Douze mois à la tête du Tourisme, de la Culture et des Arts: Jean-Michel Abimbola, un management centré sur les résultats

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Déjà un an que le ministre Jean-Michel Abimbola s’est vu confier les départements du Tourisme, de la Culture et des Arts par le chef de l’Etat. Douze mois après, les lignes ont bougé, reconnaissent à l’unanimité collaborateurs et acteurs du système. Le patron du Tourisme est crédité d’un management centré sur les résultats dont les fruits se font déjà sentir.

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Jean-Michel Abimbola a repris en main les départements du Tourisme, de la Culture et des Arts il y a un an. Tel un tresseur de corde, l’ancien-nouveau ministre de la Culture a poursuivi l’œuvre entamée par ses prédécesseurs, dans l’optique de faire aboutir les actions prévues dans le Programme d’action du gouvernement. A la différence de ceux qui l’ont précédé dans la charge, le ministre Abimbola fait montre d’un « management centré sur les résultats », témoigne son directeur adjoint de cabinet, Jacques Aguia Daho sur les ondes d’une radio privée de la place. Selon ce collaborateur, le ministre Abimbola a annoncé les couleurs de son style de management dès sa prise de fonction. Il a, dès son arrivée fait le point des actions de ses prédécesseurs. «Il a ensuite fait le point de ce qui est réalisé et de ce qui reste à faire avant de doter ses collaborateurs de lettres de mission », indique-t-il.
Mais ce qui le fascine, autant que les acteurs des secteurs du Tourisme, de la Culture et des Arts, c’est moins la personne du ministre. « Sa manière de faire bouger les lignes se passe de commentaire », laisse entendre un acteur culturel. Autre élément, le ministre a donné « du contenu suffisamment structuré» à chaque segment de son département. Il a agi pour la construction d’une meilleure destination Bénin, structurer le monde des artistes… En somme, « Jean-Michel Abimbola a créé une dynamique qui perpétue le tourisme, la culture et les arts comme filières économiques », souligne Jacques Aguia Daho. Selon lui, si tout pouvait plus ou moins bien aller avant l’ère Abimbola, il faut saluer le génie de ce dernier qui s’appuie aussi bien sur l’Agence nationale de la promotion des patrimoines et du développement touristique (Anpt) que sur des groupes ad hoc qui sont dans la chaîne.
« Nous n’avons pas de l’or, mais des choses intéressantes. Sur la base d’un agenda de 2016 à 2020, on est dans la dynamique de poursuivre l’œuvre de chacune des parties prenantes ».

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Des avancées significatives

Dire que Jean-Michel Abimbola réinvente la roue? Non. L’actuel ministre du Tourisme, ne fait qu’arrimer ses ambitions, du moins, les exigences du Programme d’action du gouvernement aux missions de son département ministériel. Lequel est chargé de la conception, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre de la politique de l’Etat en matière de tourisme, de la culture et des arts, conformément aux Conventions internationales, aux lois et règlements en vigueur. L’objectif ici, c’est d’améliorer la contribution des secteurs du tourisme, de la culture et des arts à l’économie nationale, d’accroitre et d’améliorer l’offre touristique, de renforcer les bases matérielles et immatérielles de la culture béninoise, de développer l’économie de la culture et des arts, de renforcer les capacités managériales des acteurs de la culture et des arts. Le ministère s’emploie aussi à renforcer les capacités institutionnelles et organisationnelles de ses acteurs, améliorer le processus de planification, de suivi et d’évaluation des programmes et projets et assurer la visibilité et la lisibilité de l’action du département.
Préoccupé par la réussite des grands projets de son département, le ministre Abimbola a posé des pas significatifs. L’inventaire général du patrimoine culturel national, le renforcement des capacités des professionnels du patrimoine culturel, la préservation et la mise en valeur du patrimoine culturel et du patrimoine naturel à caractère culturel notamment le site des palais royaux d’Abomey sur lequel planait la menace de déclassement sont autant d’actions significatives. Il y a aussi le démarrage imminent de la construction de quatre arènes culturelles, de la numérisation des bibliothèques et l’effectivité des classes culturelles. En un an, les acteurs culturels assurent bénéficier d’une oreille plus attentive et d’un large temps d’écoute. Cet appui et cet accompagnement institutionnel se traduisent déjà par certains projets. Il s’agit notamment de la bonification des crédits des projets culturels, la poursuite du financement des projets et initiatives culturels. La création de l’agence Galerie nationale et le lancement prochain du projet « Arts plastiques » sont également des projets phares qui témoignent de l’importance accordée à ce sous-secteur.

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Une dynamique nouvelle dans le secteur culturel

Le financement public de la culture a été révolutionné ces dernières années pour mettre fin au clientélisme et au copinage. Le mécanisme de financement public de la culture a subi sous l’impulsion du chef de l’Etat et à travers le Fonds des arts et de la culture, de profondes mutations. L’institution a connu un véritable changement au niveau de sa nature et son objet pour parvenir à son autonomie,
nécessaire pour sa dépolitisation.
A cela, il faut ajouter le chantier de restauration du statut des acteurs. Lancé depuis mars 2020, ce chantier consiste à mettre en place une véritable société civile culturelle organisée, unifiée et forte. Il s’agit d’identifier et enregistrer les Associations culturelles légalement constituées et opérationnelles et d’en constituer une base de données fiables. La mise en place du Conseil national des organisations d’artistes, la réorganisation de la délivrance de la licence de promoteur culturel, la modernisation des processus de gestion au Bureau béninois des droits d’auteur sont aussi cités en exemple. « Nous pouvons reconnaitre publiquement aujourd’hui que les réformes entreprises étaient absolument nécessaires pour le bien du secteur et le bien-être socio-économique de ses acteurs », précise Sènou Bokpè, promoteur culturel.
Ces avancées ont eu pour support un redressement au plan structurel. Le gouvernement fait désormais du tourisme un pôle important du développement à travers la création de l’Agence nationale pour le développement du tourisme. On devra aussi évoquer le processus de restitution des biens culturels détenus par la France, une des actions du chef de l’Etat au plan culturel. La création de la direction des Arts et du Livre, les chantiers d’Abomey, la Route de l’esclave, la route des Tata, la statue de l’amazone sans oublier les classes culturelles, un volet important du Programme d’action du gouvernement, permettent aujourd’hui d’entrevoir un avenir plus radieux avec en toile de fond, une création massive d’emplois.

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Grandes ambitions pour le tourisme

Sur le plan du tourisme, Jean-Michel Abimbola qui s’est approprié la vision du président Patrice Talon de faire du tourisme le deuxième pilier de développement socioéconomique après l’agriculture, s’est très tôt mis à l’œuvre. Le projet de reconstruction à l’identique de la Cité historique de Ouidah et la construction d’une Marina près de la porte du non-retour avec à la clé la réhabilitation du Fort portugais, la construction du musée international de la mémoire et de l’esclavage, l’aménagement d’une station balnéaire d’exception à Avlékété, la réinvention de la Cité lacustre de Ganvié, la construction du musée de l’épopée des Amazones et des rois du Dahomey et le développement du parc national de la Pendjari… témoignent de la grandeur des ambitions dans ce secteur dont le décollage se laisse déjà apprécier.
En attendant l’aboutissement de tous ces projets, l’équipe que conduit l’actuel ministre s’attèle à la finalisation des études techniques architecturale, muséographique et scénographique du Musée de l’épopée des amazones et des rois du Dahomey. La réalisation des travaux d’aménagement/réhabilitation des musées publics, places et sites touristiques à Allada, Bohicon, Natitingou, Nikki, Parakou, Kétou, Porto-Novo, Ouidah, la finalisation des études techniques du village de vacances de type club Med à Avlékété, l’aménagement des sites de l’itinéraire de la Route des couvents, la mise en place d’un mécanisme de promotion de la destination Bénin auprès du public nigérian, le renforcement de capacités des acteurs du tourisme (guides de tourisme, hôteliers, restaurateurs) peuvent être cités. On ne pourrait être exhaustif sur les avancées dans le secteur, mais il faut reconnaître que, depuis quatre ans, plus rien n’est comme avant. Et davantage, depuis un an, les lignes bougent.