Grève du personnel des services judiciaires et administratifs: Le débrayage effectif à Cotonou

Par zounars,

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« Grève » ; « Pas de diligence, s’il vous plaît. Merci ». Ce sont là des messages adressés aux personnes qui ont besoin des services, tant au palais de justice qu’à la Cour d’Appel de Cotonou. Certains bureaux sont fermés à clefs; d’autres sont ouverts, mais les agents ne sont pas disposés à offrir des services aux usagers qui estiment « avoir droit à un service minimum ». C’est le cas du bureau 113 où nous avons aperçu Kuassi Cakpo Bessé et Dominique Kouton, respectivement secrétaire général du Syndicat national des travailleurs de la justice (Syntra-justice) et secrétaire général du Syndicat national des greffiers et officiers de justice du Bénin (Synagojub).
Dominique Kouton évoque les raisons de cette crise et sa porte de sortie. « Nous avons mené tellement d’actions depuis plus de trois mois dans le but d’être entendus par le garde des sceaux, mais nous avons l’impression que le ministre a un mépris pour les partenaires sociaux. Aucune mesure concrète pouvant nous conforter n’a été prise jusqu’à l’heure où nous parlons », fustige-t-il. « Le garde des sceaux doit moins écouter ses conseillers et prêter oreille à nos revendications, car nous sommes prêts à l’accompagner dans sa mission. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous demandons à nos collègues de rester à la maison », explique-t-il.
Nombreux sont les usagers n’ayant pas eu l’information concernant la grève et qui se sont déplacés pour solliciter divers services ; mais en vain : aucun agent n’était en service. Déçus, certains retournent tout furieux à leurs occupations respectives. « Je suis venu ici pour retirer une décision du tribunal qui normalement devrait sortir aujourd’hui. Je voyage ce soir et j’apprends qu’ils sont en grève. Hélas, je ne peux repousser le voyage », a déclaré Christian Kouton, un Béninois résidant à l’étranger rencontré hier dans le hall de la cour d’appel de Cotonou. Comme lui, Maman Assia dont la fille est à l’extérieur, est aussi mécontente. Elle déclare avec amertume, « c’est pour retirer la copie légalisée de l’attestation de ma fille que je suis arrivée. Je dois la lui envoyer impérativement aujourd’hui, et voilà qu’on n’a même pas droit à un service minimum ». Elle affirme qu’elle irait ailleurs pour voir si elle aura gain de cause.
D’après la motion conjointe de grève, les travailleurs du ministère de la Justice retourneront à leur poste dès demain jeudi. Vivement qu’un terrain d’entente soit trouvé pour que la grève dite d’avertissement, dont les conséquences ne sont déjà pas minimes, ne se prolonge.

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