Fatima Kouchekeho: Vocation, vendre le Bénin par la chanson

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Son single «Totché» s’est révélé comme une ode pour le tourisme béninois. Elle y vante son pays, ses atouts, son art culinaire… Morceau révélateur d’une chanteuse qui se veut elle-même une ambassadrice du tourisme national.

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« Mon pays est magnifique. On y mange bien. On y vit bien. Il est admirable, avec ses atouts, ses attraits, sa beauté. Ses habitants sont beaux, bons, adorables… ». Le single Totché (Mon pays) de Fatima Kouchekeho, Faty de son nom d’artiste vante et vend le Bénin. L’artiste magnifie et louange le jadis quartier latin de l’Afrique qu’elle affiche comme un havre de paix, un asile de bonheur où règnent belle vie et bonne ambiance. « Sais-tu que mon pays est magique ? », chante-t-elle aussi. Le morceau doit sa composition à l’expérience de sa génitrice. Faty est née et a grandi en Côte d’Ivoire. Elle a connu le pays de Houphouët, avant les tragiques évènements qui ont mis à mal sa paix légendaire.
A cela s’ajoutent les autres foyers de tension qui couvent dans la sous-région pendant que le Bénin s’impose comme un pays de tranquillité. Elle a donc entrepris, selon son témoignage, d’inviter les Béninois à préserver cette paix et à la consolider. Le meilleur moyen trouvé pour y parvenir, confie souriante la jeune artiste, c’est de leur faire toucher du doigt les atouts et la beauté du pays.
La chanson « Totché » est ainsi née ! Depuis 2014, elle a fait le tour du Bénin et de l’Afrique. Bien d’autres pays du monde ont aussi goûté aux délices de cette composition vue par certains comme Symphorose Soton, Béninoise de la diaspora comme « l’hymne du tourisme béninois ». En Italie où elle vit et travaille depuis plus de 10 ans, « Totché » est devenu pour elle « le principal moyen de penser au pays et de se sentir fière de son origine », confie-t-elle. Depuis ses vacances de 2015 où elle a découvert ce morceau, elle l’écoute au quotidien.
« Je ne m’attendais pas à cet accueil si chaleureux. C’était ma première expérience. J’étais choriste pour plusieurs artistes béninois et de la sous-région avant. Le single a été très bien accueilli. Ce n’est pas évident qu’une première sortie soit autant appréciée, même au-delà du Bénin. Je prends cela comme une grâce. Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais je suis déjà assez contente du début », confesse de son côté l’artiste.
Des succès, cette composition en a connus. Quatre prix au total lui ont été décernés depuis 2014 où le single est sorti. Parmi eux, les prestigieux prix « Meilleur vidéo de l’année 2014 de Bénin Top 10 », « Meilleur artiste 2014 du prix Icône Africa », « Meilleur artiste espoir 2014 de Bénin Top 10 ». Mais ce n’est pas tout. A l’occasion de la cérémonie officielle d’ouverture de la dernière édition du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb), le très réputé metteur en scène Dine Alougbine surfe également sur cette chanson. La chorégraphie de fin de scène de sa mise en scène, avec des dizaines d’artistes est faite sur Totché. Faty était de la partie. La parade fut belle, impressionnante et le morceau rythmait sous le stand-ovation du public qui ne pouvait s’empêcher de danser, de célébrer le génie artistique du Bénin. Pour la jeune et séduisante linguiste de formation dont l’imposante allure renvoie à l’image des amazones du Danxomè, c’était un gain de plus.

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Très engagée pour le Bénin

La musique de Faty ne se limitera pas à « Totché ». Les merveilles du Bénin, elle n’a pas fini de les chanter. Ce n’est donc pas exclu que d’ici là, elle revienne sous les feux de la rampe, avec un autre son, qui parle du Bénin.
« On ne force pas l’inspiration. Dès que j’aurai une nouvelle chanson pour le Bénin, je m’empresserai de le faire. Totché est une inspiration. Si une autre inspiration me vient, c’est avec fierté que je vais sortir d’autres chansons pour le Bénin », explique Faty. « Ma vocation, c’est la valorisation du Bénin », s’engage-t-elle aussi. Laquelle vocation elle accomplit à travers par le chant. « La musique est le chemin de mon accomplissement. C’est en chantant que je me sens près des autres. Je m’exprime, je parle de moi, des autres. La musique, c’est mon moi. A travers cette musique, je voudrais partager le quotidien de tout le monde », assure l’artiste.
Mais Faty ne sait pas que louanger les atouts de son pays. L’injustice, elle voudrait la dénoncer aussi à travers son art. Il faudra donc y compter pour ses prochaines sorties discographiques. La jeune artiste qui fait dans l’afro-rock avec diverses subtilités acoustiques chante prioritairement en langues nationales. Elle se donne pour sujets la femme, l’espoir, la vie, le travail, la cohésion sociale… et tous autres thèmes qui touchent au quotidien. Et si elle a choisi la musique, c’est parce que, dit-elle : « C’est le principal moyen pour moi de m’exprimer. Pour moi, la musique permet de toucher plus rapidement le cœur des gens ».
Son art, Faty compte le mettre au service de son pays. Son diplôme de maîtrise en didactique des langues obtenu en 2010 peut donc attendre. Pour l’instant, l’auteur de « Totché » et de « Nyonatché » (ces deux singles) est calée musique. Elle veut y faire carrière. Début 2018, son premier album sera sur le marché, plein de surprises, mais surtout valorisant le Bénin. « Je ne compte pas faire marche arrière. J’ai une lourde tâche et je n’ai pas encore atteint mon objectif. Ma carrière est entamée et je compte la poursuivre. C’est toute ma vie, c’est toute mon énergie », s’engage par ailleurs Fatima Kouchekeho?