Tronçon Igolo-Ifangni-Ayta: un chemin de croix pour les usagers

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Se rendre à la mairie d’Ifangni, c’est faire un chemin de croix. Sans courage, celui qui fait la première expérience du tronçon Igolo-Ifangni-Ayta ne peut que rebrousser chemin. Et pour cause, cet axe d’une longueur d’environ 15 kilomètres est impraticable. Il faut donc suer et baver avant de franchir le portail de la municipalité. Encore que partant du carrefour qui donne accès à la municipalité jusqu’à sa hauteur, la situation est moins pénible.

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Sur cette route inter-Etats, difficile de retrouver encore des traces de bitume. Tout est dégradé. En plus de la terre rouge qui soulève assez de poussière, la dégradation très avancée de la voie vient imposer également son lot de supplices aux usagers. En période de pluie, la situation est dramatique, déplore le maire d’Ifangni, Raymond Fafoumi. Les usagers doivent passer par des coins et recoins avant d’aller à destination.
Ce phénomène perdure depuis au moins six années et n’est pas sans conséquences sur les relations commerciales entre Ifangni et le géant voisin de l’Est, se désole l’autorité municipale. Pour les camions qui transportent des marchandises à destination de la frontière d’Igolo, l’accès direct à la commune est quasiment impossible.

Ils sont obligés de faire des détours en contournant Missérété, Avrankou et d’autres communes avant d’atteindre Ifangni. En somme, il leur faut faire 30 kilomètres supplémentaires, par rapport à la distance habituelle, avant de venir dans la commune, se désole le maire, Raymond Fafoumi. L’expérience la plus douloureuse, raconte-t-il, est celle vécue, il y a quelques semaines par certains membres d’une délégation de l’UNICEF qui venaient faire des dons de tables et bancs à certaines écoles de la localité. Le véhicule transportant l’équipe étant venue pratiquement à destination, a dû rebrousser chemin pour contourner par Missérété et Avrankou à cause de l’impraticabilité de la voie.
A l’en croire, les travaux de réhabilitation de cette voie sont du ressort de l’Etat central.

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«Les ressources financières de la mairie sont limitées et elle n’a pas inscrit la réfection de cette voie dans son budget», souligne-t-il. Il précise que c’est bien avant 2008 que la défectuosité de la voie a commencé à se faire remarquer, sans qu’aucune solution concrète ne soit trouvée.
Aussi, compte-t-on sur les promesses des partenaires pour sortir la voie de son état de détérioration. « Il y a espoir que la route sera reprofilée courant 2015 », annonce le secrétaire général de la mairie, Rodrigue Kotounou.
En attendant, la population d’Ifangni grince les dents et s’en remet à la mairie qui, à son tour, tourne son regard vers l’Etat. Malheureusement, ni les plaintes des populations, ni celles de l’autorité municipale ne semblent être entendues.
Pour soulager la peine des usagers, la municipalité joue avec les moyens de bord. «Nous remblayons à chaque fois la voie pour amoindrir les peines des usagers, car, que nous le voulions ou non, ce sont nos populations qui sont les premières victimes de la situation », se plaint le maire.

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Cette solution ne saurait vraiment perdurer, puisqu’elle fait appel à des dépenses supplémentaires pour la mairie.
Il va falloir accélérer les travaux d’aménagement de cette route pour éviter des drames, notamment aux trafiquants d’essence frelatée qui n’hésitent pas à l’emprunter pour mener leurs activités, échappant ainsi aux différentes taxes perçues sur les voies de circulation normales. La réfection de la voie aura également des impacts positifs sur le commerce frontalier entre Ifangni et le Nigeria, pense-t-on.