Diabète: La prévention pour réduire les risques

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Véritable problème de santé publique, le diabète affecte de plus en plus de personnes aujourd’hui. Beaucoup en souffrent dans l’ignorance, s’exposant ainsi à de graves conséquences. La prévention en est une arme précieuse.

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Le diabète cause assez de dommages aujourd’hui. Enfants, jeunes ou adultes, tous y sont exposés. « Tout le monde peut en souffrir selon qu’on a des facteurs de risque ou non », explique Mirlène Tohi, interne en médecine au Cnhu.
Elle classe les types de diabètes en deux grands groupes: « Il y a le diabète insulino-dépendant appelé le diabète de type 1 et le non insulino-dépendant appelé diabète de type 2 ».
Les types de diabète varient en fonction de chaque catégorie de personnes et évoluent suivant les âges. « Le type 1 atteint généralement les populations jeunes et est diagnostiqué avant l’âge de 30 ans ; le type 2 touche 90 à 95 % des personnes diabétiques et est découvert entre 40, 50 ans et plus », explique-t-elle.
Selon elle, le diabète de type 2 est héréditaire. Le second facteur de risque concerne l’obésité et le surpoids. « 60 à 90 % des diabétiques de type 2 ont un surpoids ou sont obèses », développe-t-elle.
Pour prévenir le diabète, la sédentarité n’est pas un facteur à banaliser. « Si vous n’avez pas une activité physique régulière (30 minutes de sport par jour), vous êtes à risque de développer un diabète de type 2 », poursuit-elle. Les consommateurs de tabac et d’alcool doivent revoir leur dépendance à ces produits. Idem pour les personnes hypertendues à qui le médecin recommande beaucoup d’attention et une hygiène de vie.
L’une des mesures de prévention est liée à l’information sur la maladie. « Quand vous connaissez les facteurs de risques, il est facile d’agir sur eux en connaissance de cause », souligne-t-elle. Sur ce point, elle évoque la prévention primaire. « Elle consiste à adopter une bonne hygiène de vie, avoir une activité physique régulièrement, cinq fois par semaine, avoir une alimentation équilibrée avec l’aide des nutritionnistes ou des diététiciens, manger trois fois par jour et éviter le grignotage », recommande-t-elle.

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Mesures préventives

Pour Mirlène Tohi, dans le cadre de la prévention : « Il faut modérer la consommation de l’alcool, arrêter définitivement la consommation du tabac, contrôler son poids, en prenant régulièrement le tour de taille (il doit être inférieur à 90 cm pour la femme et inférieur à 100 cm pour l’homme), contrôler régulièrement la tension artérielle, éviter les boissons, les sucres rapides (soda) ».
Relativement à la prévention secondaire, elle insiste sur le dépistage systématique. «Que vous soyez exposé ou non aux facteurs de risques, le dépistage régulier est nécessaire, avec des contrôles réguliers annuels ou biannuels de la glycémie pour vous assurer de la normalité du taux». « Il faut au moins faire sa glycémie à jeun au moins une fois par an », insiste-t-elle.
425 millions de personnes seraient diabétiques dans le monde selon la Fédération internationale du Diabète qui estime que la moitié d’entre elles ignore la maladie.
Pour le Bénin « Sur dix ans, on note une augmentation de 1,3 % du taux de diabète dans le pays ». Cette hausse exponentielle prouve qu’il faut mettre en place des mesures pour prévenir la maladie en raison des «complications qui peuvent être mortelles, notamment les complications aigues comme les comas diabétiques acidocétosique ».
Selon l’interne en médecine au Cnhu, les complications chroniques atteignent les yeux, entraînent la rétinopathie diabétique qui peut conduire à la cécité et la neuropathie diabétique qui touche les nerfs. «Lorsque les nerfs sont atteints, cela crée une diminution de la sensibilité. Dans ce cas, les gens ont des plaies au pied et ne s’en rendent même pas compte. Quand ces plaies se nécrosent, elles conduisent à la gangrène », informe-t-elle.
Les complications sont également liées à la néphropathie diabétique. « Cela affecte les reins et conduit vers l’insuffisance rénale chronique terminale », précise-t-elle.
Le diabète est une maladie chronique, coûteuse et qui entraîne des complications générales. Il a pris tellement de l’ampleur, ces dernières années, que l’Organisation mondiale de la santé (Oms) a dédié la journée du 14 novembre pour informer et sensibiliser les populations aux risques auxquels elles sont exposées. Mais les acteurs de la santé ont encore du pain sur la planche pour faire comprendre à tous l’intérêt à prévenir cette maladie.