste Me Victorien Fadé. Il n’y a pas de doute, poursuit-il, le vol a été commis la nuit par nos clients, mais pas dans un lieu habité. Au regard de ces éléments, il demande à la cour de ne pas les déclarer coupables des infractions d’association de malfaiteurs et de vol aggravé, mais de vol simple. Il a appelé à les condamner au temps déjà passé en détention, avec interdiction de séjour.
Abondant dans le même sens, Me Friggens Adjavon a également plaidé la moralité du dossier. « S’ils sont devant vous, c’est à cause de la négligence coupable du maréchal des logis chargé de leur garde. Il a manqué de vigilance. Les quatre armes emportées auraient pu contribuer à entretenir une rébellion pour créer l’insécurité dans le pays », a-t-il fait remarquer. L'affaire a été examinée par une cour présidée par Célestin Zanouvi, avec pour assesseurs Francis Bodjrènou et Arlen Dossa-Avocè?
Des faits

La brigade territoriale de Ouaké a reçu et gardé à vue, lundi 24 février 2014, Dicko Oumarou et Bello Maoune. Ils sont soupçonnés de vol de bœufs.
Dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 mars 2014, profitant du sommeil profond et de la négligence du gendarme de garde qui s’est soulé, ils ont réussi à défoncer la porte des locaux de sûreté avec des coups de pieds, pour en sortir par une entaille. Par la suite, ils ont pris possession de la clé du magasin d’armes de la brigade. Ce qui leur a permis de soustraire quatre armes modernes avec leurs chargeurs garnis de trente cartouches chacun, avant de disparaître vers le Togo voisin?

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