Festivités plombées par la morosité économique à Abomey et Bohicon

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

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Comme dans les grandes villes du pays, Bohicon et Abomey partagent aussi l’effervescence des fêtes de fin d’année. Certes, loin de l’ambiance festive des grandes villes, les populations de ces villes sont rentrées à leur manière de plain-pied dans les fêtes. Hier jeudi 25 décembre, c’était la Nativité et bientôt, dans une semaine, ce sera la saint Sylvestre, le nouvel an. Festivités tout de même plombées par la morosité économique qui force les uns et les autres à embrasser l’austérité.

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Pétards, lumières, guirlandes électriques, prières, musique, danse, boissons…, ce sont là les éléments de l’ambiance qui a régné dans la nuit du mercredi du réveillon à hier jeudi 25 décembre, jour de la célébration même de la Nativité dans la ville de Bohicon à d’Abomey. Certaines artères de Bohicon et d’Abomey ont aussi fait leur toilette comme c’est le cas en de pareilles circonstances pour accueillir les festivités de fin d’année. Des infrastructures publiques telles les rebords de routes et certains symboles comme ce carrefour Zakpo ont reçu des coups de pinceaux afin de changer de couleurs. Mais ayant très peu d’éclairage public, les rues n’ont pas été autrement décorées comme c’est le cas ailleurs.

Rues en effervescence

Mais ceci n’a pas empêché que les rues connaissent d’inhabituels mouvements d’hommes et de femmes venus des villages environnants tels Djidja, Agbangnizoun, Za-kpota, Setto, Dan, Zogbodomey…., pour faire des achats de fête dans la grande ville carrefour qu’est Bohicon. Et un seul marché est indiqué à cet effet, celui de Bohicon. Pour la circonstance, les quelques mètres de routes goudronnée ou ce qu’il en reste et passant devant ce marché, devenait difficile d’accès à des moments de forte affluence. Pareil pour les guichets des agences des banques présentes dans les environs. Elles sont pleines à refouler du monde surtout avec les difficultés relatives à la connexion Internet.
Puis, un tour dans le marché, et les bonnes dames se plaignent de la morosité économique ambiante qui cause la mévente tandis que les acheteurs, quant à eux, se plaignent de la cherté des produits, donc de la cherté de la vie par ces temps de conjoncture. Ainsi, revendeurs et acheteurs sont tous, à raison ou à tort, plaintifs. Difficile alors de prendre des jouets d’un certain standing pour les enfants, prendre des vêtements de choix et même les repas de fête désirés.
Par ailleurs, c’est une situation rêvée pour les vendeurs et des produits factices, périmés et impropres à la consommation de faire les affaires. Profiter de la morosité pour servir des produits impropres à la consommation aux acheteurs sans grands moyens. C’est bien connu, la période des fêtes est le moment privilégié de faire de bonnes affaires, à la fois pour les commerçants et pour les consommateurs. liqueurs, pâtes alimentaires, conserves, diverses boissons et autres, tout y passe ! Certains produits douteux se font aussi une place dans les allées des marchés, surtout en liquidation ou en solde spéciale fête. Face à ces offres à bas prix, nombre de clients n’ont pas d’autres choix que de réajuster rapidement leurs envies ou leurs besoins en fonction des coûts sur le marché.

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Magie de Noël difficile

Tant pis si le père Noël a bien vieilli ces temps-ci ! C’est dire que certains ont bien du mal à perpétuer la magie de Noël face à la morosité qui impose la stricte simplicité. Il y a de quoi s’en remettre alors à la divine providence. Surtout que les rues n’accueillent plus leurs ambiances d’antan.
C’est ainsi que dès la nuit tombée, du mercredi 24 décembre à hier jeudi matin, de Lissèzoun à Houawé-Wassao en passant par Hêzounho, Adagamè et à Agbangon, les foules de croyants ont pris d’assaut les différentes chapelles. Catholiques, protestants, célestes ou évangélistes, chacun dans son temple pour prendre part à la Nativité. C’est le minuit chrétien. Pour cette nuit de la Nativité, les célébrations œcuméniques ont été des moments de communion, de prise de conscience et surtout de prières.
Au même moment, bien d’autres qui n’étaient dans les églises ont choisi de s’éclater dans les bars ou à des spectacles artistiques. Faire couler l’alcool, c’est aussi cela la fête à l’occasion.
Les plus jeunes, en mal de sensations fortes, préfèrent les bruits assourdissants. Cachés dans les coins obscurs des quartiers avec en mains des pétards allumés qu’ils jettent sur les routes ou dans les concessions, ils jubilent tout heureux d’apporter leur “mélodie” bruyante à la fête. Et cela va durer jusqu’au petit matin d’hier.
Il faut remarquer aussi que la période de fêtes de fin d’année est l’occasion attendue dans la ville d’Abomey et environs par bon nombre pour prendre ce qu’ils appellent le bain annuel “Houéhou”. Les adeptes des croyances endogènes saisissent la même occasion pour ces bains mystiques qui se font dans la nuit profonde sur les grands carrefours. Ainsi, au petit matin, c’est fréquent de retrouver sur les grandes artères les traces de ces mixtures ainsi que des éponges ayant servi à faire ces sortes de bain rituéliques. Des pratiques qui permettraient de se purifier et de prendre un nouveau départ à l’orée de la nouvelle année. C’est aussi cela la fête, ici chez nous !