Economie circulaire en Afrique: Cinq domaines prometteurs à valoriser

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Le président de l'Association des maraîchers de Klouékanmè Justin Honfin

L’Alliance africaine pour l’économie circulaire (Acea) identifie, à travers un nouveau rapport publié mi-avril, cinq secteurs qui ont le plus grand potentiel pour stimuler l’économie sur le continent et favoriser une meilleure gestion des ressources.

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Les systèmes alimentaires, l’environnement bâti, la mode et le textile, l’électronique et l’emballage, sont les secteurs qui devraient concentrer le maximum des investissements pour stimuler l’économie circulaire sur le continent et favoriser une meilleure gestion des ressources. Selon le nouveau rapport de l’Alliance africaine pour l’économie circulaire (Acea), la tenue de ces « cinq grands paris » permettra aux pays africains d’atteindre des objectifs vitaux d’action climatique et de développement durable.

Ces domaines recèlent d’opportunités majeures pour en assurer la croissance économique, l’emploi et des résultats environnementaux positifs, selon le document. La mise en place des bonnes initiatives et politiques d’économie circulaire soutiendra également la reprise post-Covid-19 et déclenchera de nouvelles opportunités de marché.

En fait, des systèmes alimentaires adéquats aideront le continent à nourrir sa population sans cesse croissante tout en stimulant la croissance verte et l’emploi. L’importance d’une agriculture climato-intelligente s’avère dans un contexte de rareté des ressources (eau, énergie) et d’insécurité alimentaire exacerbée par la crise sanitaire et économique de Covid-19.

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Le travail de la terre contribue à environ 23 % du Produit intérieur brut (Pib) du continent et emploie près de 60 % de la population active. Un système alimentaire circulaire nécessite une utilisation plus efficace des ressources comme l’énergie et l’eau, une augmentation de la productivité, une réduction des pertes après récolte, une agro-transformation plus efficace, une amélioration de la gestion des déchets, indique l’Acea.

Pour ce qui est des emballages, le recyclage du plastique offre une opportunité immédiate pour une circularité accrue. En effet, la production d’emballages en plastique – dont la plupart sont utilisés une seule fois et sont non dégradables – a connu une flambée de 15 millions à 350 millions de tonnes au cours des 50 dernières années, entraînant une pollution massive par les déchets plastiques. Les solutions innovantes dans ce domaine favoriseront un environnement propice à la croissance verte et à l’emploi.

Préserver l’environnement

Seule une minorité d’Africains (30 %) peut se permettre de vivre dans des environnements bâtis formels, relève l’Acea. Un environnement bâti circulaire nécessite une conception améliorée et l’utilisation de matériaux recyclables pour construire des « bâtiments verts » suffisants en énergie et en eau et implantés dans un cadre approprié. Pour ce faire, l’Afrique a l’opportunité d’évoluer progressivement vers les matériaux de construction en bois massif de haute technologie.

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En électronique, le problème de gestion des déchets électroniques déversés sur le continent se pose avec acuité. Depuis 2014, ces déchets ont augmenté de 9,2 millions de tonnes, rappelle le rapport. Il importe donc d’investir dans des installations de recyclage et d’augmenter la responsabilité des producteurs pour améliorer les résultats dans le secteur. Une attention particulière devrait être également accordée à la conception de produits intelligents afin de réduire la consommation d’énergie et faciliter la réutilisation des composants des produits ainsi que la prolongation de leur durée de vie.

En ce qui concerne la mode et le textile, l’adoption de nouvelles technologies réduiront la pression sur l’environnement. Il est question de révolutionner le vêtement d’occasion et de privilégier l’utilisation du coton régénératif comme intrant dans la transformation sur place.

Quatre critères sont utilisés pour prioriser les domaines à valoriser : le potentiel de circularité (visant à éliminer les déchets et les émissions et limiter l’utilisation des ressources), l’importance économique (sur la base d’indicateurs clés), le potentiel d’impact transformateur (évaluant la capacité de socialisation positive et les résultats économiques) et l’élan (des progrès de l’économie circulaire).