Consommation de bouillons ‘’cubes’’: Ces petits poisons dans les assiettes

Par Désiré GBODOUGBE,

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bouillons ‘’cubes’’

Les bouillons cubes d’assaisonnement sont considérés comme des poisons dangereux par les nutritionnistes. Et pourtant, ils sont consommés sans inquiétude par les Béninois. Les risques courus pourtant en consommant ces petits cubes sont nombreux.

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Les marchés béninois sont inondés d’additifs alimentaires présentés sous forme de cubes. Ces derniers sont devenus, par la force des choses, les condiments les plus prisés par les ménagères aussi bien dans les campagnes que dans les villes. Du marché Dantokpa au marché Wologuèdè en passant par les marchés Gbégamey, Pahou, Cococodji et autres, les marques de bouillons foisonnent. Elles sont déclinées, très souvent, selon un goût particulier qu’on leur attribue à grand renfort publicitaire : poulet, oignon, poisson.

Cette publicité massive autour de ces produits engendre une forte consommation de la part des Béninois au point que l’on se demande s’ils pourront un jour s’en passer et manger sainement.
« Manger c’est bien, mais manger sain, c’est mieux », dit-on. Cependant, il ne se passe un jour, sans que le panier de la ménagère ne s’intéresse aux petits cubes de tout genre. Pour, dit-on, donner du bon goût et de la saveur à la sauce. En d’autres termes, de la succulence aux repas et différents mets de la famille. Mais nombreux sont ces citoyens qui ne se demandent pas quelle est la nature véritable de ces additifs alimentaires. De quoi sont-ils faits ? Et quels sont les risques liés à leur consommation sur l’organisme humain ? En principe, ce sont là des questions que les consommateurs et populations béninoises doivent se poser après chaque repas. Or ces bouillons-cubes, explique la nutritionniste en service à la direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant (Dsme), Jeannine Agbo Monleymè Lawani, sont des substances chimiques dont le principe actif est généralement le monosodium glutamate, un sel associé à quelques adjuvants dont la composition varie en fonction du fabricant.
Par pauvreté, ignorance ou simple plaisir, cela fait longtemps qu’ils auraient cessé de déguster les plats cuisinés dans les restaurants, les bars, les hôtels, les abords des rues et même dans les maisons, si les Béninois savaient les dangers qu’ils courent au quotidien.
Jeannine Agbo Monleymè Lawani affirme que les cubes, quelle que soit leur marque, sont dangereux. Ces dangers sont nombreux et varient d’un individu à l’autre. Selon Clémence Tchibozo, consommatrice et vendeuse de cubes au marché de Gbégamey, c’est pratique pour la cuisine. « Je les utilise avec toutes sortes de plats : des pâtes, des grillades, du riz et bien d’autres plats. La différence est nette. Pas besoin d’être une déesse de la cuisine pour jouer avec des arômes qui donnent des rendus extraordinaires », ajoute-t-elle.
« Le coût n’est rien du tout et il y en a pour tous les goûts à savoir : la volaille, les crevettes, la viande de bœuf. Il est rare de voir un repas cuisiné sans un cube d’assaisonnement chez elle », confie-t-elle. « C’est un produit tout à fait usuel en plus du sel, plus que le poivre», explique Cécile Kêhoundé, mère au foyer à Cadjèhoun Gare I. « Les cubes Jumbo, Maggi et autres sont des incontournables dans la plupart des cuisines », se plaît à dire Ya Ayouba du marché Saint Michel.

Les dangers de la consommation des cubes

Jeannine Agbo Monleymè Lawani affirme que les célèbres bouillons présentent en effet des risques de causer des maladies telles que le diabète et l’hypertension artérielle en raison de leur forte teneur en sel. À cela, il faut ajouter le fait que ces additifs donnent l’illusion du goût et rendent dépendant au point où l’on ne peut s’empêcher d’en utiliser même en connaissance de cause.
Selon des études, rapporte-t-elle, le bouillon de volaille, selon des études, contient 53 g de sel pour 100 g de produit. Sachant que les portions sont de 10 g, il y aura donc 5,3 g par cube. Soit, une très forte quantité de sel dans le corps.
De plus, les arômes artificiels et autres additifs alimentaires exhausteurs de goût, composés de féculents et de sucre, favorisent l’obésité.
Il faut savoir que les quantités de sel des produits Maggi ou Jumbo ou autres arômes sont nocifs à très fortes doses. Alors que de façon générale, les femmes mettent beaucoup de cube dans leur sauce et y ajoute encore du sel.
Selon l’Oms, le sel est considéré comme l’un des principaux facteurs de risques des maladies « non transmissibles», comme les maladies cardio-vasculaires, l’hypertension, les accidents vasculaires cérébraux (Avc), certains cancers (estomac) et même l’ostéoporose (maladie caractérisée par une faible masse osseuse et une détérioration du tissu osseux).
Dans les médias audiovisuels, les spots publicitaires vantant les mérites du cube Maggi sont omniprésents, et mettent en scène dans les langues locales des mères qui transmettent «les secrets de la bonne cuisine» à leurs filles ; ou des jeunes femmes qui, grâce à leur savoir-faire culinaire, réussissent à garder leur mari à la maison.
Les cubes et autres exhausteurs de goût, explique-t-elle, sont des poisons extrêmement dangereux à fuir par tous ceux qui donnent de l’importance à leur vie et à leur santé. Ces poisons sont aussi dangereux que la cigarette, pour ne pas dire plus. En réalité, il n’y a aucune différence entre ces produits en termes de nocivité. La consommation régulière de ces produits entraînent la faiblesse sexuelle chez l’homme, les saignements vaginaux, les troubles uro-génitaux et cardiaques, l’hypo ou hypertension, les troubles du comportement chez l’enfant, le gonflement de la prostate, et bien d’autres m aux. Ce sont là les risques mis en évidence.
Il est prouvé que le Glutamate mono sodique (GMS) est abusivement utilisé dans les additifs alimentaires et sans le moindre contrôle. Ce, aussi bien dans les produits d’importation que ceux de fabrication locale. On peut déplorer la timidité, voire l’absence de contrôles à ce niveau. Déjà même à faible dose, le produit n’est pas sans danger à long terme.
On peut considérer, selon Jeannine Agbo Monleymè Lawani, qu’il existe deux facteurs principaux à succès. Le premier, c’est un matraquage publicitaire incessant sur les ondes de radio, à la télé, mais également dans tous les petits commerces, même ceux qui sont les plus isolés. Le second est le faible coût de cet exhausteur de goût qui permet d’avoir la sensation de manger du poisson, de la volaille, des viandes rouges ou des légumes sans dépenser d’argent. Dans des familles où les ressources économiques sont très limitées, le bouillon en cube s’impose comme un séduisant compensateur. Toutes les couches sociales ont succombé aux bouillons cubes.
Elle explique que ces cubes d’assaisonnement sont utilisés pour castrer des animaux en élevage. L’effet sur la fécondité serait très rapide. Dans certains pays, on les utilise aussi pour que tombent plus rapidement les cordons ombilicaux des nouveau-nés. Imaginez donc les désastres causés par les produits ingurgités quotidiennement.

Conseils pour une bonne alimentation

« Il est tout aussi urgent d’adopter le plus tôt possible les bonnes habitudes et attitudes afin de prévenir certaines maladies chroniques liées à la nutrition », conseille la nutritionniste, Jeannine Agbo Monleymè Lawani. Il est préférable alors d’opter pour l’assaisonnement du temps de nos grands-mères comme par exemple : la moutarde traditionnelle, les crevettes, l’ail et le gingembre qui apportent peu de sel. Les aliments traditionnels étant généralement mieux pour à la santé que les aliments industriels, il serait peut-être temps d’opérer un retour aux sources, en priorisant les recettes et produits naturels.C’est pourquoi, il est fortement conseillé de conserver et d’enseigner à la jeune génération la cuisine traditionnelle afin de préserver la santé et la culture.
Si les autorités œuvraient plutôt pour le bien et la santé des populations, et non pour des intérêts des multinationales et autres entreprises, elles auraient interdit purement ces produits qui sont de vrais poisons.
Sans protection sérieuse, le consommateur est laissé à la merci de n’importe quel produit qui arrive sur le marché. Les fabricants et les distributeurs, usant et abusant des publicités à grande pompe, parviennent à faire accepter tout argument de vente, même les plus fallacieux. Incapables de se faire une opinion exacte sur la composition de ces divers cubes, nos compatriotes, qui en raffolent, ne savent rien des conséquences de ces produits sur leur santé. Et le sens commun de soutenir qu’avant l’avènement de la consommation exagérée d’additifs alimentaires dont ces bouillons de cuisine, la santé de la population s’en trouvait nettement meilleure.

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