Entretien avec Edouard Wallace, ancien conseiller à l’Arcep-Bénin: « La qualité des communications passera par une meilleure gouvernance »

Par Kokouvi EKLOU,

  Rubriques: Société |   Commentaires: Aucun


Dix ans déjà que l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep-Bénin) exerce dans l’intérêt des utilisateurs des services de ce secteur. Une mission qu’évoque, à travers cet entretien, Edouard Wallace, socio-anthropologue, communicateur, ancien conseiller auprès de cet organisme qui veille également sur la qualité des offres faites par les différents opérateurs aux consommateurs.

LIRE AUSSI:  Droit des personnes handicapées en détention: Les acteurs pénitentiaires sensibilisés sur la problématique

En tant qu’ancien conseiller à l’Arcep, quel sens donnez-vous à la mission de cet organisme face aux droits des consommateurs de services de communications électroniques notamment ceux liés aux opérateurs GSM ?

Edouard Wallace : La mission de l’Arcep-Bénin quant à la promotion des droits du consommateur des communications électroniques et de la poste est fixée par la loi n°2014-14 du 9 juillet 2014 relative aux communications électroniques et à la poste en République du Bénin. Il s’agit notamment de « veiller à protéger les droits et intérêts des utilisateurs des services de communications électroniques et de la poste ».
Pour ce faire, le régulateur s’est doté, au plan stratégique, d’une commission technique spécialisée (Ctp) destinée aux consommateurs et au plan opérationnel, d’une direction des Affaires juridiques et des Relations avec les consommateurs (Dajrc) dont dépend le service Relation avec les consommateurs (Src). Il a enfin noué un accord de partenariat avec huit associations de consommateurs du secteur avec qui il développe des projets d’intéret commun.

LIRE AUSSI:  Pour le viol reproché à Koffi Abraham Agbossou et Armel Agbessi (27e dossier): Les accusés absents, le dossier renvoyé à une autre session

Quel est l’intérêt à réguler le secteur des télécommunications ?

La régulation du secteur est un véritable défi pour les acteurs concernés, qu’ils soient acteurs gouvernementaux, opérateurs de téléphonie mobile ou associations de consommateurs. Elle est importante pour préserver les droits des acteurs du marché, garantir leurs intérêts, veiller aux règles de libre concurrence, éviter la défaillance du marché, protéger les droits du consommateur et assurer la continuité du service aux consommateurs.
La régulation des communications électroniques consiste à assurer le respect de la réglementation par les opérateurs de réseaux et les fournisseurs de service du secteur des communications électroniques. Elle est du ressort d’une autorité de régulation qui doit être strictement indépendante de toute influence des entreprises dont elle doit réguler le fonctionnement, et qui doit être autonome par rapport au Gouvernement pour éviter des conflits d’intérêt par rapport à la mission de cette autorité.
Les sanctions infligées aux opérateurs GSM en ce qui concerne la qualité des services fournis aux consommateurs participent-elles à l’assainissement des pratiques et par conséquent à la satisfaction de la clientèle ?
Vous posez une double question. Les sanctions en elles-mêmes ne sont en rien des solutions au défi actuel du secteur, celui de la qualité de service. Elle sert à renflouer les caisses de l’Etat.
La satisfaction des utilisateurs passe plutôt par : la qualité du réseau de l’opérateur, l’accessibilité économique et géographique aux produits et services, des paramètres propres à chaque utilisateur, tels que les performances de son terminal, le contrat qu’il a choisi auprès de son opérateur, sa situation (à l’extérieur ou à l’intérieur d’un bâtiment, en situation statique ou en mouvement à plus ou moins grande vitesse, etc.), sa localisation par rapport aux stations de base du réseau ou encore du nombre d’utilisateurs dans le réseau. La question de l’homologation des terminaux agréés est cruciale ici et devra trouver une réponse idoine avec le régulateur.

LIRE AUSSI:  Projet Bénin Taxi: 250 nouveaux conducteurs en formation

Ces sanctions ne renflouent-elles pas plus les caisses du Trésor public qu’à faire le bonheur des consommateurs ?

Cela est évident. Le renflouement des caisses de l’Etat par les sanctions infligées aux opérateurs de téléphonie mobile ne règle pas les problèmes du consommateur, notamment celle de la qualité de service.
La qualité de service dans le secteur passera par une meilleure gouvernance, une bonne tenue des opérateurs de téléphonie mobile, une veille permanente des organisations de la société civile au sujet des offres et stratégies commerciales des opérateurs GSM et une bonne tenue du consommateur sur le marché?