Gestion des déchets pneumatiques: De fortes actions de valorisation et de protection de l’environnement

Par Alexis Meton,

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En se fixant pour credo « les ordures sont les ors durs», Jérémie Gbègniho œuvre pour la protection de l’environnement à travers la valorisation des déchets. Grâce à une technique de recyclage, il donne une seconde vie aux pneus, bouteilles et sachets en plastique qui polluent l’environnement.

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Après une formation initiée par l’Organisation non gouvernementale Nature tropicale à laquelle il a pris part en 2006, Jérémie Gbègniho découvre sa vocation de spécialiste et de citoyen engagé dans la protection de l’environnement. Ladite formation portait sur une initiative dénommée graine du futur qui consiste à faire séjourner les jeunes dans la forêt pour prendre contact et communiquer avec la nature et à se faire former sur les connaissances endogènes au service de la protection de la nature. Une sorte d’éducation environnementale par expérience qui a déchaîné sa passion pour la cause environnementale. Il a initié en 2015, un programme de création de dix mille emplois verts en Afrique basés uniquement sur la valorisation des déchets. Après la mobilisation des jeunes dans sept pays de la sous-région qui ont adhéré à la cause de la protection de l’environnement au départ, d’autres pays se sont intéressés à l’initiative et actuellement elle s’est étendue à vingt-cinq pays qui ont fini par fonder en 2015 l’Union africaine des ambassadeurs du climat dont Jérémie Gbègniho est le président.
Selon ses explications, l’objectif est de mettre en place un programme dans chacun des pays africains qui puisse se focaliser sur la valorisation des déchets et la création d’emplois verts. « Au début, nous avions commencé par la transformation des pneus pour en fabriquer des guéridons et des sièges. Par la suite, nous avons œuvré pour transformation des sachets plastiques pour en fabriquer des pavés plastiques. Les jeunes étaient beaucoup plus exposés à la fumée des sachets brûlés et du coup l’initiative n’a pas été promue par manque de matériels adéquats », informe-t-il. Les techniques de fabrication ont été donc améliorées et il parvient à réaliser des poufs de grande valeur faits avec des matériaux de qualité, qui peuvent retrouver leur place dans les palaces.

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Aujourd’hui, avec des sachets et des bouteilles plastiques recyclés, Jérémie G. fabrique des poufs, des divans, des tables de nuit, des tables à manger, des murs de séparation, des divans à dossiers et bien d’autres objets de décoration qu’il offre aux connaissances et aux personnalités pour en apprécier la qualité. « Jusque-là, je ne vends aucun produit, j’en donne juste aux connaissances pour apprécier la résistance de la matière », a-t-il souligné. Ainsi donc, à base des pneus, il fabrique des guéridons de qualité exceptionnelle, tout en protégeant l’environnement. Le procédé a l’avantage de libérer l’environnement des polluants. « Dans chaque bouteille en plastique, nous essayons d’emprisonner des centaines de sachets plastiques qui ne constituent rien en matière de poids. C’est une manière pour nous de débarrasser l’environnement de tous ces sachets plastiques qui le polluent », confie Jérémie Gbègniho.

Satisfaction

Si Jérémie Gbègniho n’est pas prêt à abandonner l’activité, il estime qu’elle le rend utile à la vie, à l’environnement. Et pour cause. Pour fabriquer un pouf, il faut utiliser environ deux kilogrammes de sachets plastiques et un minimum de 48 bouteilles en plastique de 0,5 litre de contenance. On imagine bien le nombre de sachets que cela représente. Pour un salon complet par exemple, cela varie entre 450 et 577 bouteilles en plastique et près de sept kilogrammes de sachets plastiques. « Au total, nous avons 1377 bouteilles en plastique pour fabriquer un salon de cinq places et environ vingt kilos de sachets plastiques. « Même celui qui investit de l’argent à acheter un objet qui dégorge l’environnement des déchets plastiques doit en être fier », a-t-il ajouté avant d’affirmer qu’en matière de lutte contre la pollution, il ressent une grande satisfaction. « Ce qui me réjouit, c’est quand je réunis des déchets et que j’arrive à leur donner une beauté, une grandeur », laisse-t-il entendre.
De cette expérience, le président de l’Union africaine des ambassadeurs du climat retient que le secteur porteur d’emploi en Afrique est la valorisation des sachets et des objets en plastique usagés qui courent les rues et qui représentent un véritable danger pour l’environnement et le climat. Ces objets polluants sont pour la plupart à la base de nombreux maux qui minent la santé des populations, d’après lui. Pour parvenir à débarrasser l’environnement de ces déchets, il a fait savoir que lorsqu’il y a un projet de fabrication, son équipe et lui lancent une campagne de collecte de bouteilles et de sachets en plastique. Le défi actuel pour une production à grande échelle est son combat pour la mobilisation de ressources pour créer un grand centre intelligent de valorisation des déchets plastiques. « Je sais que, ce faisant, nous pouvons créer de milliers d’emplois et des milliards de richesse pour notre pays », envisage-t-il. Dès lors, chaque citoyen devra savoir qu’il a un rôle à jouer dans la protection de l’environnement et éviter d’y jeter des objets polluants.