Homicide volontaire : Nazaire Houndégla écope de 20 ans de réclusion criminelle

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Le tribunal de première instance de deuxième classe de Lokossa statuant en premier ressort, a connu lundi 4 novembre 2019, du premier dossier inscrit au rôle de sa première session criminelle. A l’issue des débats sur ce dossier relatif aux faits díhomicide volontaire, l’accusé Nazaire Houndégla a été déclaré coupable et condamné à 20 ans de réclusion criminelle.

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Cultivateur de profession et célibataire sans enfant, Nazaire Houndégla inculpé dans un dossier d’homicide volontaire est désormais fixé sur son sort. Déclaré coupable des faits mis à sa charge, il a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Placé sous mandat de dépôt le 18 mars 2010, il doit retourner en prison pour y séjourner jusqu’en 2030. A la barre, il n’a pas nié les faits ni varié dans ses déclarations. Mais il a tenté de justifier son acte par des menaces de mort qu’aurait proférées la victime contre lui.
Dans sa réquisition, le ministère public, assumé par Florent Gnansomon, soutient la culpabilité de l’accusé et demande au tribunal de le condamner à 20 ans de réclusion criminelle. A sa suite, Me Arthur Ballé commis d’office pour la défense, sollicite l’assouplissement de la peine en priant le tribunal de tenir compte non seulement de la bonne collaboration de son client mais aussi de son jeune âge au moment des faits. D’un tempérament colérique et impulsif, l’accusé était âgé d’environ 20 ans au moment des faits. Toutes choses qui font dire à l’avocat que son client serait poussé par son tempérament dont il ne pouvait avoir tout le contrôle à ses 20 ans.
Revenu à la charge, le ministère public tentera de démonter cet argumentaire pour inviter le tribunal à se servir du cas de l’accusé en examen pour décourager tous les autres potentiels assassins. Passé cet instant de joutes oratoires, entre le ministère public et la défense, une suspension sera observée pour permettre aux juges de délibérer. Ces derniers déclarent coupable Nazaire Houndégla d’avoir volontairement commis un homicide sur la personne de Noel Mèvi. Ces faits étant prévus et punis par les articles 295, 296, 298 et 304 du Code pénal, le collège des juges lui inflige une peine de 20 ans de réclusion criminelle. Et enfin, le tribunal prend acte de la non constitution de partie civile par la représentante des ayants droit du défunt.

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Les faits

L’accusé Nazaire Houndégla a été récupéré et élevé dans sa famille maternelle, et notamment par son oncle Noel Mevi à la suite du décès de sa mère. Et ceci, jusquíau jour où il accusa Noel Mevi de vol d’une somme de 25.000 francs Cfa représentant la contrepartie de ses prestations de sarclage de 47 “cantis” et de deux de ses vêtements. N’en pouvant plus face aux accusations de son neveu, Noel Mevi le renvoie de chez lui. C’est alors que Nazaire Houndégla s’est forgé le projet de lui supprimer la vie.
Il va donc se procurer une arme de fabrication artisanale à Lokossa, chef-lieu du Mono, à
20 000 francs Cfa par l’intermédiaire du nommé Koumédjro. Et il va guetter Noel Mevi pendant des jours, celui-ci ayant pris les menaces très au sérieux, ne sortait plus, même pas pour aller au champ.
Mais le 13 mars 2010, aux environs de minuit, Nazaire Houndégla se rend chez son oncle, le voit couché entre les nommés Kodjo et Kouessi, le vise et tire sur lui, puis prend la fuite en laissant échapper son chapeau et en abandonnant sur place l’arme de son crime. Atteint à l’épaule gauche et à la mâchoire inférieure, Noel Mevi est décédé sur-le-champ des suites des blessures occasionnées par le tir. L’inculpé, appréhendé chez son père, reconnait les faits à toutes les étapes de la procédure.

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Composition du tribunal

Président : Maximilien Asseh Kpèhounou
Assesseurs : Alphonse Bossou, Bienvenu
Sohou, Rodrigue Hounmanakan, Gédéon
Adjiboye
Ministère public : Florent Gnansomon
Greffier : Ernest Adjaffon