Décès d’Assa Cica: Triste fin pour un « Rossignol » de la chanson béninoise

Par Claude Urbain PLAGBETO,

  Rubriques: Culture |   Commentaires: Aucun


Guitariste, parolier, philosophe, Michel Agadja Kpodan plus connu sous le nom d’artiste d’Assa Cica a tiré sa révérence. Il est mort ce vendredi 22 mai au Cnhu Hubert Maga de Cotonou, des suites d’une longue maladie.

Vivant depuis un bon moment dans un dénuement total, ce grand chanteur a souffert du minimum vital, ces dernières années, et sa santé s’empirait sous le poids de l’âge.

Le Rossignol comme on appelait cette vedette de la chanson dahoméenne des années 70, 80 et 90 n’aura pas eu tout le soutien à la hauteur de son talent, de son œuvre ô combien grandiose. Même si un hommage lui a été rendu lors du Festival ‘’Hanlissa’’ de l’animateur Aubin Akpohounkè en 2017, aux côtés des artistes de sa génération comme Blucky d’Almeida, Denis Dakossi, Dassabouté, et autres, c’était trop peu suffisant pour un compositeur chanteur de sa trempe !

Très tôt, il a été confronté aux multitudes problèmes de la nature. Ses chansons essentiellement en fongbé relatent ses complaintes et les vicissitudes de la vie en général, à l’instar de « Tin man salé », « Aga ma gnon nu hêdé », « Akouè wèzon », « Vi djin vê », « Ataklé » et autres.

LIRE AUSSI:  Dans l’univers des groupes culturels de l’Atacora: Une variété de danses à sauvegarder

Sentimental, il a beaucoup chanté la beauté féminine, l’amour et tout ce qui va avec, à travers les titres « Ayato gan mè nou », « Yokpo wa non ha mi », « Ananu dokon nu », « Fofo n’do gbésiso », « Gnonnu tomê lin », « J’ai raison d’être amoureux ».

Et quand, par la force des choses, il s’est investi dans le gospel avec des chansons comme « Dêmin », « Aklunon », ce fut aussi un grand succès mais qui profitera très peu à l’artiste.

Funk, soul, reggae, highlife, Assa Cica se retrouvait à merveille dans les gammes diverses et les variétés musicales. Il a collaboré avec les grandes voix du Bénin, notamment celles de l’Orchestre Poly Rythmo de l’autre rossignol Eskill Lohento. Dans les années 80, il faisait partie de la crème de la chanson avec Sagbohan Danialou et un certain Miguelito. Les trois se retrouveront sur un même disque à succès dénommé « Le choc des trois étoiles ».

Assa Cica pourra désormais reposer en paix loin des tracas de ce monde ici-bas, pas toujours juste. L’artiste ne meurt pas. Ses œuvres le rendent immortel. Salut l’artiste !