Éditorial de Paul Amoussou: L’enjeu !

Par Paul AMOUSSOU,

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Au nombre des indicateurs de performance d’une démocratie, tels que retenus par les organismes internationaux habilités, il y a la tenue régulière des élections, disons des élections statutaires, celles consacrées par la Constitution. Si l’on retient cela comme mesure de vitalité d’une démocratie, celle béninoise est sans doute l’une des plus vivaces.

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Certes, il est arrivé, pour des raisons de commodités, de décaler une élection ou de proroger un mandat comme celui des élus communaux ou récemment celui du chef de l’Etat, dans une optique d’efficience. Mais en définitive, le rendez-vous crucial de renouvellement des mandats électifs n’a jamais manqué de se tenir. C’est le cas avec le scrutin présidentiel de ce 11 avril. Pari tenu donc.
Mais de loin, l’enjeu de cette élection reste sa tenue. Il n’y avait pas certes péril, du point de vue des fondamentaux de la République, car toutes les institutions se sont tenues prêtes pour ledit scrutin. C’était compter sans des déterminants non conventionnels, qui sont d’ordre politique. Mais là encore, non pas ce qu’il y a de plus conventionnel en politique, car des défis sécuritaires, de déstabilisation du pays s’invitent dans l’enjeu électoral, et prennent la forme d’une menace, réelle, et de nature à perturber la tenue de l’élection présidentielle.

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On a pu noter cette forme inédite de menace dans le paysage politique béninois, qui a pris forme en 2019 lors des législatives. Elle s’est fait jour encore à travers les barrages sauvages de routes et la destruction de biens publics et privés par des individus dont le dessein n’est pas d’apporter, on s’en doute, la sérénité dans le pays et favoriser un scrutin en toute quiétude. Des mains invisibles et des visages qui se font découvrir à la lumière du jour, selon toute évidence, avaient intérêt à perturber l’élection présidentielle, empêcher la tenue du scrutin. La quête du chaos, par ces faits, était réelle. Mais il n’en sera rien en définitive, car ces manœuvres qui avaient tout l’air d’un piège pour amener les forces de défense et de sécurité à user de force, soit-elle en toute légitimité, afin d’avoir des prétextes pour davantage peindre le pays en noir, ont fait fiasco, face au professionnalisme desdites forces.

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Le Bénin peut se vanter d’avoir une intelligentsia à toute épreuve au service de la République au sein de ses forces de défense et de sécurité. Ainsi donc, le pari de la tenue de l’élection présidentielle fut gagné. Le mérite aussi au peuple béninois, qui a fait preuve de résilience, pour n’avoir pas cédé aux chants des sirènes, ceux invitant au chaos ! Une inconnue toutefois, reste le taux de participation, qui risque de subir le contrecoup de ce yoyo sécuritaire, des intimidations comme le souligne le premier magistrat du Bénin. Mais quoi qu’il en soit, la messe est dite, et il faut boire le calice jusqu’à la lie. Le seul fond qui vaille la peine, retenons-le, reste le pari du développement qui doit continuer à être relevé ! N’est-ce pas que le développement, ça y est ?