Exposition «Etat d’esprit» à la Médiathèque des diasporas: Des œuvres engagées pour sensibiliser les jeunes

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Charles d’Almeida alias Dal-c, jeune plasticien, présente ses œuvres à la Médiathèque des diasporas. L’exposition donne l’occasion de découvrir un artiste au futur prometteur qui s’exprime à travers des couleurs, ses émotions et des réalités de son temps.

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Les œuvres de Charles d’Almeida alias Dal-c s’apparentent à première vue à un travail de récupération. Le jeune artiste donne l’impression de faire de l’assemblage. Il faut donc voir ses œuvres de plus près pour constater qu’il s’agit d’une identité artistique en pleine construction. Il fait le choix des couleurs vives, les manipule à sa guise. Ses mélanges sont excessifs, mais tout aussi expressifs. En fait, c’est un jeune pinceau qui s’exprime derrière des images et des formes qui portent bien de messages.

On reconnaît un travail de passionné. Une envie de s’exprimer à travers des bouches ouvertes çà et là sur plusieurs de ses tableaux. Sa technique est mixte et il oscille entre tableaux, sculptures et installations. Ses sculptures présentent de jeunes personnages identifiables à leurs paires de baskets, vieux jeans et dreadlocks. En réalité, tout le travail de ce jeune artiste renvoie à la jeunesse dont il peint les envies, les mots, les maux, les cris, les angoisses, les joies et sans doute les peines aussi. Mode de vie, faux amis, harcèlement sexuel, solidarité… constituent quelques-uns des titres de l’exposition qu’il présente depuis quelques jours à Cotonou. Autant l’exposition donne à découvrir son talent en pleine émulation, autant elle permet de se rendre à l’évidence que Charles d’Almeida est un artiste de talent, malgré son jeune âge. Il a en effet vu le jour en 1993 et est titulaire d’une Licence en technique commerciale et marketing de l’Ecole nationale d’économie appliquée et de management (Eneam).
« Dans cet univers où chacun apporte ses valeurs et normes, certains fanatiques refusent de faire preuve d’ouverture d’esprit et d’accepter leurs contemporains avec ce qu’ils ont de positif de leur culture. Cette intolérance est dénoncée par le travail que je développe », soutient l’artiste. Il se voit comme un défenseur de la mise en valeur des identités culturelles de chaque peuple. Pour lui, la protection d’un aspect d’une valeur culturelle ne doit pas constituer un frein à la compréhension et à l’acceptation d’une variance contraire. « Je défends la complémentarité des cultures », relève-t-il. Cette exposition est d’ailleurs intitulée “Etat d’esprit” et d’après son géniteur, il n’est rien d’autre qu’un cri d’alarme « pour dénoncer quelques travers qui sont justifiés par quelques esprits malins sous prétexte de respect d’une certaine norme désuète ».

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Découvrir un jeune artiste

La posture de l’artiste ne s’éloigne pas trop des impressions qui se dégagent de son œuvre. Blaise Tchétchao, directeur des Arts et du Livre, fait partie des premiers visiteurs. « Je suis venu découvrir un jeune artiste. J’ai visité les œuvres et j’en ai profité pour encourager l’artiste parce que ce genre d’initiative doit être soutenu », laisse entendre cet homme averti du milieu des arts dont le souhait est que le public vienne voir son travail et lui apporte des critiques pour l’aider à s’améliorer et à grandir. « Pour ce qui est du regard critique que je porte sur son travail, je dois dire qu’il a réalisé des œuvres qui parlent. Il exprime des choses qui touchent à la jeunesse comme la délinquance, la violence… Il exprime aussi ce que pensent les jeunes de certains faits sociaux. Ce sont des tableaux qui poussent à la conscientisation et je peux dire que je commence à identifier la signature de l’artiste »,
relate le visiteur quelque peu satisfait. Jules Koukpodé, commissaire d’exposition, acteur introduit dans le milieu des arts plastiques le crédite lui aussi d’un avenir radieux. L’envie d’apprendre, l’humilité, l’ouverture d’esprit constituent des qualités de Charles d’Almeida alias Dal-c. Lesquelles devraient l’amener à aller à l’école des grands pour peaufiner, parfaire et polir son art et son œuvre.