Enfant et malnutrition: Un frein au développement

Par Désiré GBODOUGBE,

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A l’antipode d’une alimentation saine, la malnutrition est une alimentation mal équilibrée avec son corollaire de maladies diverses. Pour avoir l’énergie nécessaire afin de mener ses activités et contribuer au développement de sa localité, il est beaucoup plus recommandé d’observer une alimentation saine. Comment peut-on manger sainement ?

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« Nous ne mangeons pas bien», déplore Joseph D. Hessou, coordonnateur national du Core Group de nutrition du Bénin. Il en veut pour preuve des statistiques très alarmantes au Bénin. Le taux de nutrition révèle qu’environ 43% des enfants de moins de 5 ans au Bénin souffrent de malnutrition chronique. À cet âge, précise-t-il, la sous-nutrition réduit fortement les chances de survie de l’enfant, tout en affectant à long terme sa santé et son développement intellectuel. Un retard de croissance à ce moment clé peut provoquer des lésions cérébrales irréversibles et des maladies, comme la cécité due à la carence en vitamine A ou des malformations du tube neural par manque d’acide folique. Il est associé à de mauvaises performances scolaires et plus tard à des revenus faibles. Les enfants concernés courent, en outre, une fois adultes, le risque de devenir obèses ou de souffrir de maladies chroniques.

Impact sur la société

Au-delà, poursuit Joseph D. Hessou, la malnutrition a un impact sur la société toute entière. Elle entrave la productivité et la croissance économique des pays concernés. En plus il faut tenir compte non seulement de l’ampleur de la carence mais aussi de l’excès des hypertensions artérielles, du diabète et des autres formes de malnutrition.
Joseph D. Hessou en déduit qu’une portion importante de la population béninoise ne mange pas bien. Pour lui, c’est parce qu’on ne mange pas quantitativement et qualitativement bien que se développent des problèmes de santé.
Moins visible que les épisodes de famine qui frappent régulièrement les pays d’Afrique, la malnutrition chronique a des conséquences tout aussi dramatiques, mais aussi plus durables, pour les enfants qui la subissent. Ce fléau, que les spécialistes nomment la «faim cachée», est un facteur majeur de mortalité infantile, de maladie et de handicap.
Pour le coordonnateur national du Core Group de nutrition du Bénin, les causes immédiates de la malnutrition se traduisent par l’inadéquation de la ration alimentaire et la maladie. Leur interaction tend à créer un cercle vicieux. Elles peuvent être génétiques, métaboliques ou environnementales. Il faut aussi comprendre, insiste-t-il, que la malnutrition est en fait le résultat de toute une combinaison de facteurs sous-jacents parmi lesquels figu-
rent : la famine et les guerres, la sécurité alimentaire insuffisante au niveau du foyer, le manque d’accès à l’eau et à un environnement satisfaisant, la mauvaise qualité ou l’inaccessibilité aux services de santé, et l’inadéquation des soins aux mères et aux enfants

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Une alimentation saine

Une alimentation saine est nécessaire pour le corps humain. La nourriture est essentielle au corps pour développer, remplacer et réparer les cellules et les tissus. Elle l’est aussi pour produire l’énergie utilisée pour ne pas avoir froid, pour bouger et travailler; mener à bien les processus chimiques tels que la digestion des aliments; se protéger, résister et lutter contre les infections et guérir de la maladie.
La nourriture est constituée de nutriments. Les micronutriments tels que les vitamines et les minéraux ne sont nécessaires qu’en petites quantités. Les macronutriments tels que les glucides, les protéines et les graisses sont nécessaires en plus grande quantité. L’organisme ne peut fonctionner correctement s’il manque d’un ou de plusieurs nutriments. Une alimentation saine et équilibrée apporte une bonne quantité et une variété d’aliments, sains et exempts de maladies et de substances dangereuses.
«Il vaut mieux prévenir que guérir», encourage Joseph D. Hessou. Plus tôt une personne commence à manger d’une manière saine et équilibrée, plus longtemps elle restera en bonne santé. Une fois qu’elle commence à maigrir, il est souvent plus difficile de reprendre du poids à cause de la fatigue et du manque d’appétit.
Tous les médecins et nutritionnistes s’accordent aujourd’hui sur les bienfaits d’une bonne nutrition que l’on peut résumer par moins de produits raffinés, moins de produits transformés, moins de produits sucrés, moins de produits salés, moins de mauvais gras, sans oublier la réduction des plats industriels et des pesticides dans les aliments. Autrement dit, «bien se nourrir», c’est prendre véritablement son repas c’est-à-dire prendre le temps nécessaire pour mastiquer, afin de bien digérer mais aussi de mieux maîtriser sa prise de nourriture.