Contre les mauvais sorts à Lokossa et ses environs: Les Kotafon sacrifient à la tradition du yê

Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo,

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La communauté des Kotafon, ethnie majoritaire à Lokossa, chef-lieu du Mono, tient de ses ancêtres la cérémonie annuelle appelée yê qui s’est perpétuée. Destinée à conjurer les mauvais sorts, débarrasser les territoires des épidémies, la tradition du yê s’est renouvelée cette année, du samedi 29 au dimanche 30 août dernier. Sa Majesté Totoh Gnanwo 6, régent de la communauté, a présidé les manifestations.

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Les Kotafon de Lokossa et ses environs ont sacrifié à la tradition du yê pour le compte de cette année. Sous l’égide de Sa Majesté Totoh Gnanwo 6, régent de la communauté, et sa cour, les manifestations prévues dans le cadre du yê 2020 ont été organisées dans la soirée du samedi au dimanche dernier. Dans la sobriété, l’édition de cette année a été consacrée aux rituels essentiels à savoir les libations, la collecte des offrandes dans la ville et le dépôt desdites offrandes au niveau d’une butte située dans la localité de Djêtoêkpa. Ici, des prières sont adressées aux divinités pour la protection et la prospérité. Héritage culturel importé de Toffo, une localité du département de l’Atlantique, par les pères fondateurs de Lokossa, les préparatifs du yê débutent par la consultation de l’oracle. L’édition de cette année n’a pas dérogé à cette disposition. C’était au sortir de cette consultation que la date de la cérémonie avait été communiquée. Pour le reste, le régent a informé que leurs divinités ne se sont pas montrées exigeantes. « Nous allons procéder seulement à l’immolation et nourrir les ancêtres », a révélé Sa Majesté Totoh Gnanwo 6. La partition des autochtones, poursuit-il, consiste à balayer les chambres dans le sens inverse. Au tas d’ordures, doivent s’ajouter un peu de charbon de bois puis deux boules de pâte de deux couleurs dont l’une blanche et la seconde rouge préparées à base de la farine de maïs. Sur l’ensemble, rangé dans un panier végétal, note le régent, deux cauris seront déposés après avoir été passés le long du corps. Le panier végétal et son contenu sont déposés dans un sanctuaire bien connu. Il s’agit de la butte de Djêtoêkpa, un sanctuaire réservé aux initiés dont des femmes ménopausées.
Sur le rôle du yê pour leur communauté, Noël Houssou, directeur de cabinet de Sa Majesté Totoh Gnanwo 6, indique que cette cérémonie est organisée « pour conjurer les mauvais sorts, chasser les épidémies, si possible le coronavirus ». Ses bienfaits, retient-il, rejaillissent aussi bien sur les Katafon que sur les autres habitants de Lokossa et ses envions sans distinction d’origine et d’obédience religieuse. L’importance du yê n’est plus à démontrer, renchérit Simon Sovissi, cadre de la communauté. « C’est une purification pour préparer la cité à accueillir la nouvelle saison », soutient-il. A l’en croire, la cérémonie se déroule toujours courant mois d’août, entre la petite et la grande saison des pluies.

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