Implication des forces armées dans la gestion du Covid-19: Les enseignements à tirer

Par Ariel GBAGUIDI,

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A l’occasion du lancement, jeudi 17 septembre dernier, du premier numéro de la revue scientifique Paix et Sécurité en Afrique subsaharienne (P&S-Ass), une causerie-débat a été animée sur, entre autres, les leçons à tirer de l’implication des forces armées et de police béninoises dans la gestion du Covid-19. Il en ressort que le manque de préparation et de formation des forces béninoises et l’absence de communication à l’interne et à l’externe sont à la base des insuffisances constatées au niveau de leur dispositif.

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Plusieurs leçons sont à tirer de la participation des forces armées et de police béninoises à la gestion de la pandémie du Covid-19. Quelques-uns de ces enseignements ont été énumérés lors des échanges en panel, à l’occasion du lancement du premier numéro de la revue scientifique Paix et Sécurité en Afrique subsaharienne (P&S-Ass), jeudi 17 septembre dernier, à Cotonou. Un panel constitué de quatre spécialistes que sont Colonel Nicaise Houndjrebo, membre du Comité scientifique et de coordination de la revue, André Dossa journaliste et rédacteur en chef de la télévision privée Canal 3 Bénin, Benazir Hilali corédactrice du chapitre de la revue sur le Burkina Faso. Il y avait également le Contrôleur général de police Mohamed Saké, conseiller technique du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
Essentiellement, il est à retenir des échanges menés que les défaillances constatées au niveau des forces armées et de police sont dues à des problèmes d’ordre structurel et communicationnel tant à l’interne qu’à l’externe.
Parlant de la défaillance structurelle, les intervenants ont insisté sur le manque de préparation des forces béninoises. Un plan sur la gestion efficiente des crises existe mais des simulations devraient être suffisamment organisées pour permettre aux forces béninoises d’être mieux outillées. Il a été constaté également qu’au Bénin, les forces armées sont intervenues uniquement dans le dispositif anti-Covid-19, pour faire respecter les mesures instaurées à l’instar du cordon sanitaire. Certains intervenants regrettent ainsi le fait que les services de santé des forces armées n’aient pas été associés à cette lutte. Or, les agents de santé militaires et paramilitaires pouvaient bien être formés pour appuyer les agents de santé civils déployés sur le terrain. Heureusement que le pays n’a pas été débordé, se réjouissent certains. Sinon, poursuivent-ils, il y aurait un manque de personnel médical pour gérer la situation.
Autre défaillance, c’est que le cordon sanitaire mis en place a été contourné à plusieurs endroits par les populations mettant ainsi à mal le dispositif anti-Covid-19, a fait remarquer un des panélistes.

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Corriger les insuffisances

« On avait effectivement un document de base pour faire face à des crises ou à des catastrophes. Maintenant, c’est à nous de voir pourquoi il y a eu cet écart. Aux premières heures, il y avait plusieurs ministères impliqués dans la gestion. Comme c’était une première, sous l’effet de la précipitation, il y a eu quelques ratés. Mais nous allons analyser et comprendre pourquoi il y a eu cet écart malgré les documents qu’on avait. Est-ce parce qu’on n’a pas eu plusieurs répétitions ? Ça, nous allons le voir. Mais ça a été une bonne chose pour nous pour pouvoir tester nos documents et ce que nous avons préparé à l’avance », a déclaré le chef d’état-major, le Contre Amiral Patrick Aho.
Au plan communicationnel, plusieurs acteurs regrettent l’absence d’un organe en charge spécialement du volet communication au sein de la coordination générale de gestion de cette crise. Même constat au niveau des forces armées et de police, au sein desquelles l’information n’a pas circulé comme cela se doit. A l’externe, la communication a été tout aussi défaillante, relèvent les participants.
Autant d’enseignements que les gouvernants doivent prendre en compte à l’avenir pour améliorer la gestion des crises, notent les uns et les autres.
Avant d’en arriver à ces leçons, tous les panélistes et participants à la causerie- débat ont félicité le gouvernement béninois pour avoir su maîtriser autant que faire se peut, la crise. Une performance également saluée par plusieurs institutions et organismes internationaux tels que les Nations Unies car, sous d’autres cieux, rappellent certains participants, le bilan en termes de contaminations et de morts est bien plus alarmant.