Éditorial de Paul Amoussou: Covid et vous, qui vous bernez…

Par Paul AMOUSSOU,

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Les tendances actuelles du Covid-19 en Afrique comme au Bénin sont relativement inquiétantes. Certes, selon les données de l’Oms, l’Afrique compte moins de trois millions de cas confirmés, soit moins que la France seule alors que l’Europe culmine à plus de 37 millions de cas confirmés et l’Amérique à plus de 49 millions de cas confirmés.

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De quoi conforter l’optimisme dans lequel baignent les Africains, persuadés de ce que la providence les a épargnés. Mais à la réflexion, il faut relativiser cet optimisme, car ces données ne reflètent pas la réalité, l’étendue de la pandémie en Afrique où l’on se fait si peu tester. Au Bénin encore, ils sont nombreux à ignorer que le test Covid-19 est gratuit sauf si vous le faites en préparation d’un voyage. Du reste, par un fatalisme consternant, le réflexe de se faire dépister n’est pas la chose la mieux partagée, y compris en cas de maux dont les symptômes ressemblent à ceux du mal dans l’air du (mauvais) temps.

Il n’empêche que par sa vigilance, le personnel soignant des formations sanitaires et cliniques envoie de plus en plus les patients se faire dépister au moindre soupçon. C’est admirable. Et surtout, cela permet de sauver des vies, en plus de révéler que le mal est bien présent et pénètre les communautés. Aussi, doit-on faire gaffe ! Et aujourd’hui encore plus, car la menace se contient dans les pays où le virus a flambé, surtout avec l’avènement du vaccin salvateur, tandis que le revers s’observe en Afrique où les décès connaissent aussi une tendance haussière.

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Mais comment raisonner ceux qui n’y croient pas, décidés à annihiler les efforts consentis par les autres pour parer à la menace ? Vous qui vous bernez, le masque au menton tel un collier de mauvais goût, pour faire bonne apparence. Vous qui vous bernez, le bien nommé cache-nez sur la bouche, le nez en l’air, croyant ainsi faire bonne mesure, vous convainquant à tort de vous protéger ainsi de ce satané virus. Vous qui vous plaignez de cet artifice étouffant. Vous qui êtes persuadés que d’être familiers à votre vis-à-vis, votre frère, votre ami de tous les jours, votre camarade de bureau, est gage de sûreté. Vous qui croyez que le virus prend une pause à l’instant où vous partagez un pot avec votre pote…