Impact du Covid-19 sur l’économie dans l’Uemoa: Le Pib décélère à 3,3 % au premier trimestre 2020

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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L’activité économique s’est fortement ressentie des perturbations dans les chaînes de production, de distribution et de commercialisation, dues à la pandémie de Covid-19. C’est ce qu’a relevé le Comité de politique monétaire (Cpm) de la Bceao, lors de sa deuxième réunion ordinaire au titre de l’année 2020 tenue, lundi 22 juin dernier par visioconférence.

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« L’activité économique a connu un fort ralentissement au cours du premier trimestre 2020 dans l’Uemoa», selon le Comité de politique monétaire (Cpm) de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Au terme de sa deuxième réunion ordinaire au titre de l’année 2020, tenue lundi 22 juin dernier par visioconférence en raison du Covid-19, il note que le Produit intérieur brut (Pib) de l’Union a progressé, en glissement annuel, seulement de 3,3 %, après 6,5 % un trimestre plus tôt. « Cette décélération de l’activité économique est surtout imprimée par le secteur tertiaire, dont la contribution à la croissance a baissé de moitié par rapport au trimestre précédent, reflétant ainsi les premiers impacts de la propagation de la pandémie, notamment dans les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie, des transports et du commerce », souligne le communiqué de presse de la Bceao parvenu à notre rédaction.
Les impacts de la pandémie devraient être plus prononcés au cours du deuxième trimestre 2020 marqué par les mesures prises par les Etats pour limiter la propagation de la maladie, notamment les fermetures de frontières et les mesures de confinement qui ont affecté les chaînes de production, de distribution et de commercialisation. Pour l’ensemble de l’année 2020, les prévisions réalisées par la Banque centrale tablent sur un taux de croissance économique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) de 2,6 % contre une prévision initiale de 6,6 %, annonce Tiémoko Meyliet Koné, gouverneur de la Bceao et président statutaire du Cpm.
L’exécution des budgets dans les Etats membres de l’Union s’est fortement ressentie, au premier trimestre 2020, de la baisse des recettes et une hausse des dépenses entraînant une aggravation du déficit budgétaire. Ainsi, le déficit budgétaire, base engagements, dons compris ressortirait à 922,1 milliards ou 4,5% du Pib à fin mars 2020 contre 222,5 milliards ou 1,1 % du Pib à la même période de l’année précédente, selon la Bceao.
Il est noté au premier trimestre 2020, une légère accélération du rythme de progression de la masse monétaire, en glissement annuel, en liaison avec le rebond des actifs extérieurs nets ainsi que l’accroissement des créances intérieures. Les réserves de change de l’Union se sont renforcées sur une base annuelle, assurant 6,3 mois d’importations de biens et services à fin mars 2020.

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Inflation

Le Cpm note que le taux d’intérêt moyen trimestriel des appels d’offres hebdomadaires d’injection de liquidité s’est nettement orienté à la baisse, en ressortant à 2,69 % contre 2,98 % au cours du dernier trimestre 2019. Depuis le mois d’avril 2020, informe la Banque centrale, il se situe à 2,50%, en liaison avec les injections de liquidité au taux fixe de 2,50 % qu’elle a lancées pour lutter contre les effets néfastes de la crise sanitaire.
En ce qui concerne la situation de l’inflation dans l’Union, le comité relève que le niveau général des prix à la consommation a augmenté durant le premier trimestre 2020. Le taux d’inflation est ressorti à 1,2 % après -0,6% un trimestre plus tôt, du fait du rebond des prix des produits alimentaires. A l’horizon de huit trimestres, projette la Bceao, ce taux se situerait à 2,2 %, en glissement annuel, en lien avec l’objectif de stabilité des prix qu’elle poursuit.
Les membres du Cpm ont décidé d’accompagner la dynamique de la reprise progressive que devraient impulser les plans de relance mis en place par les Etats et l’assouplissement progressif des restrictions de déplacement. Dans le cadre du redémarrage de l’appareil productif, il est prévu une baisse de 50 points de base pour les taux directeurs de la Banque centrale. Ainsi, à compter du 24 juin 2020, le taux d’intérêt minimum de soumission aux opérations d’appels d’offres d’injection de liquidité passe ainsi de 2,50 % à 2,00 % et le taux d’intérêt du guichet de prêt marginal est ramené de 4,50% à 4,00 %.
Le coefficient de réserves obligatoires applicable aux banques de l’Union fixé à 3,0 % reste inchangé.