Développement des marchés financiers: Des efforts de modernisation du système envisagés

Par Kokouvi EKLOU,

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Au terme de deux jours d’échanges enrichissants, la première conférence du Programme conjoint de développement des marchés financiers (J-Cap) a clos ses travaux, mardi 11 février dernier à Abidjan.
Autorités et experts ont témoigné tout leur intérêt à voir le marché financier régional gagner en attractivité pour des investissements structurants au profit des populations.

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Ouverts, lundi 10 février dernier à Abidjan par le premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, les travaux de la première conférence du Programme conjoint de développement des marchés financiers (J-Cap) ont permis aux acteurs du marché financier régional de faire le point des évolutions et progrès enregistrés dans la zone Umoa ces dix dernières années. Les réformes impulsées à travers ledit programme ont favorisé une renaissance du marché des capitaux, véritable moteur de croissance des Etats de la sous-région. Des performances qui doivent être maintenues grâce aux efforts de modernisation du système financier que les autorités à divers niveaux se sont engagées à faire. Le marché financier devrait gagner en attractivité pour le développement des Etats. D’où l’urgence de poursuivre les réformes déjà engagées au profit du marché financier régional afin d’en faire un moyen de financement efficace.
Ces réformes, ont relevé les experts et autres décideurs invités à cette rencontre, devraient à ce titre toucher la fiscalité applicable aux valeurs mobilières dans les Etats membres de l’Umoa, la tarification du marché financier régional, l’éducation financière des populations, l’élargissement de la base des investisseurs et la diversification des produits financiers.
S’agissant du financement à long terme des économies de l’Union monétaire ouest-africaine, les participants à la J-Cap 2020 ont souligné la nécessité d’entreprendre des démarches en vue d’alléger les contraintes réglementaires applicables aux fonds de pension et aux compagnies d’assurances en termes d’investissement ainsi que la mise en place de clauses de défiscalisation favorisant les émissions obligataires.
Au titre de l’attractivité des émetteurs et de la liquidité du marché, il a été retenu de se mettre à niveau surtout en matière de communication financière, de transparence et de gouvernance. La question de l’accompagnement et de la sensibilisation des Petites et moyennes entreprises dans le processus d’admission à la cote de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) a été également évoquée.

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Des actions fortes attendues

Des échanges concernant le futur des marchés financiers, il ressort que l’usage des Fintech est une aubaine pour le marché et devrait permettre un essor remarquable et ambitieux à l’image du mobile money en vue de l’augmentation du taux d’épargne et de l’accroissement des investissements.
Il a été par ailleurs proposé de sensibiliser les Etats à recourir au marché financier régional dans le cadre de la privatisation des sociétés publiques.
Quant au secteur de l’immobilier et l’attractivité des émetteurs, il a été question d’encourager les acteurs à développer des instruments nouveaux tout en les entourant de prudence mais également de l’agilité nécessaire en vue des éventuels ajustements, de recourir à la finance verte comme source de financement de l’immobilier et de privilégier des secteurs non cycliques dans le cadre du financement de l’immobilier tout en les limitant dans un premier temps aux investisseurs qualifiés.
S’il s’entend que des avancées notables ont été enregistrées au niveau du marché financier régional qui a su s’accommoder avec les diverses variantes économiques, il est à reconnaître qu’il reste beaucoup à faire.
Tout ceci amène le Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers à définir au cours de cette année et à l’avenir des actions susceptibles de booster le marché des capitaux. Il s’agit entre autres, de finaliser avec l’assistance du Groupe de la Banque mondiale la proposition d’un cadre fiscal harmonisé au cours du troisième trimestre 2020 ; d’accélérer les réflexions sur la tarification applicable sur le marché financier régional en vue d’une revue en 2021 ; de lancer le programme d’éducation financière à l’endroit des investisseurs ; de mener des actions fortes à l’endroit du secteur privé notamment les compagnies d’assurance ; les Fonds de pension et les Caisses de dépôts et de consignation. Et aussi d’entreprendre des réflexions en vue d’un assouplissement des réglementations pour une meilleure contribution des Institutions au financement à long terme des infrastructures ; mettre en place le programme de certification des acteurs du marché et finaliser dans les meilleurs délais, le Fonds de protection des épargnants afin d’accroitre la robustesse et l’attractivité du marché financier régional.