Forêt de la Lama: Magistrats et Forces de l’ordre imprégnés des efforts de l’Onab

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

  Rubriques: Société |   Commentaires: Aucun


L’Office national du bois (Onab) a organisé, jeudi 4 mars dernier, une visite guidée et de formation pratique des acteurs judiciaires, militaires et paramilitaires du ressort territorial des secteurs forestiers sous sa gestion.

LIRE AUSSI:  Nassirou Kassoumou, directeur de l’Observatoire de la famille, de la femme et de l’enfant: « Faire rayonner la culture à travers le respect des droits de l’enfant »

Faire toucher du doigt les difficultés auxquelles sont confrontés les agents des Eaux, Forêts et Chasse, tel est le but visé par les responsables de l’Onab en organisant à l’intention des directeurs départementaux de la Police républicaine, des présidents et procureurs des tribunaux de Djougou, d’Abomey, de Pobè et d’Allada une semaine d’immersion dans les forêts classées sous sa gestion. Ainsi, jeudi dernier, ces acteurs à divers niveaux ont eu droit à une visite guidée sur les ilots forestiers de Zalimey, secteur de Massi, dans la forêt classée de la Lama, commune de Zogbodomey où ils ont acquis de nouvelles connaissances. C’est une opération réalisée chaque année par l’Onab.
Daouda Takpara, directeur général de l’Onab, explique que l’initiative de faire connaître les forêts aux magistrats et aux éléments des Forces de l’ordre découle du constat selon lequel, les populations ne mettent pas la forêt à la place qu’il faut. D’une manière générale, fait noter le Dg Onab, « les gens massacrent l’arbre sans que personne ne les interpelle alors que si vous vous mettez à maltraiter un enfant tout le monde se dresse contre vous ». Autrement dit, précise-t-il, beaucoup ne savent pas que l’arbre a la même considération qu’un être humain.

LIRE AUSSI:  Lutte contre les braquages sur les routes: Les forces de sécurité réfléchissent à de nouvelles stratégies

C’est cet état de chose que l’Onab a voulu corriger en commençant par les hommes de droit. Ce séminaire de quatre jours leur a permis d’appréhender toute l’importance que revêt un arbre, l’implication des riverains dans la gestion et les moyens que l’Onab utilise pour assurer la pérennisation et la protection de la faune. Ceci, pour mieux apprécier les infractions relatives à la destruction de la forêt qui sont déférées devant leur cour.
Au cours de sa présentation, le capitaine Ibrahim Djakarou, chef unité gestion de la Lama, a retracé les grandes étapes qui ont marqué la vie de l’Onab. De 1946 à ce jour, l’office a connu des mutations en commençant par la mise en place des premières plantations en 1950, puis le départ des colons en 1969 avec le transfert des compétences aux locaux et la création de la Cénafor. En décembre 1983, l’Onab est né sur les cendres de la Cénafor pour prendre la relève. Un an plus tard, l’office s’est doté d’un schéma directeur qui lui a permis d’intensifier le reboisement grâce à la coopération allemande. En 1996, l’Onab a opté pour une gestion participative des forêts en réorganisant les riverains en Cogépaf. Ainsi, ils se sentent désormais impliqués en participant à toutes les activités sylvicoles de l’office.

LIRE AUSSI:  Répression des infractions économiques et du terrorisme: Une Cour spéciale en création au Parlement

En contrepartie, 15 000 habitants répartis dans 70 villages vivent des retombées des forêts de la Lama. Le directeur technique de l’office, Gauthier Ayélo, a pour sa part mis l’accent sur les dispositifs sécuritaires mis en place pour la surveillance des forêts qui s’étendent sur plus de 14 mille hectares, composées des zones de recasement, de plantation et de production des essences forestières.
A la suite des présentations, les hôtes de l’Onab ont eu droit à une visite guidée de la forêt devant leur permettre de comprendre davantage le processus d’exploitation du bois. Visiblement mieux imprégnés par ce qu’ils ont vu et entendu, Rogatien Glagladji et Justin Agassoussi Dossa, respectivement président et procureur du tribunal de Pobè, ont pris la résolution d’apporter leur accompagnement aux efforts faits en réprimant lorsque c’est nécessaire les infractions commises et dans le règlement transactionnel puisque la sanction, à elle seule, ne permet pas toujours de résoudre tous les problèmes.