Gloriana Goreti Nahum: Graine de championne

Par Eric TCHOGBO,

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A 12 ans, Gloriana Goreti Nahum surfe sur toutes les catégories d’âges de la discipline qui a vu éclore ses talents. Surclassant ses pairs dans les tournois aussi bien au Bénin qu’à l’international, elle tutoie les seniors, devenant même vice-championne nationale dans cette catégorie en août 2018. En classe de 5e, la nouvelle étoile du tennis béninois passe pour une brillante élève. Et se révèle une redoutable athlète en dehors des classes. Sur les courts, sa bonne lecture de jeu, sa concentration ainsi que sa combativité et ses revers à deux mains la révèlent.
« Gloriana est une jeune joueuse au potentiel très promoteur qui pourrait être assimilée à un diamant brut. Elle est dotée d’un engagement personnel très élevé, élément important et surtout nécessaire pour accepter la charge de travail et les sacrifices qu’il faut pour monter, avoir des progressions. Gloriana est une pépite qu’il vaut le coup de mettre dans un centre d’excellence au tennis », témoigne Mouss Onifadé, entraîneur de tennis à Amiens en France, qui l’a vue évoluer dans son club en 2018, lors d’un stage.
Pour son âge, la jeune joueuse présente un fort potentiel physique et mental. Des atouts qui, selon Casimir Gandonou, entraîneur de tennis à Lorient et Rennes, qu’elle a côtoyé, pourraient lui permettre d’atteindre le haut niveau très rapidement si elle est soumise à un programme annuel d’entraînement et de compétition cohérent.

ADN de tennismen

Née dans une famille passionnée de tennis, Gloriana Nahum fait du tennis depuis l’âge de 6 ans. Elle se distingue aujourd’hui par ses bonnes performances et sa volonté à se professionnaliser, du haut de son 1,60m. « J’apprécie beaucoup ce sport. C’est ma passion et j’ai envie d’aller bien loin », confie-t-elle, entre deux services, au cours d’une séance d’entraînement. Un engagement que confirme sa mère, Sandra Guézo-Mévo Nahum, qui la suit dans son évolution.
« Nous l’encourageons mais c’est elle-même qui constitue le moteur de sa progression. C’est elle qui décide d’aller à tel ou tel autre tournoi et qui connaît les avantages qu’elle pourrait en tirer. Le rôle qui nous revient, en tant que parents, c’est de trouver les moyens pour payer ses moniteurs et son matériel, puis de l’accompagner dans son élan puisqu’elle a à cœur d’aller loin dans cette discipline », note-t-elle, un brin fière.

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Talent hors-classe

Gloriana Nahum fait partie de ces pépites couvées au cocon sur lesquelles la Fédération béninoise de Tennis (Fbt) nourrit de grandes ambitions. Ses dirigeants n’hésitent en effet pas à l’accompagner avec les moyens que le ministère en charge des Sports met à leur disposition. Un appui qui allège les peines de ses parents, parfois contraints à puiser dans leurs économies pour financer les voyages pour la participation de la surdouée aux tournois internationaux qui la maintiennent à flot dans le classement de la Confédération africaine de Tennis. N°1 au Bénin dans la catégorie Minimes depuis 2017, elle est classée N°3 sur le plan africain et pourrait même, au vu de ses dernières performances à l’international, prendre la deuxième place sur le plan continental. Avec une flopée de trophées et de médailles à son actif (12 trophées en individuel et 5 trophées en double et par équipe), sur les plan national, continental et en France, celle qui s’affiche comme l’espoir du tennis béninois au même titre que son frère Gillian Nahum, se prépare à prendre part à une série de compétitions très importantes pour la suite de sa carrière: le Championnat d’Afrique par équipes avec l’équipe du Bénin en Tunisie, la tournée d’été (participation à 5 tournois jeunes) en Europe, le Championnat d’Afrique sur terre battue en individuel prévu au Maroc, le Masters (8 meilleurs joueurs africains) qui s’est joué en Algérie en septembre 2019. Tout ceci pouvant être couronné par une possible qualification au championnat du monde de la catégorie.
Depuis les vacances scolaires de l’année dernière, Gloriana Nahum a successivement remporté le Tournoi senior de Moellan (France en juillet 2018), deux tournois des jeunes à Lorient (France), puis sur ses terres le Championnat national minimes avant de s’incliner en finale dans la catégorie senior en août 2018.
Vainqueur du Championnat ITF/CAT Zone Afrique de l’Ouest et du Centre à Lomé (14 ans) en janvier 2019, elle a également contribué à hisser le drapeau du Bénin à la première place qualificative pour le Championnat d’Afrique par pays, en gagnant tous ses matchs de simple et de double. Ce qui fait dire à Claude Tohouessou, entraîneur fédéral de la Fbt que « Gloriana est une fille qui a de l’avenir. Elle se bat beaucoup. Elle a donné la chance au Bénin d’être à nouveau qualifié ». Elle s’est par la suite classée 7e au circuit ITF/CAT organisé au Caire (Egypte) en février 2019 sur terre battue, une surface qu’elle a encore du mal à apprivoiser.
Toutefois, elle a vite retrouvé ses aptitudes sur surface dure, et survolé le Tournoi ITF/CAT Minimes qui s’est déroulé à Lomé (Togo) en mars/avril 2019. Elle en reviendra avec 4 médailles, dont une en or et trois en argent, en dépit d’une blessure au genou contractée lors de cette étape.
Avec une moyenne de six heures d’entraînement par semaine alors que ses pairs y consacrent le même temps tous les jours, la jeune joueuse est largement en deçà du rythme de travail au haut niveau. Alliant sport et études sans être soumise à un système d’entraînement et de compétition formel et cohérent, elle rêve d’intégrer un centre d’excellence dédié au tennis pour améliorer sa marge de progression et son jeu sur terre battue.
« Gloriana pourrait partir dans un centre, mais elle est encore trop jeune. Avec un volume plus important d’entraînement, surtout sur terre battue, elle pourrait s’améliorer plus rapidement », soutient sa mère.
Bien qu’il lui arrive de s’absenter pendant des jours du fait de sa participation aux tournois organisés hors du Bénin, Gloriana Nahum n’a aucun mal à s’imposer en classe une fois revenue au bercail. Toujours première de sa classe depuis qu’elle s’est lancée dans le tennis, elle encourage ses parents à la soutenir dans sa voie. « Les parents ont l’habitude de prioriser les résultats des enfants à l’école au détriment des activités sportives. Le cas de Gloriana nous amène à encourager les parents à faire cette expérience », note Sandra Guézo-Mévo Nahum ?
Kokouvi EKLOU