Gado Guidami, maire de Malanville:« Tant qu’il y a la stabilité, les efforts se poursuivront »

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Située à environ 732 km de Cotonou, la commune de Malanville est confrontée à divers défis de développement. Installé à la tête du Conseil communal à la faveur des élections communales et municipales du 17 mai 2020, Gado Guidami, nouveau maire, et son équipe veulent parer au plus pressé.

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La Nation : Quel est le visage de la commune de Malanville aujourd’hui ?

Gado Guidami : Malanville est un grand pôle d’activités économiques. Si la commune n’a pas évolué de façon substantielle, elle n’a pas non plus reculé, parce que les activités artisanales et commerciales se déroulent normalement en dehors des dernières inondations qui engendrent des perturbations. Nous surmontons ces difficultés grâce au soutien du président de la République, Patrice Talon. Après les inondations, la commune va se sentir davantage mieux.

Le 9 octobre 2020 marquait vos 120 premiers jours à la tête de l’administration communale. Que retenir en termes de bilan ?

Depuis quatre mois, beaucoup de choses ont changé. Ça fait exactement quatre mois que nous avons pris les rênes de la commune. J’ai mis l’administration communale au travail. Il fallait faire un effort rapide pour mettre chaque agent au travail afin de combler les attentes des populations. Notre méthode et notre rigueur nous permettent d’obtenir des résultats. Aujourd’hui, les populations peuvent commander la légalisation d’une pièce et la retirer après 20 minutes maximum. Beaucoup d’autres innovations sont intervenues, notamment au niveau du suivi des projets.
La façon d’aborder l’exécution des projets a changé. Désormais, tous les projets gouvernementaux ou financés sur fonds propres de la mairie seront systématiquement suivis. L’animation des conseils d’arrondissement et de village est devenue réalité. Les chefs d’arrondissement et de village et les conseillers sont mis à contribution pour suivre l’évolution des activités sur l’étendue de leur village afin que les problèmes recensés puissent être remontés vers la mairie pour leur résolution. Chaque membre du conseil communal de Malanville, toutes tendances confondues, doit être mû par la prise en charge des besoins des populations et du développement communal. Aucun candidat de la mouvance ou de l’opposition n’a jamais battu campagne pour aller contre le progrès de sa localité. J’ai opté, dès le départ, pour un conseil communal apaisé, une gouvernance concertée afin que chaque agent puisse se sentir concerné par la gestion communale. Nous avons retrouvé l’harmonie. Tant que nous avons un conseil communal stable, les efforts se poursuivront.

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Quels sont les atouts de la commune ?
Malanville est une commune semi-rurale. La ville a un grand nom. Beaucoup de gens se pressent pour la découvrir. Je voudrais me focaliser sur son assainissement et sa modernisation. Je sollicite le gouvernement pour l’élaboration d’un plan spécial répondant à ces priorités. La commune abrite la Régie autonome de gestion du marché international de
Malanville (RAGeMIM), le 2e marché international du Bénin après celui de Dantokpa, certifié Iso. La modernisation de ce marché est un pilier important pour booster l’économie locale.
Il y a lieu de construire la route Guéné-Karimama. Le tiers de cette route se trouve dans la commune de Malanville. Cette partie est la plus dégradée en saison des pluies. Nous avons besoin de sortir la commune de son enclavement. En saison pluvieuse, cette route n’est pas praticable. Il importe que le gouvernement entende vite cette doléance. Il en est de même pour la réhabilitation de la route Beroubouy, Kandi, Malanville (pont Niger) avec double voie à partir de Bodjécali jusqu’au pont de Niger. Ces infrastructures routières permettront de tracer le passage des gros-porteurs et de rendre la circulation fluide. Malanville accueille pratiquement tous les camions en provenance de Cotonou pour l’hinterland. Ce qui crée l’embouteillage.

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Quelles actions envisagez-vous de mettre en œuvre pour satisfaire les besoins de base des populations ?

Sur le plan de la sécurité sociale, un effort est fait aujourd’hui pour juguler les violences et affrontements souvent meurtriers. Ces problèmes proviennent souvent de quelques hors-la-loi. C’est pourquoi, j’associe les élus locaux pour que chacun puisse prendre ses responsabilités sur le plan sécuritaire. Le budget de 2021 prendra en compte ces desiderata. Ce volet participe des grands besoins des populations, des grands défis que nous devons réaliser.

Les défis se limitent-ils aux questions sécuritaires ?

Notre priorité est de mettre tous les élus locaux en ordre de bataille pour un accueil favorable de l’actualisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Il y a eu des listes où les populations se trouvent à plus de 20 km de leur centre de vote. Il faut corriger cet état de choses. C’est urgent parce que cette opération ne dure que vingt-et-un jours pour compter du 1er octobre 2020. Il faut donc parer au plus pressé. L’autre urgence, c’est d’arriver à bout des inondations qui font beaucoup de sinistrés. Nous enregistrons actuellement plus de cinquante-six mille sinistrés logés dans neuf magasins au niveau de la commune de Malanville. D’autres ont été hébergés auprès de leurs parents dans certains villages.

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Quelle place accordez-vous aux jeunes et aux femmes dans le développement local ?

La jeunesse de Malanville est bien logée. Sur les vingt-neuf conseillers communaux, plus de la moitié est constituée des jeunes. Six conseillers sur onze du Bloc républicain ont moins de quarante ans. La représentativité des femmes est relative. La première adjointe au maire est une femme. C’est un exploit.