Coups mortels et complicité de coups mortels : Guy, Florentin et Michel Sognigbé condamnés mais libres avec sursis

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Michel Sognigbé et ses neveux Guy et Florentin Sognigbé ont frôlé le retour en prison après plus de 15 ans de liberté provisoire dans une affaire de coups mortels et de complicité de coups mortels. Pour cette affaire, ils ont été incarcérés le 23 avril 1999. Les trois accusés ont été condamnés à 10 ans de réclusion criminelle dont cinq ans de sursis.

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L’affaire de coups mortels et de complicité de coups mortels impliquant les accusés Michel Sovi Sognigbé (64 ans aujourd’hui), Guy Gnambodè Sognigbé (40 ans) et Florentin Agossou Sognigbé (43 ans) a été vidée, jeudi 12 décembre dernier, par le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, statuant en matière criminelle. Ce dossier est le quatrième inscrit au rôle de la première session criminelle au titre de 2019 du tribunal. Les accusés qui jouissent d’une liberté provisoire depuis juin 2004 après cinq années de détention préventive sont désormais fixés sur le sort. Ils sont libres de leurs mouvements mais restent en sursis jusqu’en 2024. Puisqu’ils ont été condamnés à 10 ans de réclusion criminelle dont cinq ans de sursis.
Avant ce verdict, le tribunal a écouté les accusés qui ont déposé tour à tour à la barre. Chacun d’eux a tenté d’expliquer ne pas être l’auteur des coups mortels portés à Augustin Kinkpo.
Michel Sognigbé par qui le drame est survenu, reconnait s’être bagarré avec la victime avant d’être séparé par un de ses oncles maternels. Rentré chez lui, il dit ignorer ce qui s’est passé par la suite pour qu’Augustin Kinkpo décède. Les sieurs Guy Sognigbé et Florentin Sognigbé, neveux de Michel Sognigbé, à qui il est reproché d’être venus en renfort pour venger leur oncle reconnaissent leur présence effective sur les lieux mais pas pour une quelconque vengeance. Mieux, ils disent n’avoir pas porté de coups à la victime. Pour eux, ce sont plutôt les habitants du quartier qui ont violenté la victime cette nuit du vendredi 16 avril 1999. Celle-ci est décédée des suites des coups encaissés.
Ces dépositions n’ont pas du tout convaincu le ministère public représenté par Raymond Codjo Godémin, procureur de la République par intérim près le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo. Il démontre que les trois accusés à la barre sont pénalement responsables de la mort d’Augustin Kinkpo. Le ministère public requiert la disqualification du crime de coups mortels mis à la charge de Michel Sognigbé et sa requalification en infraction de complicité de coups mortels. Il requiert contre chacun des trois accusés la peine de 15 ans de réclusion criminelle dont 10 ans de sursis.
Mes Jean-Claude Gbogblénou, Yaya Pognon et Natacha Balley commis d’office pour assurer respectivement la défense de Michel Sognigbé, Guy Sognigbé et Florentin Sognigbé ont plaidé l’acquittement pur et simple de leurs clients pour défaut d’élément matériel. Pour les avocats, les accusés ne sont pénalement responsables de rien dans ce drame. Michel Sognigbé n’était pas présent sur les lieux du crime au moment où les coups ont été mortellement portés à la victime. Les deux autres, Guy Sognigbé et Florentin Sognigbé étaient sur les lieux mais n’ont pas pris part aux bagarres, martèlent les conseils.
Le tribunal, dans son verdict, déclare Guy Sognigbé et Florentin Sognigbé coupables des faits de coups mortels et Michel Sognigbé de complicité de coups mortels, faits prévus et punis par les articles 22, 23 et 509 alinéa 5 du Code pénal. Les trois accusés ont été reconnus par le tribunal de céans coupables d’avoir volontairement porté des coups à Augustin Kinkpo. Lesquels coups ont fait des blessures qui ont occasionné la mort de la victime. Elvis Kinkpo, fils unique du défunt, ne s’est pas constitué partie civile.

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Les faits

Surpris en flagrant délit d’adultère avec l’épouse du sieur Augustin Kinkpo, le nommé Michel Sovi Sognigbé a été interdit d’accès à la maison de sa famille maternelle au quartier Vèkpa à Porto-Novo. Quatorze années plus tard et plus précisément courant avril 1999, Michel Sovi Sognigbé a commencé à passer outre cette interdiction en rendant visite à sa mère malade qui l’aurait invité et à qui il devrait remettre des médicaments. Ce comportement finit par engendrer entre lui et Augustin Kinkpo une bagarre, pour la première fois, le mercredi 14 avril 1999. Une nouvelle visite de sa part dans ladite maison familiale le vendredi 16 avril 1999 a encore occasionné une nouvelle bagarre, toujours entre les deux. Mais cette fois-ci, informé, quelques minutes plus tard de cette nouvelle bagarre et pour venger leur oncle Michel Sovi Sognigbé, les nommés Guy Sognigbé et Florentin Sognigbé ont organisé une expédition punitive au domicile d’Augustin Kinkpo. Ils ont porté des coups et fait des blessures aux habitants de la maison dont notamment Augustin Kinkpo grièvement blessé. Ce dernier est décédé des suites des coups reçus.

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Composition du tribunal

Président : Issoudine Ibrahim
Assesseurs : Justin Dossa Agassounon, Mathieu Kakpo, Hervé Gnansounou et Jacob Fidégnon
Ministère public : Raymond Codjo Godémin
Greffier : Bernard Zinhowèmèdé