Débat sur la transculturalité africaine: Œuvrer au bonheur de l’humanité à partir des valeurs écossaises

Par Josué F. MEHOUENOU,

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La transculturalité africaine au regard des valeurs écossaises a fait l’objet de discussions à Cotonou, à la faveur de la Conférence continentale des juridictions écossaises humanistes d’Afrique et de l’océan Indien. Occasion pour des leaders et autres intellectuels de se pencher sur la question et de partager les réflexions sur le sujet.

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De nombreux conférenciers ont porté des réflexions sur la culture et/ou la transculturalité africaine à l’occasion de la Conférence continentale des juridictions écossaises humanistes d’Afrique et de l’océan Indien. Le thème de la conférence est intitulé «L’avenir de la transculturalité au regard des valeurs écossaises : la spécificité africaine ». A l’occasion, il y a eu la communication sur le thème « Transculturalité et développement humain», assurée par Célestine Zanou, géographe agroéconomiste et consultante internationale, celle sur « Le dialogue des cultures au service de la paix » présentée par Nouréini Tidjani Serpos, sans oublier Rachida Ayari de Souza qui a planché sur le thème «Transculturalité et valeurs africaines ».
Mieux encore, on retiendra la présentation inaugurale du professeur Guy Ossito Midiohouan. Présentation qui, au-delà des explications et réflexions sur l’écossisme et ses spécificités, a fait également une place de choix à la culture. « Les Africains et les Noirs en général ont été si échaudés par le mot culture et ses dérivés qu’ils se montrent souvent fort méfiants quand ils l’entendent», soutient-il. Pour lui, en effet, c’est « au nom de la culture et plus précisément de manque de culture qu’on nous esclavagisa, qu’on nous colonisa et c’est toujours au nom de la culture aujourd’hui qu’on nous enfume avec la francophonie». Il ira plus loin, pour soutenir que c’est au nom de cette même culture qu’on conserve «la haute main sur notre monnaie et en nous concédant de temps en temps un peu d’argent de poche». Mais dans la logique du professeur Guy Ossito Midiohouan, on ne gagnerait rien à pleurer sur le lait renversé. C’est pourquoi, annonce-t-il fièrement: « le temps vient bientôt pour en finir avec cette arnaque». Il insiste sur le fait que « le mot n’a eu que des effets ravageurs» et constitue « le paravent trompeur de tous les coups tordus ». Mais il faut scruter plus positivement l’avenir, conseille-t-il. «Nous devons nous résoudre à tourner les pages sombres de notre histoire et saisir les mains tendues invitant à construire ensemble l’avenir », lance le conférencier. Et en cela, les valeurs écossaises prendront une part assez importante. «L’écossisme affirme l’universalisme de ses principes fondés sur un humanisme soucieux de placer l’être humain au centre de ses réflexions et de ses actions ainsi que sa volonté d’œuvrer sans relâche au bonheur de l’humanité et de réaliser son émancipation intellectuelle et morale », fait-il savoir.

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Rencontre des cultures

A l’instar de l’ancien président Nicéphore Soglo invité au colloque d’ouverture, le ministre en charge de la Culture y était aussi. Ce qui le fascine davantage, c’est bien le thème retenu pour cette conférence. Il salue le titre du colloque évocateur de l’humanisme et de l’universalité des valeurs véhiculées par les institutions de l’écossisme et qui trouve son fondement dans la rencontre des cultures. « Ce thème soulève beaucoup de problématiques dans l’environnement international actuel où les cultures se croisent et s’entrecroisent. Pour nous Africains, dont les pays foisonnent de langues, de coutumes et de religions, ce colloque est cardinal et enrichissant, car il s’agira du dialogue des cultures», reconnait-il. Aussi, soutient-il que la transversalité culturelle est l’une des données fondamentales du vécu des hommes, que l’on soit au Bénin ou ailleurs dans le monde. « L’élément déterminant dans l’affirmation de l’expression identitaire des sociétés, c’est le mode de vie, la manière spécifique d’être des hommes », argumente le ministre. Parler de transculturalité, c’est parler de la capacité des hommes et des femmes d’une communauté à utiliser la culture comme instrument de perméabilité, mais aussi une manière de jeter un pont entre soi et les autres, laisse-t-il entendre. Pour rappel, ce colloque qui entre en ligne de compte pour la Conférence continentale des juridictions écossaises humanistes d’Afrique et de l’océan Indien a été précédée de la réunion des grands commandeurs et grands chanceliers et du séminaire maçonnique.