Gouvernance et financement des entreprises culturelles en Afrique: Mamou Daffé et Ousmane Alédji évoquent les enjeux et perspectives

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Cotonou était dernièrement au centre d’une série d’activités visant à opiner et à réfléchir sur les enjeux et perspectives de la gouvernance et du financement des entreprises culturelles en Afrique. Un regard croisé voulu par le portail de la diversité culturelle, «Bénincultures» et pour lequel deux experts ont entretenu le public.

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Annoncé comme un évènement et une aubaine à saisir pour relancer le débat autour du secteur culturel en Afrique, le séjour à Cotonou de l’entrepreneur culturel Mamou Daffé ne l’a pas été moins. L’homme qui a de tout temps prôné la culture et le développement et qui «se concentre sur les liaisons existantes entre les domaines culturels et économiques comme un facteur de développement économique et social» a pris part à deux rendez-vous majeurs qui lui ont permis de partager avec des acteurs culturels béninois sa vision et son point de vue. Sa position à lui, c’est que la culture et le développement, éléments indissociables «participent à la cohésion et l’intégration de la plupart des nations. En d’autres termes, Mamou croit en la promotion de l’économie locale à travers des projets de développement». C’est avec une telle vision qu’il a crée le «Festival sur le Niger» en 2005. Un projet qui a été conçu avec des organisations culturelles et touristiques à Ségou (Mali) pour créer un événement unique, soulignant le potentiel attractif de la ville et de la région dans le but d’améliorer l’économie locale et de valoriser l’expression artistique et culturelle du Mali. Mais le «Festival sur le Niger est bien plus qu’un événement culturel simple. Avec la multiplicité des disciplines et la diversité des initiatives culturelles dans les dix dernières années, il a eu un impact unique dans le pays: une hausse de développement social, économique de la région, mais aussi un fort dynamisme dans le national, et la cohésion même régionale, sociale». De sorte qu’aujourd’hui Mamou Daffé est connu comme «l’homme qui a mis Ségou sur une carte».

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Ce bel exemple de réussite culturelle contraste avec l’exemple béninois en matière de réussite culturelle. Le festival le plus en vue que vend aujourd’hui le Bénin au monde entier, le Festival international de Théâtre du Bénin (FITHEB), contrairement à son compère sur le Niger est une initiative dont la subsistance financière repose essentiellement entre les mains de l’Etat. Sa fortune est diverse, son bilan mitigé avec une évolution en dent de scie, comme on le sait.

Le débat reste ouvert

Pour ce qui est de son impact sur l’économie, le débat reste ouvert, telle une plaie béante. Chaque édition ayant son actualité singulière, le FITHEB peut aller à l’école du «Festival sur le Niger» et réciproquement.
C’est donc pour offrir une vue croisée des deux évènements que les directeurs des deux festivals, Mamou Daffé et Ousmane Alédji étaient, vendredi 30 août dernier, face aux acteurs culturels et aux professionnels des médias à la Maison des médias à Cotonou pour évoquer «l’impact des festivals sur le développement en Afrique». Suivra le lendemain, samedi 29 août, une conférence-débat au centre culturel Arttistik de Agla sur le thème «Gouvernance et financement des entreprises culturelles en Afrique : enjeux et perspectives». Ce second débat modéré par Djamila Idrissou Souler, a été organisé dans le cadre des manifestations du 5è anniversaire du portail www.benincultures.com. Mamou Daffé et Ousmane Alédji saisiront cette seconde occasion pour scruter l’horizon culturel du continent. Lequel, présument-ils, est rayonnant au regard de l’engagement dont font montre les acteurs culturels et même certaines structures qui n’hésitent plus à se positionner comme pour renforcer les initiatives culturelles, surtout celles porteuses.