Selon les prévisions du Fonds monétaire international (Fmi), présentées le vendredi dernier à Cotonou, la croissance des pays d’Afrique subsaharienne, à économie diversifiée, durant le printemps 2019, sera d’au moins 5%. Mais, celle des pays accrochés aux richesses du sous-sol sera en dessous de ce chiffre.

« Reprise dans un contexte de grande incertitude ». Tel est l’intitulé du Rapport du Fonds monétaire international (Fmi) sur les perspectives économiques régionales (Reo) durant le printemps 2019. Lesquelles perspectives annoncent une faible croissance pour les pays « tributaires » de leurs «ressources naturelles ».
En effet, ledit Rapport, publié en avril 2019 et présenté vendredi dernier dans les locaux du ministère de l’Economie et des Finances à Cotonou, par le représentant résident du Fmi, Karim Barhoumi, informe que les performances économiques demeureront divergentes en Afrique subsaharienne. Car, 21 des 45 pays aux économies les plus diversifiées devraient continuer par enregistrer une croissance de 5% tout au moins. Mais la croissance dans les 24 autres pays, surtout ceux qui hébergent les deux tiers de la population du continent, et accrochés à leurs ressources naturelles comme le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Angola, devrait rester faible à court terme. « Le coup que subit le prix des matières premières a un impact très graduel et très important » sur la croissance de ces pays, souligne le conférencier. A l’opposé, indique-t-il, les pays qui ont su diversifier leur économie, ont pu bâtir « une certaine résilience » qui favorise la hausse, sans grande difficulté, de leur croissance, « au fil du temps ».
Sur les cas particuliers du Nigeria, de l’Afrique du Sud et de l’Angola, qui ont connu d’importante croissance les années antérieures, ce sont des pays qui sont en train d’afficher actuellement une croissance qui ne « dépasse pas 3% ». La raison profonde de cette chute libre, selon Karim Barhoumi, c’est qu’en
« Afrique du sud, la baisse de l’investissement privé contribue au ralentissement de la croissance ». Au Nigeria et en Angola, « la chute brutale des cours du pétrole et un ajustement en cours, ont ralenti la croissance ».
Mais ces pays ont des chances de sortir la tête de l’eau, ajoute le fonctionnaire du Fmi. Pour y arriver, ils doivent mettre en œuvre des réformes structurelles dignes du nom.
Comme défis, il y a « trois types de facteurs exogènes » dont les dirigeants africains doivent tenir compte pour mieux préserver la croissance de leurs pays. Le premier, c’est l’évolution des prix de première base. Le deuxième, c’est la fluctuation des marchés internationaux des capitaux. Et le dernier, ce sont les chocs climatiques qui menacent les perspectives économiques de plusieurs pays d’Afrique australe. Pour alors accroître la résilience et renforcer la croissance, le conférencier suggère aux pays d’Afrique subsaharienne, entre autres, de faire plus d’efforts en termes de politiques macroéconomiques. D’après Karim Barhoumi, « les ajustements budgétaires ont aidé, mais dans bien des cas, il reste encore beaucoup de choses à faire, et les vulnérabilités liées à la dette restent très importantes… ». Toujours en termes de recommandations, il pense qu’il faut assurer l’efficience des investissements publics, consolider la gestion des finances publiques, etc. Il propose également une meilleure gestion de l’impact des conflits et plaide pour qu’enfin le commerce interrégional (entre Communautés économiques régionales africaines) soit une réalité dans le cadre de la Zone de libre-échange continental pour l’Afrique.

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