Coups mortels: Cinq ans de réclusion criminelle pour Dotia et Sambo Bio

Par Didier Pascal DOGUE,

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Statuant mercredi 17 février sur les cas de Dotia Bio et Sambo Bio poursuivis pour coups mortels, le tribunal de première instance de deuxième classe de Natitingou les a condamnés à cinq ans de réclusion criminelle, après les avoir déclarés coupables desdits faits.

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Reconnus coupables des faits de coups mortels mis à leur charge, Dotia Bio et Sambo Bio, deux frères qui s’en sont pris au voleur Djouldé Sanni ont été condamnés ce 17 février à cinq ans de réclusion criminelle. Ni les réquisitions du ministère public, encore moins les plaidoiries de la défense n’ont pu emporter l’intime conviction du tribunal.
A la barre, après avoir reconnu les faits de coups mortels aux étapes précédentes, ils ont tenté d’édulcorer leur geste fatal en expliquant qu’ils ont opéré avec des chicottes.
Requérant à charge et à décharge, le ministère public a démontré la constitution des coups mortels mais a relevé l’excuse de provocation. Il a donc proposé de les condamner à deux ans de réclusion criminelle.
La défense en duo formée par Mes Abdoulaye Afani et Thibaut Amadji a salué le parquet et loué sa sagacité. Même si nul n’a le droit de se faire justice, il y a un doute, car le défaut d’autopsie ne permet pas d’affirmer que les frères Bio sont responsables du décès de Djouldé Sanni intervenu le lendemain ou deux jours après la correction qui lui a été administrée. Le doute existe et il doit profiter aux accusés.
Au principal donc, ils ont plaidé l’acquittement au bénéfice du doute et au subsidiaire, deux ans en raison de l’excuse de provocation.
Dans son intime conviction, le tribunal les a condamnés à cinq ans de réclusion criminelle pour coups mortels. Ils recouvrent leur liberté le 19 mai prochain pour avoir passé presque cinq ans en détention préventive.

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Résumé des faits

Le 14 mai 2016, les nommés Doria Bio et Sambo Bio ont appréhendé un supposé voleur du nom de Djouldé Sanni. Ils l’auraient, à l’occasion, roué de coups, avant de le conduire chez l’alpha Zakari qui leur aurait intimé l’ordre de le libérer avant de les renvoyer. Le lendemain, le corps inanimé de Djouldé Sanni a été retrouvé dans une brousse avoisinante, par des bergers peuls en tran-shumance.