Feux tardifs de végétation dans le Borgou: Des sanctions à l’encontre des contrevenants

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Avec le vent sec de l’harmattan, la propension est à l’allumage des feux de végétation. Mais la période définie pour le faire dans les communes du Borgou ayant déjà expiré depuis décembre 2019, les contrevenants encourent désormais des sanctions.

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Dans le septentrion, la saison sèche bat son plein avec les feux de végétation. Pour éviter que ces derniers occasionnent des dégâts, le ministère du Cadre de vie et du Développement durable a mis une règlementation en place. Encourageant plutôt les feux de végétation précoces, il a fixé leur allumage sur le plan national entre le 15 octobre 2019 et le 15 janvier prochain. Dans le Borgou, c’est du 1er novembre au 31 décembre 2019, que ces feux ont été autorisés.
« Le Bénin disposant de plusieurs écosystèmes du nord au sud, cette période ne peut pas être la même », informe le commandant Théophile Sinandouwirou, chef de l’Inspection forestière du Borgou. Selon les départements, précise-t-il, l’arrêté N° 111/Mcvdd du 9 octobre 2019 pris par le ministre fixe les périodes qui sont indiquées et les modalités d’application des feux précoces de végétation.
Ainsi, les feux qui seront allumés à partir de janvier 2020 sont considérés comme tardifs. Leurs auteurs, insiste Théophile Sinandouwirou, seront punis selon les dispositions de la loi.
En cas d’allumage tardif des feux de végétation, clarifie l’officier des Eaux et Forêts, les auteurs peuvent se voir infliger une amende d’un montant de 50 000 à 500 000 F Cfa ou un emprisonnement de trois mois à trois ans. Mais si le feu a été allumé de façon volontaire, c’est la procédure criminelle qui sera enclenchée.
En effet, les feux précoces de végétation sont ceux allumés en début de saison sèche à titre préventif ou pour des raisons de sécurité, afin de protéger les différents biens, les habitats, les cultures, les plantations, les greniers. Pour d’autres, c’est afin de préparer les champs dans la perspective de la prochaine campagne agricole.
Puisque le combustible que constitue la végétation n’est pas complètement sec, ces feux sont de faible intensité. Dans l’agriculture et pour faire la chasse dans la plupart des localités notamment dans les communes du Borgou, leur allumage est une pratique qui date de plusieurs siècles.
Parlant de l’agriculture itinérante sur brulis, ces feux permettent de dégager la végétation pour installer de nouvelles cultures. Pour la chasse, c’est pour déloger le gibier et avoir accès aux terriers. Dans l’élevage, il s’agit d’améliorer la qualité et la gestion du pâturage.
Mais malheureusement, la manière dont ces feux sont allumés est parfois regrettable. C’est pour éviter les dégâts qui peuvent survenir, que la loi 93-009 portant régime des forêts en République du Bénin a prévu un certain nombre de dispositions à prendre, explique Théophile Sinandouwirou. Tel est le cas des pare-feu qui sont nécessaires, pour éviter que ces feux se propagent et fassent des dégâts.
Les feux tardifs, fait observer le chef de l’Inspection forestière du Borgou, ne sont pas sans conséquences sur le milieu où ils sont pratiqués. Ils sont, selon lui, à la base de l’érosion des sols. Ce qui provoque plus loin le comblement des cours d’eau. « Ils ont des inconvénients d’abord sur la diversité biologique du milieu. Vu leur intensité, ils ont également un impact sur les ligneux et ralentissent leur croissance ou les détruisent complètement », insiste-t-il. Par rapport au sol, poursuit-il, c’est toute sa végétation qui brûle en le laissant nu. Au total, ces feux produisent des effets sur la vie de la microfaune au niveau du sol.

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