Elue juge à la Cour pénale internationale: Reine Alapini Gansou décerne la palme à la diplomatie béninoise

Par Didier Pascal DOGUE,

  Rubriques: Actualités |   Commentaires: Aucun


Après son élection, le 5 décembre dernier, à la Cour pénale internationale en tant que juge, Reine Alapini Gansou a rendu, ce mardi 12 décembre, une visite de courtoisie au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci.

LIRE AUSSI:  Second tour du scrutin présidentiel au Bénin: La Haac dévoile les conditions de déroulement du débat radiotélévisé

« La diplomatie béninoise me concernant a la palme d’or ». Ainsi s’est confiée, ce mardi 12 décembre, Reine S. Adélaïde Alapini Gansou élue le 5 décembre dernier en tant que juge à la Cour pénale internationale.
Le chemin a été long, poursuit-elle, expliquant que les tractations ont commencé depuis 2014. Pour elle, ces élections relèvent d’une grande diplomatie. Ce qui a requis un travail à la fois interne et externe, développe-t-elle. La preuve en est qu’il a fallu prendre des contacts avec l’Union africaine et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest pour la partition externe.
Au plan interne, à en croire Reine S. Adélaïde Alapini Gansou, depuis l’année dernière, les ministères des Affaires étrangères et de la Justice se sont mobilisés à cet effet. « Le président de la République, Patrice Talon, a accepté d’appuyer cette candidature. De sorte qu’avec une certaine coordination, les autres corps diplomatiques se sont activement impliqués pour qu’il en soit actuellement ainsi », souligne l’élue.
Le Bénin, par cette élection, gagne beaucoup de choses « étant donné que je suis une femme », estime-t-elle.
Juriste, avocate au barreau depuis 30 ans et avec son background assez large, elle soutient que le Bénin croit aux droits de l’Homme et en la justice internationale.
Sentiments de fierté que le Bénin compte une éminente juriste qui a réussi le tour de force de se faisant élire, se réjouit le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci, qui pense que c’était une audience préparatoire à celle que le chef de l’Etat voudra bien lui accorder dans les prochains jours. « Nous la perdons physiquement pour neuf ans mais elle représente une fierté pour le pays. C’est un bon cadeau de fin d’année et il n’est pas donné à quiconque veut accéder à un pareil poste de responsabilité. Car à y voir de près, c’est la persévérance, le professionnalisme, l’humilité et la compétence d’une dame qui ont ainsi payé », reconnaît le chef de la diplomatie béninoise.
« Ce sont des valeurs que notre gouvernement promeut ; c’est la confiance que le président de la République avait, qui a également abouti à ce plébiscite. Nous sommes tous fiers de ce résultat », relève le ministre des Affaires étrangères.
Pour aider l’heureuse élue à son nouveau poste, le Bénin doit continuer à bien se comporter dans le domaine du respect des droits de l’Homme, de la consolidation de l’Etat de droit, entrevoit Aurélien Agbénonci, de sorte qu’elle soit fière. « Si le Bénin est grand par la gestion des affaires publiques, si le Bénin respecte le droit international, le juge aura davantage d’autorité morale », conçoit Aurélien Agbénonci?

LIRE AUSSI:  Ministère de l'Economie numérique et de la Communication: Le Plan de travail annuel 2017 validé

Parcours exceptionnel !

L’élue de la Cpi a un parcours exceptionnel. Elle est présidente du groupe conjoint sur les procédures spéciales des Nations Unies et de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples, après y avoir occupé les fonctions de rapporteur spécial sur les défenseurs de droits de l’Homme. Elle a été également juge de la Cour permanente d’arbitrage des Nations Unies, membre de la commission internationale d’investigations des Nations Unies sur les violences post-électorales en Côte d’Ivoire et de la Commission d’enquête sur les violations des droits de l’Homme au Burundi, chef de la composante des observateurs des droits de l’Homme au Mali. Arbitre agréée, elle a présidé le comité technique pour l’amélioration des statuts et règlements intérieurs du Centre de conciliation, d’arbitrage et de médiation de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin.
Lauréate du prix des droits de l’Homme du Cinquantenaire des indépendances africaines en 2010, Reine S. Adélaïde Alapini Gansou âgée de 61 ans est avocate depuis 1996 et enseigne le droit depuis 2000. Elle est détentrice de deux diplômes de troisième cycle en droit de la Common Law à l’université de Lyon en 2007 et en droit politique de l’environnement des universités de Lomé, Maastricht et Bhoutan depuis 1999. Par ailleurs, elle est auteure et co-auteure de plusieurs publications en droit international et droits de l’Homme, droit commercial et des affaires?
D. P. D.