Homicide volontaire : 10 ans de réclusion criminelle pour deux accusés, Rolande Viwakpinnou acquittée

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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Le tribunal de première instance de deuxième classe de Lokossa, siégeant en matière criminelle, a connu, jeudi 7 novembre dernier, d’un dossier de violence conjugale qui a tourné au drame à Toviklin, dans le Couffo en juillet 2013. A l’issue des débats relatifs à ce quatrième dossier inscrit au rôle, le tribunal a condamné deux accusés à 10 ans de réclusion criminelle et acquitté, au bénéfice du doute, la nommée Rolande Viwakpinnou.

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Mathias Kévin Gossouné né vers 1993 à Kpinnou et Wilfried Sossavi né vers 1988 à Azonlihoué, tous de nationalité béninoise et pêcheurs de profession, sont condamnés chacun à 10 ans de réclusion criminelle pour des faits d’homicide volontaire. La nommée Rolande Viwakpinnou,
née vers 1992 à Bopa, a été acquittée au bénéfice du doute. Cette décision, rendue en premier ressort est le verdict issu de l’examen du quatrième dossier inscrit au rôle de la session criminelle du tribunal de première instance de deuxième classe de Lokossa, dans le Mono. Le dossier porte sur des faits de bagarre entre conjoints qui s’est soldée, le 1er juillet 2013 à Tohonou, dans la commune de Toviklin, par la mort de l’époux Hubert Viho.
Sur ces faits, les nommés Mathias Kévin Gossou, Wilfried Sossavi et Rolande Viwakpinnou, qui s’étaient mêlés à la bagarre, seront inculpés et poursuivis. Les deux hommes sont accusés de meurtre et la dame, sœur de la femme de feu Hubert Viho, est poursuivie pour complicité. Le meurtre est prévu et puni par les articles 22, 468 et 480 du code pénal.
A la barre, jeudi dernier, les accusés n’ont pas reconnu les faits mis à leur charge. Du moins, ils ont soutenu, tour à tour, qu’ils n’ont jamais été animés de l’intention de donner la mort en intervenant dans la bagarre entre le défunt et sa conjointe. Les pièces versées au dossier indiquent, entre autres, que les enquêtes de moralité sont favorables aux accusés dont les casiers judiciaires ne portent mention d’aucune condamnation antérieure. En outre, ils jouissent pleinement de leurs facultés intellectuelles et psychiques au moment des faits, selon le rapport des examens médico-psychologiques et psychiatriques. Au regard de tout cela, le ministère public a requis qu’ils soient tous condamnés à 15 ans de réclusion criminelle.
En revanche, les avocats de la défense commis d’office ont relevé que l’enquête préliminaire et l’interrogatoire de fond ne fournissent pas d’élément intentionnel pour établir la culpabilité des accusés. Ils ont demandé au tribunal de ne pas suivre le ministère public en s’obligeant à prononcer des peines contre leurs clients. Dans la scène de bagarre telle que relatée, insistent les avocats, personne n’a pu dire celui qui aurait donné le coup fatal à la victime. Pour eux, laisser courir un criminel vaut mieux que de garder des innocents en prison.
Mais se référant à son intime conviction, le tribunal a déclaré coupables les nommés Mathias Kévin Gossou, Wilfried Sossavi et acquitté Rolande Viwakpinnou. La présence de cette dernière sur les lieux du crime est équivoque puisqu’elle peut voler au secours de sa sœur victime de violences conjugales et ne peut donc être perçue comme une assistante aux deux autres accusés, a jugé le tribunal.
Pour le compte de la partie civile représentée, les juges ont condamné Mathias Kévin Gossou, Wilfried Sossavi à payer, à titre de dommages et intérêts pour toutes causes de préjudices confondus aux ayants droit d’Hubert Viho, la somme d’un million deux cent mille francs Cfa.

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Les faits

Le lundi 1er juillet 2013, à Tohonou, la nommée Rolande Viwakinnou a été informée de la bagarre intervenue entre sa sœur Amandine Viwakinnou et son conjoint Hubert Viho. Aussitôt, elle a porté l’information à la connaissance de son conjoint Mathias Kévin Gossou, son oncle Wilfried Sossavi et un certain Dossou. Ensemble, les nommés Rolande Viwakinnou, Mathias Kévin Gossou, Wilfried Sossavi et Dossou se sont rendus au domicile d’Hubert Viho, en l’absence de son épouse, munis de couteau. A leur arrivée, Wilfried Sossavi a déclenché une bagarre en portant le premier, la main sur Hubert Viho. Ensuite, ses acolytes Mathias Kévin Gossou et Dossou se sont mêlés à la bagarre. Au cours de celle-ci, le nommé Hubert Viho a reçu de violents coups de couteau, de poings et de bâton, qui lui ont causé des blessures, à savoir une plaie linéaire profonde d’environ 4 cm à la face antéro-interne du coude gauche hémorragique et une plaie temporale droite non hémorragique, suivant le certificat médical de la victime Hubert Viho en date à l’hôpital de zone de Comè du 02 juillet 2013. Il est décédé dans cet hôpital des suites de ses blessures par arrêt cardiaque lié au choc hémorragique ?

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Composition du tribunal

Président : Marcel Hervé Alavo

Assesseurs :
Bienvenu Sohou,
Alain Raïmi Agboton,
Gédéon Abilé Adjiboye,
Appolinaire Hounkannou

Ministère public :

Adjima Kalifa Djimila
Greffier : Olivier Alognon