« De la fourche à la fourchette »: Une approche novatrice pour les cantines scolaires

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Le projet d’alimentation scolaire Local and regional food aid procurement – Bénin / Bèsèn Diannou a abouti à des résultats qui témoignent de son efficacité auprès des communautés bénéficiaires. Son approche plutôt novatrice mérite d’être généralisée à tout le système d’alimentation scolaire pour consolider les acquis.

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Le succès majeur du projet Local and regional food aid procurement – Bénin / Bèsèn Diannou est d’avoir montré qu’il était possible d’acheter localement des vivres aux standards internationaux, pour alimenter convenablement les cantines scolaires. Au total, 165,9 tonnes de maïs, 136 tonnes de riz, 48 tonnes de niébé, 15 tonnes de beurre de karité ont servi à offrir des repas de qualité, nutritifs et culturellement appropriés, au profit de 13 991 écoliers, entre octobre 2018 et novembre 2019. Le projet Lrp/ Bèsèn Diannou a été mis en œuvre par Catholic Relief Services (Crs) dans les communes de Parakou, Tchaourou, N’dali et Pèrèrè.
Ce pari est gagné grâce à l’approche « De la fourche à la fourchette » qui a consisté à s’approvisionner en vivres auprès des coopératives de producteurs agricoles aussi proches que possible des écoles bénéficiaires. Ainsi, un repas fourni dans le cadre du projet coûte 25 F Cfa moins cher en comparaison d’un repas offert par le projet Mc Govern-Dole International Food for Education and Child Nutrition mis en œuvre par la même structure et basé sur les achats importés, informe Blandine Ekpodilè, directrice du projet. L’approche, souligne-t-elle, fait ainsi gagner environ trois mois dans le processus d’achat et de livraison de vivres, et environ deux semaines en comparaison de celle du Programme national d’alimentation scolaire intégrée (Pnasi).

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Avantages

Grâce à  ce projet, 914 producteurs de maïs, de niébé, de riz et de beurre de karité ont été formés aux techniques de production, de transformation, de stockage et de conservation, de warrantage, d’adaptation au changement climatique, avec l’implication de l’Union régionale des producteurs du Borgou-Alibori (Urp/BA). L’approche dite « De la fourche à la fourchette » ou « De la ferme à la fourchette » a le double avantage de permettre une alimentation de qualité et de promouvoir les produits et les mets locaux nutritifs auprès des jeunes apprenants. Elle élargit les débouchés économiques pour les producteurs agricoles locaux, renforce leurs compétences organisationnelles, en même temps qu’elle alimente l’esprit des jeunes enfants, fait remarquer Hruby Laura, chargée d’affaires par intérim à l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin.
Catholic Relief Services (Crs) a ainsi démontré, souligne-t-elle, à travers ce projet, qu’en respectant des normes élevées en matière de production et de stockage des aliments et en améliorant les pratiques commerciales simples, les agriculteurs béninois peuvent saisir de nouvelles opportunités économiques et améliorer leurs moyens de subsistance. « En une année, Crs nous a montré qu’il était possible, avec une bonne organisation, de nourrir nos enfants dans les écoles avec ce que nous produisons », témoigne Boukari Bassari, président du comité de gestion (Coges) de l’école Sinanimoin de Pèrèrè, rapporté par l’équipe du projet.

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Produits améliorés

Les produits provenant des coopératives ont systématiquement été testés par le Laboratoire central de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments  (Lcssa), pour s’assurer de leur conformité aux normes alimentaires internationales (Codex Alimentarius). Au-delà du fait qu’elle promeut le ‘’Consommons local’’, l’approche « De la fourche à la fourchette » a aidé à améliorer davantage les produits locaux béninois et à les rendre plus compétitifs sur le marché. Ce témoignage de Yô Yarou, dirigeant de la coopérative de riz Nongounira de Sakarou (N’dali), en est une illustration. « Notre riz est maintenant aussi soigné que le riz importé et les gens préfèrent le nôtre car il a meilleur goût », a laissé entendre le producteur.
Lady Sabi Méro, vendeuse et cliente de la coopérative Fédération à N’dali, confie : « J’avais l’habitude d’utiliser de l’huile importée pour faire frire mes beignets parce que le beurre de karité n’était pas propre et n’avait pas bon goût. Mais j’ai constaté que la qualité du beurre s’était considérablement améliorée et il restait moins cher que l’huile importée ». « La qualité de notre beurre s’est améliorée grâce aux tests de contrôle de qualité rigoureux de Crs et nous avons beaucoup plus de clients que d’habitude », confirme Awaou Broutani, présidente de ladite association.