Démarrage du carême catholique 2021: 40 jours de pénitence et de renaissance

Par Isidore Alexis GOZO ( Stag),

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Comme les fidèles catholiques du monde entier, ceux du Bénin entrent, ce mercredi 17 février dans le temps de carême. Une période de 40 jours de jeûne qui démarre avec l’imposition des cendres aux fidèles pour leur rappeler leur fragilité humaine mais surtout leur permettre d’adopter des comportements vertueux pour une véritable réconciliation avec Dieu.

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L’Eglise catholique romaine démarre le carême, ce mercredi 17 février. Dans ce cadre, les fidèles se feront imposer la cendre au front, à l’issue de la célébration eucharistique prévue à cet effet. Une célébration qui marque le début de 40 jours de relation personnelle avec Dieu. Ce temps de carême rappelle aussi aux fidèles les 40 années que le peuple d’Israël a passé dans le désert avant d’entrer sur la terre promise de même que les 40 jours passés au désert par le Christ pour triompher du mal.
Le père Hubert Kèdowidé, directeur diocésain de la Communication de l’archidiocèse de Cotonou, fait savoir que « Si très tôt les anciens ont introduit dans l’Ancien testament le rituel de la cendre, c’est parce qu’elle a une double combinaison du négatif et du positif ». Le négatif dans le sens où lorsque le feu ravage tout, il ne reste que la cendre.

Et le positif représente le terreau qui est une source de fertilité. Selon lui, la cendre est donc la conséquence de ce qui reste de tout ce qui est détruit. Ainsi, la cendre représente l’état de mort de quelque chose qui existait et en même temps, une source de résurrection de quelque chose qui va renaître, explique-t-il. Le péché a défiguré l’homme au point où il n’est plus à l’image ni à la ressemblance de Dieu. Hubert Kèdowidé affirme que l’homme se reconnaît dans cet anéantissement opéré par le mal et en même temps, il prend la décision de la conversion qui est source de fertilité nouvelle. « Lorsque nous commençons par le Mercredi des cendres le temps de carême qui est un temps de pénitence, nous recevons la cendre parce que nous reconnaissons notre fragilité, le rien que nous sommes pour espérer dans la miséricorde du Seigneur, une renaissance », ajoute-t-il. Selon lui, le temps de carême qui commence par le Mercredi des cendres va finir par la célébration de la Pâque qui est le lieu de la rédemption et de la résurrection de l’homme.

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« Lorsque nous partons du Mercredi des cendres jusqu’à la Pâque, on peut compter autour de 47 jours mais le temps de pénitence dure 40 jours au cours desquels le fidèle catholique fait pénitence tous les jours sauf le dimanche. D’ailleurs lorsqu’on pose la cendre sur ton front, le père dit : « Souviens-toi que tu es poussière et tu retourneras à la poussière » ou « Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle de Jésus-Christ ». Il complète que le temps de carême permet à tous les chrétiens de lutter contre le mal. De façon spécifique, ajoute-t-il, le temps de carême, c’est le temps qui rappelle à l’homme que le Christ est venu mourir pour lui afin de lui redonner la vie. C’est, à l’en croire, un temps de reconquête de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine, de l’unité sur la division.

Charité fraternelle

Le père Hubert Kedowidé indique que, de la même manière que le Christ a mené le combat spirituel pour demeurer fidèle à son père, les chrétiens sont appelés à mener ce même combat. Il souligne que ce combat passe essentiellement par trois choses à savoir le jeûne, la prière et l’aumône. Le jeûne, d’après lui, est le fait de se priver de tous les plaisirs pour permettre au corps de ne pas être assujetti aux choses terrestres. « Il faudrait que le corps puisse montrer que l’homme ne vit pas seulement de pain mais aussi de la parole de Dieu », dit-il.

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Ensuite, il met l’accent sur la prière qui est une manière de vivre en intimité avec le Seigneur et d’être dans le Seigneur. « Nous ne sommes que des instruments de Dieu et il faut demeurer dans l’intimité de Dieu pour être alimentés par Lui. La plus belle prière, c’est l’écoute de Dieu, ce qui nous permet d’élever nos voix d’espérance et de désespoir vers le Seigneur. Il faut en ce temps prier pour nous-mêmes, pour nos familles et pour nos ennemis afin de les transformer en amis, car seul le Seigneur est capable de transformer les cœurs de pierre en cœurs de chair », recommande-t-il. Enfin, il met l’accent sur le troisième pilier qui est l’aumône par le partage. Selon lui, tout peut passer sauf l’amour et le don de soi aux autres. Car, dit-il, ce temps est un temps où l’homme se prive de quelque chose pour que son prochain puisse bénéficier de sa charité fraternelle.