Festival international de Porto-Novo: L’utilité du vodoun Ogou au cœur d’un colloque scientifique

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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« Ogou/Gou, l’emblème de l’innovation et de la technologie de la constellation des vodoun : pistes de réflexion et épistémologie pour un développement durable au XXIe siècle ». Tel est le thème autour duquel s’est ouvert ce lundi, le colloque scientifique du Festival international de Porto-Novo (Fip). Les travaux qui durent deux jours, se déroulent à l’Ecole du patrimoine africain (Epa) à Porto-Novo. Ils réunissent un aréopage professeurs d’université, de chercheurs, sociologues, anthropologues, métaphysiciens, des acteurs culturels et autres gardiens des traditions ancestrales. Des délégations sont venues également de l’étranger notamment de la France, du Togo et du Niger. Tous ces participants partagent leurs connaissances et expériences sur la divinité Ogou qui est au cœur de cette thématique. Le colloque est attendu pour clarifier la période d’apparition du dieu Ogou et le rôle fondamental de l’homme noir dans la technoculture du fer. Autrement dit, il s’agira de chercher à quel moment intervient le dieu Ogou et à travers cette recherche, de montrer le rôle de l’homme noir dans l’évolution des « techniques de fabrication du fer » et dans le « travail du fer ». Le colloque scientifique a aussi pour mission d’examiner, dans leurs généralités, les formes et représentations du dieu Ogou dans le panthéon vodoun, les signes de Fâ en relation avec le dieu Ogou et, enfin, l’apport ou la contribution du travail du fer aux différentes révolutions industrielles et technologiques.
Pour le maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou qui a officiellement lancé le colloque scientifique, le choix de ce thème n’est pas anodin. Il répond, selon lui, à un triple objectif. Il s’agit d’abord de travailler à reprendre de manière critique les connaissances et savoir-faire ancestraux du panthéon vodoun/orisha, ensuite de promouvoir la réappropriation et la réhabilitation de ces arts et cultures pour les générations actuelle et futures.

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Halte aux préjugés !

Le troisième et dernier objectif, poursuit l’édile de Porto-Novo, est de travailler au renouveau de ces arts et cultures et à leur mise en perspective, au service du développement socioéconomique et du bien-être durable de l’humanité tout entière. Car, à en croire le maire, le vodoun Ogou n’est pas une histoire inventée. Il a été le cœur de toutes les innovations du monde en dépit des préjugés qui le classent dans la négativité. La divinité Ogou, loin d’être le dieu de la guerre, a été plutôt le symbole de l’avancée technologique à travers la métallurgie du fer en Afrique des millénaires, insiste le maire de Porto-Novo. C’est pourquoi, il invite tous les acteurs à s’engager pour la restauration des cultures et de la civilisation africaines. Lesquelles ont été désacralisées entre autres par la colonisation alors qu’elles ont contribué au développement des peuples étrangers, observe-t-il.
Mais le maire de Porto-Novo pense que l’espoir de la renaissance et du renouveau de la culture africaine est permis avec la mobilisation et les engagements qui se notent ça et là en Afrique en général et au Bénin en particulier. « Je sais d’ores et déjà que les sommités rassemblées ici et qui sont plus au fait des recherches que moi, nous aideront à réhabiliter non seulement nos divinités mais aussi à mettre la lumière sur l’essor technologique de l’Afrique retardé par les deux fléaux humains les plus dévastateurs du continent à savoir la traite des esclaves et la colonisation », espère Emmanuel Zossou. Pour leur part, le président du comité scientifique du colloque, Bienvenu Koudjo, et le directeur départemental chargé de la Culture de l’Ouémé, Félicien Hounkarin, ont aussi salué la pertinence de ce thème qui cadre bien avec le Programme d’action du gouvernement (Pag) à travers le volet de la promotion et de la valorisation du patrimoine culturel et cultuel du Bénin.