Fête des religions traditionnelles:Prières pour la nation à Grand-Popo et Ouidah

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Les dignitaires et adeptes des cultes endogènes ont sacrifié, ce dimanche 10 janvier, à la tradition de la célébration des religions endogènes plus connue sous le nom de la fête du vodoun. A Grand-Popo et Ouidah, ils ont invoqué les divinités ‘’Ata’’ pour la paix, la concorde et la prospérité dans la nation.

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La Communauté nationale du culte Vodoun du Bénin (Cncvb-Racine) a tenu à marquer d’une pierre blanche l’édition 2021 de la fête des religions traditionnelles à Grand-Popo. Les manifestations se sont déroulées sous l’égide de sa majesté Adanyroh
Guèdèhounguè, président du creuset et en présence du député Dakpè Sossou représentant le président de la République, de sa majesté Togboui Fiti Adjonou Gaga venu du Ghana et bien d’autres.
Les dignitaires et adeptes ont prié pour la prospérité, la concorde et la paix, surtout en cette année électorale et également pour l’éradication de la pandémie de Covid-19.
Contrairement aux habitudes, les manifestations à la Place du 10 janvier n’ont pas connu une grande affluence encore moins l’ambiance surchauffée d’antan. L’accès au site a été bloqué à 500 mètres du site de commémoration par les agents de la Police républicaine et du Groupement des sapeurs-pompiers qui tenaient à faire respecter les mesures de restrictions dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus. Les adeptes, par dizaines, sont stoppés dans leur élan, non sans rechigner. Force est de constater que peu d’entre eux portaient les masques. La distanciation sociale, ils n’en ont cure.
Comme à Grand-Popo, la sobriété a été de mise à Ouidah. La fête du vodoun est marquée dans la cité des Kpassè par une célébration fort simple à la Porte du Non-retour. Le grand monde n’était pas au rendez-vous comme autrefois.
Les touristes, notamment les descendants de noirs qui saisissaient l’occasion pour effectuer le retour à la source, sont peu visibles. Conséquence, les tenanciers des commerces occasionnels se plaignent de mévente. C’est le cas de Raouf, un vendeur de masques et de sculptures venu du Togo, qui dit n’avoir pas cédé le moindre objet d’art de toute la journée.

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Divinités honorées

Malgré tout, les divinités ont été honorées dans les temples. Au palais Dagbo Dèhouè Aglanmètoka au quartier Sogbadji ou chez Hounnon Gan Houndékon Tougan Zossoungbo de la divinité Thron Kpéto déka Alafia, quelques manifestations ont été organisées pour marquer les festivités.
Un festival Vodoun est proposé pour faire découvrir ou redécouvrir un pan du riche patrimoine vodoun mais aussi et surtout de l’histoire de la Traite noire transatlantique. C’était l’occasion pour certains de visiter le centre historique et les maisons coloniales à architecture portugaise, anglaise et française et les quatre kilomètres de la Route des esclaves toujours non revêtue et, qui relie la ville à la Place du Non-retour au bord de l’Océan, en passant par la Place Chacha de sélection des esclaves, l’arbre de l’oubli, le village de Zoungbodji, les cases Zomaï, le cimetière, l’arbre de retour, etc. L’ancien fort de la traite des nègres devenu musée historique et qui abrite des clichés et objets ainsi que des images des rituels vodouns, rappelle le commerce triangulaire.
En marge des festivités, l’association Super Anges Hwendonabua a également initié le festival « Agogo » qui est à sa douzième édition, au Théâtre de verdure au Fort français de Ouidah, sous la direction artistique du maître chorégraphe Coffi Adolphe Alladé.