Films « Africa Paradis » et « L’orage africain » de Sylvestre Amoussou: Prémonition de cinéaste ou rêve panafricaniste ?

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Etonnante situation que celle de l’Afrique qui parvient pour l’heure, grâce à ses mesures, à minimiser les effets du coronavirus sur sa population, pendant que l’Europe en paye le prix fort. Situation difficilement envisageable, mais qui est pourtant déjà passée sur grand écran à la faveur des films « Africa Paradis » et « L’orage africain, un continent sous influence», deux réalisations du Béninois Sylvestre Amoussou.

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Plusieurs analystes et même des études en conviennent. « Une mauvaise gestion de la situation du Covid-19 en Afrique pourrait entrainer un coût en vies humaines bien plus important que les pertes économiques ». Mais pour l’heure, il n’en est rien. Le continent noir parvient non seulement à contenir la propagation de la pandémie grâce à diverses mesures mais aussi éviter les géants foyers de contamination comme on en voit notamment en Europe. Cette image de l’Afrique qui résiste débout là où sombrent l’Asie, l’Europe et les Amériques ne passe pas inaperçue. Elle est d’ailleurs la principale raison pour laquelle beaucoup de spécialistes s’interrogent sur le sort des Africains face au coronavirus pour les mois à venir. Interrogation légitime quand on connait les conditions de vie dans les contrées africaines et surtout l’état du système sanitaire à peine équipé. Mais à y voir de près, l’Afrique pour une fois se tire d’affaire (du moins pour le moment) à l’heure où les grandes puissances semblent désarçonnées face à une pandémie qui fait parfois mille morts par jour.
« C’est le monde à l’envers. Cette situation a tout l’air d’un rêve », publie un internaute africain sur Twitter. Post largement relayé et commenté par de nombreux autres qui « saluent » unanimement « cette exception africaine » qui « doit se poursuivre ».

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Un visionnaire est passé par là !

Un autre Africain, sinon Béninois visionnaire selon les uns, rêveur selon les autres, avait déjà projeté cette image de l’Afrique des prouesses, à travers un « rêve» partagé à l’échelle mondiale par le septième art. On est encore bien loin de l’année 2033 que le réalisateur Sylvestre Amoussou entrevoit comme un paradis pour l’Afrique dans son film. L’Afrique El dorado à un moment où l’Europe est décimé et démuni avec un tas de misères. Son film Africa Paradis sorti en 2007 résume en partie la situation (sanitaire) actuelle. A l’heure de la pandémie du Covid-19, il est préférable de vivre en Afrique qu’ailleurs dans le monde où le mal fait des ravages et des centaines de morts chaque jour. Situation plutôt bien caricaturée par l’exemple des Italiens en
tourisme en Ethiopie qui auraient refusé de repartir dans leur pays malgré l’expiration de leurs visas.
Prémonition de cinéaste, rêve panafricaniste? Peut-être. Mais toujours est-il que Africa paradis peint par le réalisateur béninois s’illustre tout doucement. Il ne s’est pas limité à cela. Le dernier film du réalisateur béninois «L’orage africain » vient en rajouter aux commentaires en faveur de l’Afrique face au Covid-19. Rien d’étonnant quand on sait que le réalisateur béninois a toujours priorisé au cœur du cinéma une image positive de l’Afrique. « L’orage africain» a été vu par de nombreux observateurs comme le film qui « sort l’Afrique de l’influence occidentale », pendant que « Africa Paradis » traduit le rêve auquel le Covid-19 a donné un début de concrétisation. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles la 25e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) a consacré le cinéaste béninois avec le prix spécial de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, et l’Etalon d’Argent de Yennenga. Les intentions propulsées sur le grand écran, notamment dans le but d’aider les Africains à croire en eux et à penser une image plus positive de leur continent ont enfin leur raison d’être. Le Covid-19 leur en donne l’occasion. A travers le respect des gestes-barrières, de la distanciation sociale et autres instructions en vue de lutter contre le coronavirus, les Africains ont eu une chance de prouver qu’ils peuvent aussi tenir avec leurs moyens de bord, là où les systèmes sanitaires les plus sophistiqués sont éprouvés et sombrent