Egalité femmes-hommes: Accélération des progrès souhaitée

Par Collaboration extérieure,

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Selon un sondage international, mené entre juillet et août 2020, une majorité absolue de citoyens souhaite que leur gouvernement et le secteur privé agissent rapidement pour faire reculer les inégalités persistantes entre les sexes. L’étude dresse un état des lieux des expériences et des perceptions du public dans le domaine de l’égalité de genre.

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L’organisation mondiale Women Deliver et l’association française, Focus 2030, ont commandé un sondage international pour évaluer les perceptions citoyennes sur l’égalité femmes-hommes. L’évaluation a été effectuée dans 17 pays dont les habitants représentent la moitié de la population mondiale. Elle révèle que les femmes et les filles subissent de façon disproportionnée les conséquences de la pandémie de Covid-19 en matière de santé physique et mentale, mais aussi des impacts notables sur leurs perspectives professionnelles et économiques. La majeure partie des personnes interrogées, 80 % en moyenne, déclarent que l’égalité des sexes représente une priorité personnelle. Par ailleurs, 65 % estiment que leur gouvernement devrait en faire davantage pour promouvoir l’égalité dans leur pays.

Femmes davantage associées à la gestion de la crise sanitaire

Le sondage permet également de mesurer la manière dont la pandémie de la Covid-19 a affecté le quotidien, les moyens de subsistance et la santé mentale des personnes interrogées. Ainsi, 82 % des personnes interrogées reconnaissent l’importance d’impliquer les femmes dans tous les aspects des réponses à apporter à la crise sanitaire. Mais, si les femmes représentent 70 % des travailleurs en première ligne pendant cette difficile période, elles ne représentent actuellement que 24 % des décideurs chargés d’organiser les réponses pour faire face à la pandémie de Covid-19. Il est donc indispensable d’adopter une approche genrée en associant davantage les femmes aux réponses apportées à la crise sanitaire. L’impact est significatif sur les femmes, notamment âgées de 18 à 44 ans, qui s’avèrent être plus nombreuses que les hommes à déclarer avoir subi un stress émotionnel et à avoir fait face à une augmentation des tâches domestiques.
En moyenne, 57 % des femmes ont déclaré avoir subi une forme de discrimination fondée sur le genre au cours de leur vie. Les taux de discrimination les plus élevés ont été observés dans les pays à revenu intermédiaire comme le Kenya (83 %), l’Inde (81 %) et l’Afrique du Sud (72 %). Mettre fin aux violences basées sur le genre constitue la priorité majeure. Il s’agit notamment de lutter contre le harcèlement en ligne, les agressions sexuelles, les mariages forcés, le mariage des filles et les mutilations génitales féminines. Aux États-Unis, les répondants se déclarant noirs ou afro-américains sont moins nombreux à estimer que l’égalité des sexes a progressé au cours des 25 dernières années, par rapport aux répondants se déclarant blancs. Une telle différence n’a été observée dans aucun autre pays, pas même dans ceux ayant un passé documenté de discrimination raciale tels que l’Afrique du Sud.
Les jeunes de moins de 25 ans, les femmes en particulier, sont plus nombreux à attendre de leur gouvernement qu’il prenne des initiatives pour faire avancer l’égalité des sexes.

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Rassemblement mondial, présidé par Onu-Femmes

Les résultats de ce sondage ont été publiés deux mois avant le Forum Génération Égalité, rassemblement mondial pour l’égalité femmes-hommes, présidé par Onu Femmes et co-organisé par les gouvernements du Mexique et de la France. Ce forum sera inauguré à Mexico en mars. Le point d’orgue aura lieu à Paris en juin. Il offrira aux gouvernements, au secteur privé et à la société civile une occasion de s’engager à prendre des mesures ambitieuses et concrètes pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes.

En outre, il permettra d’encourager l’action politique et d’obtenir des engagements financiers pour la période 2021-2026 en faveur de mesures visant à faire progresser les droits et les opportunités des femmes dans le monde. En dépit de 26 ans de progrès depuis la Conférence mondiale sur les femmes de Pékin en 1995, aucun pays n’a pleinement respecté ses engagements en matière d’égalité des sexes. Plus de la moitié des filles et des femmes dans le monde, soit 2,1 milliards de personnes, vivent dans des pays qui ne sont pas en mesure d’atteindre des objectifs cruciaux en matière d’égalité des sexes d’ici 2030.

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Par Catherine Fiankan-Bokonga, Correspondante accréditée auprès de l’office des Nations Unies à Genève (Suisse)