Éditorial de Paul Amoussou: Talon, ce grand seigneur inconnu…

Par Paul AMOUSSOU,

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La démocratie n’est pas une déclamation, c’est un comportement et des actions qui vont avec. Aussi, qui est démocrate : celui qui prétend que la Constitution du 11 décembre 1990 en l’état était du « pur bonheur » ou celui qui porte le projet d’une réforme constitutionnelle, en l’occurrence le président Talon, tendant à notamment rendre la Cour suprême ou la Cour constitutionnelle à des collèges de magistrats et autres juristes ?

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Mais cette ambition de révision de la Constitution relève désormais de l’histoire, car le projet de réforme qui a abouti dernièrement n’a rien à voir avec celui initial, plus ambitieux, quand bien même ce dernier aura permis des avancées certaines. Au nombre de ces avancées, le parrainage, en raison de ce que cette disposition donne champ libre aux candidats dignes du nom, et non pas ces prétentieux pour ne pas dire ces plaisantins dont la candidature n’a de mérite que d’amuser la galerie. Toutes choses qui s’inscrivent aux antipodes de la transfiguration voulue, la transformation nécessaire du jeu politique national tiré désormais vers le haut grâce aux réformes politiques. D’où vient le débat tendant à remettre en cause une disposition dont la vertu apparait ainsi bien évidente ?
Il y a comme un procédé, disons bien établi désormais au Bénin, consistant pour certains à systématiquement remettre en cause les initiatives progressistes, pour peu qu’elles aient trait à la sphère politique, pour le plaisir, semble-t-il, de les remettre en cause et au nom du statu quo qui n’a pas conduit le pays au progrès, jusque-là. Notons que les secteurs de la santé, de l’éducation, de la magistrature, et même une certaine approche syndicale, ont connu des révolutions sans remise en cause des acteurs qui s’y sont adaptés sans autre forme de rébellion! Mais dès lors qu’il s’agit de réforme en politique, il s’en trouve toujours pour crier à ‘’l’exclusion’’, terme qui s’entend (ne nous-y trompons pas) dans l’acception de ceux qui agitent un tel épouvantail comme « difficile » pour eux, et par conséquent, parce qu’une disposition parait difficile pour une frange voire un groupuscule, il faut en faire ablation, la laisser tomber… ! L’intérêt général, n’est cependant pas la somme des intérêts personnels.
A ce manège, le plus étonnant si l’on ose dire, c’est la position adoptée par le président Talon lui-même, lui qui est pourtant jugé par ses détracteurs « d’autoritaire » voire même « d’autocrate » pour en fait qualifier la rigueur qui caractérise sa gouvernance. Il surprend bien souvent à se montrer grand seigneur, en lâchant du lest, en laissant tomber certaines de ses idées les plus progressistes, encourageant le Parlement et les acteurs de sa famille politique, à faire de sorte que chaque chapelle politique trouve du sien, trouve son compte dans les nouveaux dispositifs mis en place… En politique, on appelle cela de ‘’l’ouverture’’, une grandeur d’âme qui révèle l’homme d’Etat que recèle le président Talon et pour laquelle il a été si mal rétribué en retour, si ce n’est en monnaie de singe.

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