Éditorial de Paul Amoussou: Seul le tissu national est éternel !

Par Paul AMOUSSOU,

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Les procédés en politique ont pris des tournures insoupçonnées depuis peu au Bénin, du fait de certains acteurs qui ont opéré une dérive aux antipodes de l’Adn béninois. Et il convient de s’en inquiéter, au-delà d’une formelle interrogation discursive à ce propos.

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Des exemples concrets étayeront l’intérêt que revêt cette préoccupation : en 2001, Soglo et ses supporters avaient estimé que la victoire leur avait été volée, qu’il y a eu fraude, qu’il y a eu mascarade électorale, et l’ont fait savoir. Mais sans autres formes d’agissements. Ils se sont résolus à la légalité et ont dans leur coin rongé leur frein, sans plus. C’était raisonnable, car comme le dit l’autre, seul le Bénin est éternel ! L’exemple le plus poignant sur ce registre, c’est 2011 avec le fameux k.o jugé dolosif de Boni Yayi. L’ayant cause, Adrien Houngbédji l’a fait savoir afin qu’aucun doute ne subsiste à ce propos. Mais il n’a pas poussé le bouchon plus loin, en tout cas pas de façon à tirer sur la corde jusqu’à ne plus pouvoir, de sorte à rompre le pacte social, à déchirer le tissu républicain comme il a été donné de le constater en 2019 à l’occasion des législatives. C’était raisonnable de la part de l’homme d’Adjina qui a su faire honneur à l’homme de loi qu’il reste.
Après 2019, de sinistre mémoire, nous voilà avec un enjeu un cran au-dessus, avec la présidentielle à l’occasion de laquelle les mêmes recettes anxiogènes sont à nouveau priorisées par certains, en défiance une fois encore de la légalité. La loi est dure, mais c’est la loi. Certes, en politique on ne procède pas comme dans l’univers des Bisounours où tout le monde s’aime, tout le monde se fait des câlins !
Tous les coups sont permis, semble-t-il, dans l’arène politique. Mais dans la mesure du raisonnable, avec la légalité repérée à l’horizon à défaut qu’elle soit chevillée au corps comme l’exigent le bon sens et l’amour de la patrie. L’intolérance, en politique, vient de ce que l’on tire le drap vers soi, mordicus, alléguant que tout devrait se faire à son avantage sinon ça ne passe pas, voire ça casse ! Un nombrilisme, doublé d’un machiavélisme, savamment entretenu par certains acteurs politiques aujourd’hui, qui cachent bien leur opportunisme sous couvert d’une prétendue défense des intérêts du peuple martyrisé à les en croire, mais dont on sait qu’ils s’en soucient comme d’une guigne…

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