La Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition, inscrite cette année dans l’agenda des festivités marquant le 25e  anniversaire du Projet « La route de l’esclave » a mobilisé sur l’emplacement de la Porte du non retour à Ouidah, vendredi 23 août, une foule immense et diversifiée. Moment de célébration, mais aussi de retrouvailles entre descendants de personnes jadis déportées et leurs frères restés au pays, mais surtout d’émotions.

Nombre de Martiniquais et Haïtiens présents sur la plage de la Porte du non retour à Ouidah étaient inconsolables en cette matinée à peine ensoleillée du vendredi 23 août. Sanglots par ci, larmes par là, cris de détresse par endroits… L’émotion était vive et il fallait bien des minutes pour calmer certains et les amener à retrouver leur tranquillité. La raison, confieront certains de ces descendants de personnes jadis déportées aux heures chaudes de la traite négrière, c’est « que personne ne peut imaginer la douleur » qui est la leur. Aussi, disent-ils imaginer le drame vécu par leurs ancêtres en remettant les pieds sur cette plage d’où ils embarquaient pour des terres inconnues.

Autres moments d’émotions, les témoignages de descendants venus de la Martinique, des Etats-Unis et bien d’autres contrées. Parmi eux, Garcin Malsa, maire honoraire de Sainte Anne en Martinique et président du Mouvement international pour les réparations (Mir). Venu avec une forte délégation de la diaspora, celui-ci, dans une brève allocution a fait revivre le « douloureux parcours » qui était celui des déportés. A sa suite, Frederic Régent, président du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage en France, embraye pour rappeler le calvaire des esclaves qui, reconnait-il, ont été de « braves hommes qui ont fait l’humanité ». Pour Jimmy Gardner maire de Prichard en Alabama, « il faut finir avec les compromissions pour engager une vraie réconciliation ».

Plusieurs personnalités ont également pris part aux manifestations qui ont eu lieu en présence de sa majesté Daagbo Hounon, pontife du culte Vodoun. Il s’agit entre autres du député Mathieu Adjovi, du maire de la ville de Ouidah, Célestine Adjanohoun, d’acteurs culturels et d’acteurs intervenant dans la chaîne du tourisme.

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